Discours de Thierry Marchal-Beck le 15 décembre à Bruxelles

Retrouvez le discours prononcé par Thierry Marchal-Beck lors du meeting Rise Up à Bruxelles.

Version française :

Mes chers camarades, Mes Chers amis,

Quel plaisir d’être ici, avec vous, à Bruxelles. Je veux remercier les Jeunes Socialistes de Belgique pour l’événement extraordinaire qu’ils ont organisé pour nous tous.
Ce qui se passe aujourd’hui, ce n’est pas rien. Ce n’est pas la fin de cette campagne mais un point de départ. Ce que nous avons initié ces six derniers mois est une nouvelle forme de mobilisation en Europe.
La raison pour laquelle la campagne « Rise-up » est un tel succès est que c’est une campagne de terrain. Nous organiser au niveau européen, cela ne peut pas être seulement une réunion de jeunes dirigeants tous les 3 ou 4 mois. Ce que nous avons fait, et ce que nous devrions poursuivre, c’est lier notre militantisme de terrain avec un fort programme idéologique.
La campagne Rise-up est réussie car chacun de nous a mis la question européenne au centre de ses priorités. Nous avons décidé que nous battre pour une Europe de l’emploi, démocratique et écologiste devrait être notre principal objectif.

Ce qui m’a le plus impressionné, c’est la facilité que nous avons eu à nous mettre d’accord sur nos propositions, et sur la mobilisation que nous souhaitions. Et de mon point de vue, la raison en était le fait que nos vies, les difficultés auxquelles nous sommes confrontés, sont les mêmes. Bien sûr elles divergent par leur intensité, mais les difficultés, elles, sont semblables.
Nous formons une communauté de destins car nous partageons un vécu commun.
Partout en Europe, nous vivons le chômage qui explose, les contrats précaires qui progressent, les stages qui deviennent la norme. Bref, une génération qui subit un véritable bizutage social car c’est sur les nouveaux entrants que l’ont fait subir les ajustements du marché.

Partout en Europe, nous devons avoir cette même vigilance quand la droite systématiquement, et même la gauche quelques fois, s’empresse à vouloir augmenter les frais d’inscriptions dans les universités et endetter sa jeunesse.

Partout en Europe, nous voyons gonfler le flot des laissés-pour-compte de nos systèmes éducatifs. Ces jeunes pour qui la société ne fait plus rien car on ne va pas augmenter les moyens pour les vaincus d’un système scolaire qui sélectionne plus qu’il n’enseigne. Pour eux c’est le chômage, la pauvreté, l’exclusion, la colocation forcée avec les parents.
Je pense aux jeunes portugais et grecs qui entendent leurs ministres les pousser à l’exil pour trouver un emploi.

Je pense aux jeunes espagnols qui vivent dans des territoires où le taux de chômage dépasse les 50%. Je pense aux jeunes femmes qui subissent une double peine : la précarité de la jeunesse et les inégalités de genre que cela en termes de salaire ou d’harcèlement ; sans compter les attaques aux droits des femmes en matière d’accès à la contraception ou à l’avortement au nom des coupes budgétaires. C’est l’indécence de la droite d’obtenir par le libéralisme austéritaire ce qu’elle n’arrive pas à imposer par conservatisme.
Mais je pense avant toute chose à notre génération qui n’accepte pas de rester les bras ballants devant cette situation. A tous ceux qui ont fait le même choix que nous, de ne pas se résigner, de ne pas accepter, de lutter et de s’engager.

Voilà pourquoi nous militons ensemble.
Voilà pourquoi nous partageons une même colère.
Voilà pourquoi nous allons dans chaque quartier populaire, aux abords des lycées et des universités, pour faire entendre un même cri : « Rise Up, Rise Up, Rise Up ! »

Et c’est parce que nous avons ce même vécu que nous faisons le même diagnostic et apportons les mêmes solutions.

