« Culture-l’acte 2 » : en matière de culture, se montrer plus audacieux

Pierre Lescure a remis hier au Président de la République son rapport « Culture-l’acte 2 » dans le cadre de la mission qui lui avait été confiée en aout dernier par le chef de l’État. Ce rapport tente d’apporter des réponses aux problématiques soulevées ces dernières années notamment par le développement du secteur du numérique dans l’industrie culturelle.

Parmi les 80 propositions du rapport, il faut retenir la suppression d’Hadopi, dont les principales compétences seraient transférées au CSA, même si l’on peut regretter que l’idée d’une riposte graduée soit conservée pour le moment. L’amende en cas de délit passerait cependant de 1500 à 60 euros et la connexion internet ne pourrait plus être coupée.

Pierre Lescure souhaite en outre encourager le recours aux licences libres en « confortant leur cadre juridique, » mesure allant dans le sens des propositions des Jeunes Socialistes présentées dans le dossier du changement « Démocratie, liberté, égalité : le socialisme pour le numérique ». Il faut en effet aller plus loin en soutenant par exemple les licences creative communs qui permettent souplesse et simplicité d’utilisation.

Il faut en outre aller plus loin dans la redéfinition des droits d’auteur, notamment en reconnaissantt et en légalisant le partage non-marchand des œuvres numériques entre individus (peer-to-peer ), assurant qu’aucun tiers ne fasse de recettes supérieures aux frais d’hébergement du site. Le partage d’œuvres culturelles doit se faire dans l’intérêt des citoyens, et non dans celui d’entreprises qui pourraient en tirer un bénéfice marchand.

La proposition de taxer les appareils disposant d’une connexion internet dans le seul but de financer la production culturelle manque ses objectifs en pénalisant les consommateurs plutôt que les producteurs qui répercuteront cette taxe sur leurs prix. Il paraitrait plus opportun de mettre en place une « eco-taxe » sur l’achat de biens numériques afin d’assurer la qualité des produits et des conditions de fabrication respectant les normes européennes.

Le rapport de Pierre Lescure manque donc plusieurs de ses objectifs et, même s’il apporte quelques réponses, ne répond pas pleinement aux interrogations soulevées par le développement du numérique dans l’industrie culturelle.

Préparez le changement: restez informés!

Commentaires

Soyez le premier à réagir !

Réagissez !

Vous devez être connecté(e) pour rédiger un commentaire.