Tunisie : le processus de démocratisation doit rapidement aboutir

Deux ans après la chute de la dictature Ben Ali obtenue par le peuple tunisien, la Tunisie se retrouve aujourd’hui à la croisée des chemins.

Les Jeunes Socialistes condamnent fermement l’assassinat politique de Chokri Belaïd, opposant de gauche au régime de Bel Ali puis des islamistes. Des Tunisiens, dont le premier Mohamed Bouazizi, sont morts durant la révolution tunisienne pour arriver à une démocratie.  Une démocratie qui est censée protéger toutes les pluralités d’idées et  d’opinions et ce crime est à l’antipode de la volonté populaire tunisienne.

Le 23 octobre 2011, les Tunisiens ont élu les membres  de l’Assemblée nationale constituante (ANC). Celle-ci a une double fonction : d’une part elle a pour charge de rédiger une nouvelle Constitution pour jeter les bases d’un nouveau régime démocratique ; et d’autre part cette assemblée constituante remplit une fonction législative classique à l’instar des parlements dans les régimes pluralistes. Ces élections ont porté au pouvoir une coalition comprenant le parti islamo-conservateur Ennahda (dont le président est Rached Ghannouchi. 37% des voix et 89 des 217 sièges), le Congrès pour la République (fondé par Moncef Marzouki. 9% et 29 sièges) ainsi que le Forum démocratique pour le travail et les libertés (Ettakatol, parti membre de l’Internationale socialiste dirigé par Mustapha Ben Jaafar qui obtient 7% soit 26 sièges). On est aujourd’hui dans une configuration du pouvoir à trois têtes : le Chef de l’Etat tunisien est Moncef Marzouki, le président de l’Assemblée constituante est le socialiste Mustapha Ben Jaafar et le chef du gouvernement est l’islamiste Hamadi Jebali (du parti Ennahda).

Cette assemblée constituante est aujourd’hui paralysée. D’une part, les islamistes sont divisés entre les plus radicaux qui font pression par la rue et la violence et les modérés qui essaient d’avancer dans le cadre démocratique. D’autre part, la gauche et les progressistes sont désunis, entre ceux qui ont fait le choix de travailler avec les islamistes au sein de l’ANC et du Gouvernement et ceux qui s’y opposent.

Ajoutons à cela le fait que les logiques partisanes classiques ne fonctionnent plus et la discipline de partis tend à voler en éclat. Le nombre de députés dissidents se multiplie. L’actuel chef du gouvernement, par exemple, a été désavoué par son propre parti Ennahda qui critique la formation d’un gouvernement technocratique.

Cette bipolarisation tend à affaiblir et ralentir considérablement le processus constitutionnel. Les discussions sur la future Constitution sont reprises par la rue, où s’affrontent progressistes et islamistes, favorisant un cycle permanent protestation/répression, contribuant à entretenir un climat d’instabilité alimenté par les islamistes qui contrôlent largement l’appareil d’Etat. S’il est normal que les citoyens tunisiens se réapproprient l’élaboration de leur Constitution en exprimant publiquement leurs aspirations, le processus actuel de délégitimation des institutions représentatives est aussi très inquiétant.

Aujourd’hui, après la nomination d’un nouveau premier ministre qui doit former un nouveau gouvernement, après l’arrestation d’un présumé auteur de l’assassinat de Chokri Belaid, la tension est encore présente.

Dans ce contexte, les Jeunes Socialistes souhaitent que toute la lumière puisse rapidement être faite sur l’assassinat de Chokri Belaïd. Nous appelons également à l’aboutissement rapide des discussions sur la future Constitution, puis à son application rapide. Enfin, nous condamnons le rôle des réseaux internationaux de l’islamisme radical, dont l’action met en danger le processus démocratique.

Préparez le changement: restez informés!

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