Tous nous pensons que l’austérité renforce le chômage et casse nos services publics.
Tous nous pensons que le dumping fiscal, social, environnemental dans un marché commun n’amène de bénéfice à personne et que cela nous appauvrit collectivement.
Tous nous pensons que le rôle de la banque centrale ce n’est pas d’affamer les peuples, d’imposer un ordre néolibéral à toute l’Europe mais de financer l’économie, de financer les états et sans avoir de dogme sur l’inflation.

Voilà pourquoi ce sont des dizaines de milliers de signatures que nous avons pu récolter. Et nous en avons bien besoin. Nous avons bien besoin d’une dynamique populaire et des forces de la jeunesse en faveur d’une autre Europe et tout particulièrement en France.

Chaque jour qui passe en France est un rappel que si une politique de gauche est bien meilleure qu’une politique de droite, afin de radicalement transformer la société nous devons être majoritaires en Europe.

Bien entendu en France nous progressons quand l’avortement est remboursé à 100%, quand l’Etat subventionne 150 000 contrats pour des jeunes et met en place la garantie jeune, et demain nous serons à nouveau dans la rue pour soutenir le gouvernement qui propose le mariage et l’adoption pour tous les couples malgré les attaques des forces rétrogrades.
Mais malgré ces progrès, combien de fois n’entendons nous pas que telle ou telle chose n’est pas possible car il faut respecter les 3% de déficit et demain aller vers un budget à l’équilibre ? Combien de fois n’entendons nous pas qu’on ne peut pas augmenter les salaires sinon les entreprises vont aller s’installer de l’autre côté de la frontière ? Combien de fois n’entendons nous pas que l’on ne peut pas augmenter l’impôt sur les société car sinon elles vont aller se domicilier dans un autre pays, et qu’il convient mieux de leur accorder un crédit d’impôt de vingt milliards avec le doux espoir que grâce à cela elles créeront de l’emploi ?

C’est au nom de l’Europe que les socialistes là où ils sont au pouvoir se brident. L’Europe, au lieu d’être un espace de progrès, de conquête, le modèle de la transition écologique et du meilleur système de protection sociale, est devenue l’espace le plus néolibéral et libre échangiste du monde. Et notre famille politique a une lourde responsabilité dans cette réalité.
Les conservateurs ont bien compris que parce que nous sommes de fervents européens, certain socialistes seraient prêts à tout accepter dès lors que c’est pour sauver l’idée européenne. Ce n’est jamais bon quand vous arrivez à la table des négociations et que votre interlocuteur sait qu’in fine vous signerez.

Il est temps de mettre fin à l’Europe des petits pas, surtout quand chaque pas accompli nous éloigne un peu plus du socialisme. Le rôle de la gauche au niveau européen ce n’est pas de négocier les termes de la régression sociale. Nous ne sommes pas là pour codiriger avec les conservateurs, avalant chaque jour une couleuvre supplémentaire.
Qui peut croire encore que nous obtiendrons l’Europe sociale par consensus ?
Qui peut croire encore que nous obtiendrons une politique écologiste qui ne se laisse pas impressionner par les lobbies par consensus ?
Je me souviens encore des socialistes et des écologistes qui lors de la discussion sur la directive Bolkestein nous disaient que parce que nous avions obtenu des amendements il fallait accepter le compromis et voter le texte.

C’est ce que résumait un chroniqueur acerbe la semaine dernière sur une grande radio française : « les sociaux-démocrates, quand on rétablira l’esclavage, ils négocieront le poids des chaines ».

Aujourd’hui, ce dont les socialistes manquent sur la question européenne c’est de radicalité. Nous avons besoin d’un leader socialiste qui soit aussi intraitable dans la défense de ceux de notre camp que Merkel et Thatcher l’ont été pour ceux de leur camp.

Et cette radicalité nous en avons besoin maintenant dans la négociation qui s’ouvre sur le budget européen 2014-2020. C’est à dire sur le budget pour sortir de la crise, sur le budget pour réindustrialiser l’Europe, sur le budget pour mener à bien la transition énergétique. Le budget le plus important des 30 dernières années et qui va déterminer le futur de notre génération.

Et là, la commission Barosso, c’est à dire la commission de la droite, propose un budget en hausse jusqu’à ce que les chefs d’Etats et de gouvernement arrivent avec leur gros sabots et commencent à débattre non pas sur le montant de la hausse mais sur le montant de la baisse.

Il y a 5 mois on nous disait il faut adopter le TSCG mais pas de souci on fait un plan de relance de 120 milliards au niveau européen, pour prévoir par la suite la baisse du budget européen.

Vous savez, un chanteur français que j’affectionne disait peu après la cuisante défaite de 2002 dans une de ces chansons « t’approuves mais tu regrettes, c’est ton côté socialiste ».
Et bien notre ligne de conduite elle doit être claire, s’il y a des regrets à avoir, on n’approuve pas. C’est exactement l’attitude que nous devons avoir dans les discussions qui s’engagent sur le budget Européen 2014-2020. Disons le tout net, pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord,
Il vaut mieux « pas d’accord plutôt qu’un mauvais accord » surtout qu’en absence d’accord c’est le budget actuel qui serait reconduit dont le montant est supérieur à ce qu’un accord obtiendrait vu que l’objectif semble être de le baisser.
Pour moi c’est cela le sens, le prolongement, que doit prendre la campagne Rise Up. Un message clair de notre génération : « nous voulons un budget européen de sortie de crise « .

La campagne Rise Up va dans ce sens. Nous voulons une Union Européenne forte avec des ressources propres, que cela soit une part de l’impôt sur les sociétés européen, la taxe sur les transactions financières, ou par des recettes accrues grâce à des droits douaniers aux frontières de l’Europe sur les produits importés ne respectant aucune norme sociale ou environnementale.
Nous voulons une Union Européenne de la transition énergétique qui planifie la sortie du nucléaire, qui réduise drastiquement notre dépendance au pétrole, qui garantisse la baisse de 20% des gaz à effets de serres pour 2020, qui investisse massivement dans les énergies renouvelables et qui protège nos nouveaux fleurons industriels.

Nous voulons une Union Européenne compétitive, pas en poussant chaque pays à la contraction salariale qui fait qu’à la fin nous sommes dans un jeu à somme nulle. Nous voulons une Union Européenne compétitive du fait de la qualité de ses infrastructures en investissant massivement dans son réseau ferroviaire, de lignes à grande vitesse, dans les canaux et dans la couverture en très haut débit du continent. Nous voulons une Union Européenne compétitive avec des salariés formés où les moyens sont renforcés non seulement pour que les étudiants puissent étudier dans un autre pays de l’Union mais aussi pour que ceux qui sont en apprentissage et dans des filières professionnelles puissent jouir de ces mêmes droits.

Nous voulons un budget européen de gauche qui agisse pour l’emploi et fasse émerger un nouveau modèle de développement. Une Europe qui permette de renouer avec la marche historique de la réduction du temps de travail. Une Europe qui remette à sa juste place la finance et l’humain au centre. Une Europe qui tourne le dos au productivisme qui exploite et au dogme de la croissance.
Tout cela nécessite un budget en hausse, pas en baisse.

Tout cela nécessite que nous lancions maintenant une nouvelle campagne du mouvement Rise Up pour dire à tous les élus de gauche, à tous les gouvernements de gauche « No deal is better than a bad deal » et qu’il faut tenir jusqu’à ce que nous gagnions en 2014.

Cela doit être le sens des élections de 2014. Veut on un budget de l’austérité en Europe ou veut-on un budget de sortie de crise ?

Voilà mes camarades la tâche qui s’annonce devant nous. Elle est grande, elle est immense et elle n’est pas simple. Elle n’est pas simple car les intérêts sont forts et les consciences sont faibles. Elle n’est pas simple car on voit bien que François Hollande et Elio Di Rupo se sentent bien seuls car ils ont en face d’eux pas seulement les conservateurs mais les intérêts financiers qui les soutiennent.

Ce combat il est ardu mais nous devons le mener, car nous voyons bien qu’aujourd’hui en Europe, l’alternative qui émerge à cette crise, dans de nombreux pays, c’est le repli sur soi, le communautarisme, le nationalisme. Nous voyons bien dans chacun de nos pays les roms stigmatisés, l’immigré décrié et les musulmans accusés de tous les maux. La génération Rise Up ne laissera pas l’Europe être envahie par un nouvel âge d’or de l’extrême droite.

Un penseur socialiste André Gorz disait il y a quelques années en reprenant les mots de Rosa Luxemburg alors qu’il présentait la crise qui allait s’abattre : « socialisme ou barbarie, avec la difficulté que la barbarie est déjà là alors que le socialisme reste à faire » .
A nous de faire émerger le socialisme. Notre rôle est de transformer nos partis respectifs afin de transformer la société et nous devons le faire tous ensemble. Notre rôle c’est de prouver qu’un autre chemin que celui de l’austérité est empruntable, et que nous voulons y aller franchement. L’autre chemin c’est celui de l’éco-socialisme, un socialisme de l’égalité, un socialisme qui est autant celui du partage des richesses que des pouvoirs, un socialisme coopératif, un socialisme intrinsèquement écologiste et féministe.

Alors, mes chers amis, mes chers camarades,

Si vous pensez que nos idées sont justes.
Si vous pensez que nous pouvons conquérir les cœurs et les têtes.
Si vous partagez cette même conviction que nous avons lancé un mouvement qui n’a comme seule limite que notre propre imagination.

Alors je vous le dis :
Rien ne nous arrêtera si nous le voulons
Rien ne nous arrêtera si nous nous engageons.

Et dans dix ans nous pourrons regarder en arrière et dire avec le sentiment du devoir accompli : « En 2012, Rise Up, j’y étais. »

Version anglaise/English version :

My dear friends, my dear comrades,

What a pleasure to be with you, here in Brussels. I want to thank the young socialists of Belgium for the amazing event they have organised for all of us. I will just say few words in English.

What’s happening today is not a small thing.
It is not the end of this campaign but a starting point.
What we have initiated over the past six month is a new kind of mobilisation in Europe.

The reason the Rise Up campaign is such a success is because it’s a grass roots campaign. Organizing ourselves at the European level cannot be only a meeting of young leaders every 3 or 4 month. What we did and what we should keep doing is to combine grass roots activism with a strong ideological platform.
The Rise Up campaign is a success because each one of us decided to put the European question at the top of our priorities. We decided that fighting for a Europe of jobs, ecology and democracy should be our main goal.

What amazed me the most was how easy it was to agree on the platform and how to mobilize for it. And from my point of view the reason for that was the fact that our lives and the difficulties we are facing are basically the same. They diverge in their intensity but the issues we are facing are the same.

We form a community of destiny, because we share a common life experience.
Everywhere in Europe, we face an exploding unemployment rate, precarious working contracts, traineeships that become the norm. To make it short, we suffer from social hazing because it is the newcomers on the job market that face the adjustments of the market.

Everywhere in Europe, we must be watchful : right wing parties, systematically, and even the left sometimes, tend to raise University fees, and to leave the youths with debts.
Everywhere in Europe we see more and more people left behind from the educational system. Society leaves those behind because who would want to put more means for those a school system which aims at selecting people more than teaching them knowledge has failed ? The only things left for them are poverty, exclusion, and an endless house sharing with their parents.

I think about the young Portugeses and the young Greeks who hear their ministers urging them to exile themselves to find a job.

I think about the Spanish youth living in areas where the unemployment rate is over 50%.

I think about young women who face a double punishment: Poverty of the youth on one side, and gender inequalities in terms of wages and harrassment on the other. And i’m not even talking about the attacks on women’s rights related to the access to contraception and to abortion in the name of budget cuts. It is the true indecency of the right : obtaining through austerity liberalism what they couldn’t get through conservatism.

But above all, I think about our generation, who will not accept to stay with swinging arms in this situation. I think about all those who have made the same choice as us : not to resign, not to accept this state of things, to keep fighting and to get involved.

This is why we are activists all together. This is why we share a same anger. This is why we go in every working class district, why we go in front of highschools and universities, and why we shout the same call : Rise up, rise up, rise up !

And it is because we share the same experiences we make the same diagnosis, and we pledge for the same solutions.
We all think austerity raises unemployment and jeopardizes our public services.
We all think that fiscal, social and environmental dumping in a common market doesn’t bring any benefits to anyone, but only collective empoverishment.
We all think that the role of the Central bank is not to starve people, nor to impose neoliberalism to the whole Europe, but to finance the economy, to finance the States without a dogmatic vision on inflation.
This is why we have been able to gather tens of thousands of signatures. And we need them.

We need the dynamic of the people and the strength of the youth to build another Europe, particularly in France.
In France, each day reminds us that even if a left wing policy is far better than a right wing one, in order to radically transform society we need a left wing majority in Europe.

Obviously, in France we are making progress when abortion is fully reimbursed, when the State subsidises 150 000 youth contracts and implements the youth guarantee. And tomorrow, we will take the street again to support the government’s proposal for same sex mariage and adoption for all couples, against reactionary forces.

But, this progress put aside, how many times have we heard that this or this is not possible, because we need to abide by the rule of 3% of deficit and go towards a balanced budget?

How many times have we heard that it is not possible to raise wages, because firms would leave the country and establish themselves on the other side of the border?
How many times have we heard that it is not possible to raise taxes on benefits because companies would then settle in other states, and we should instead grant them with a 20 billions tax credit with the sweet hope that they would potentially create jobs ?

It is in the name of Europe that Socialists in power limit themselves.

Europe, instead of being a space of progress, of improvement, a true model of ecological transition and the best ever social security system; has become the most neoliberal and free-trade area of the world.

And our political family has a heavy responsibility in this situation.

Conservatives have very well understood that because we are strong believers in the European project, some socialists would be willing to accept anything, if it is to secure the European idea. It is never good when you get to the negotiation table and your rival knows already that, no matter what, in the end you will sign.

It is time to put an end to the Europe of small steps, especially when each of these steps takes you further away from socialism.

The role of the Left is not to negotiate the terms of social regression at the European level. We are not here to co-rule with Conservatives, and be taken in every day.

Who can still believe that we will get a Social Europe through consensus ?
Who can still believe that we will get an ecological policy that is not impressed by economic lobbies through consensus ?

I can still remember the time when some socialists and ecologists were telling us that we should accept a compromise and vote the Bolkenstein Directive, because some of our amendments had passed .
It was well summarized by a caustic French editorialist on the radio last week, when he said : « When slavery will be re-established, social-democrats will bargain for the weight of the chains. »

Today, what Socialists are lacking on the European question is Radicality. We need a Socialist leader that is as steady in the defence of our camp as Merkel and Thatcher have been for their own.

And this radicality, we need it now, in the negotiations on the European budget for the 2014-2020 period. That’s the budget that could get us out of the crisis, the budget to reindustrialize Europe, the budget to accomplish the energy transition. It is the most important budget of the next 30 years, and it will determine the future of our generation.

The Barroso Commission, that is to say a right wing Commission, has proposed a growing budget, until heads of States and governments got in the game and started negotiations. Negociations not on how big should the increase be, but on how much they should decrease it.

Five months ago, we have been told that we had to adopt the European treaty, but « not to worry », « we’re launching a 120 billion stimulus pack ». And now they intend to decrease the European budget.

You know, a French singer I like said after our terrible defeat of 2002 in one of his songs : « you approve but you regret afterwards : that’s your socialist side». Well, our course of action has to be clear : if there are regrets, we will not approve.

This is exactly the attitude we must have in the coming discussions on the 2014-2020 European budget.

On the European budget we should clearly make our point : no deal is better than a bad deal !

Because it is very strange to adopt a budget for the 2014-2020 period in 2013 just a few months before the European elections.

No Deal is better than a bad deal ! Because the time is playing in our favor, the leftwing will be much stronger at the negotiation table after our victories in Bulgaria, Italy and Germany.

No Deal is better than a bad deal ! Especially if negociations fail the current budget would be reconducted, and it is higher is higher than the one they want to obtain.

To me, this should be one of the next step of the Rise Up campaign. A clear message from us : we want a strong budget in order to put an end to the crisis.

The whole Rise Up campaign goes in this direction. We want a strong European Union with its own resources, whether they come from a share of the European tax on benefits, a financial transaction tax, or from customs at the borders of Europe on imported products that do not comply with any social or environmental norms.

We want the European Union of the energetic transition, which plans the exit from nuclear power, lowers drastically our oil dependency, guarantees a 20% decrease on greenhouse gases, massively invests on renewable energies and protects our new industrial jewels.

We want a competitive Europe, but not by pushing for wages contraction in every country because this ends up in a no gain game. We want a competitive European Union because of the quality of its infrastructures, through massive investments in its railroad networks, high-speed trains, canals and very high-speed Internet throughout the continent.

We want a competitive European Union with well-trained employees, where means are reinforced not only to enable not only students, but also apprentices and blue-collar students to go study abroad.

We want a left-wing European budget that acts for employment and a new development model.

A Europe that enables us to renew the historical march towards the reduction of working time.

A Europe that puts finance back to its place, and puts human beings at the center.

A Europe that turns its back on exploitation, productivism and the dogma of growth.
All this calls for a growing budget, and not a decreasing one.

All this calls on the launch of a new Rise-Up campaign, to say to all left-wing elected officials and to all left-wing governments : « No deal is better than a bad deal », that we have to hold on until we win in 2014.

This has to be the meaning of the 2014 elections : do we want a budget of austerity in 2014, or do we want a budget to exit the crisis ?

Comrades, this is the task ahead of us. It is a great one, a huge one, and it is not easy. It is not easy because private interests are strong and awareness is weak.

It is not easy because we see well that François Hollande and Elio Di Ruppo feel isolated, facing not only the Conservatives, but also the financial interests supporting them.

This is a bitter fight but we have to undertake it.

Because we see well how nowadays in Europe the growing alternative to the crisis, in many countries, is withdrawal, communautarism, nationalism.

We see in each of our countries how the Roma population are stigmatised, immigrants are slandered on an the muslim are accused of all troubles.

The Rise Up generation will not let Europe be invaded by a new golden age of the Extreme-right.

André Gorz, a socialist thinker, said a few years ago, rephrasing Rosa Luxembourg’s words while announcing the upcoming crisis : « socialism or barbarism: the challenge is that barbarism is already here whereas socialism is still to be done. »

It is up to us to make socialism emerge. Our role is to transform our respective parties in order to transform society, and we have to do it together. Our role is to deliver the proof that another path than that of austerity is possible, and we want to frankly take it.

The other path is the path of eco-socialism, a socialism of equality, a socialism that is the one of shared wealth as of shared powers, a cooperative socialism, a socialism that is in itself ecologist and feminist.

So, my dear friends, my dear comrades,
if you believe that our ideas are fair,
if you think that we could conquer hearts and minds,
if you share the same conviction as us, that we are committed in a movement which has for only boundary our imagination,

I am telling you:
Nothing can stop us if we want it,
nothing will stop us if we commit.
And in ten years time we will be able to look back, and to say, with the feeling of accomplishment, in 2012, Rise Up : I was there.

Préparez le changement: restez informés!

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