Lutter contre la précarité des jeunes : conférence contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale

La conférence contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale s’est ouverte lundi à Paris et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault vient de la conclure. Selon le dernier rapport de l’Injep, 23% des jeunes sont pauvres en 2010, quand 17% d’entre eux l’étaient en 2004. La situation de précarité des jeunes de France ne s’améliore pas. C’est en cela que François Hollande a eu raison de faire de la jeunesse sa priorité.

Les jeunes ne sont pas victimes de la précarité du seul fait de leur âge, mais parce qu’ils sont les derniers entrants dans le monde du travail. CDD, contrats précaires, interim, chômage, baisse des salaires et inégalités, les maux de l’économie libérale qui mènent ce système à sa propre perte touchent les jeunes tout particulièrement. La lutte contre l’exclusion sociale passera par l’acquisition de l’autonomie par chaque jeune.

Lutter contre la pauvreté et améliorer le quotidien des travailleurs pauvres : le gouvernement agit

Le Premier ministre a réaffirmé qu’il était inacceptable que la République ait précarisé les plus pauvres d’entre nous ces dix dernières années (10 ans d’UMP) en ayant laissé le RSA passer de 50% du Smic à 43%. Jean-Marc Ayrault a pris l’engagement de revaloriser à hauteur de l’inflation le RSA mais surtout de l’augmenter de 10% en 4 ans et de le faire atteindre à nouveau 50% du SMIC en dix ans, cela malgré les difficultés de nos finances publiques.

Toutefois, il est regrettable que ce grand discours ne soit pas l’occasion pour le Premier ministre de mettre fin à cette discrimination que constitue l’exclusion des jeunes chômeurs en fin de droits du RSA-socle du seul fait de leur âge. La première façon de faire sortir les jeunes de la précarité c’est de les faire entrer dans le droit commun et de faire que la majorité sociale corresponde à la majorité politique. C’est à dire garantir les mêmes droits à tous les citoyens dès 18 ans.

L’annonce d’un rapprochement entre le RSA-activité et la Prime pour l’emploi (PPE) sera l’occasion de mettre fin à la discrimination qui exclut des dizaines de milliers de jeunes du dispositif RSA-activité. Aujourd’hui, il est indispensable d’avoir travaillé deux ans sur les trois dernières années pour être éligible au RSA activité pour les moins de 25 ans. Nous espérons que cette fusion du RSA-activité/PPE fera que tous les salariés bénéficieront du même dispositif quel que soit leur âge. L’annonce du Premier ministre est une réponse directe à la situation des jeunes travailleurs pauvres qui ont été les grands oubliés de ces dernières années.

Permettre aux jeunes ayant été en échec scolaire de rebondir : la garantie jeune

En 2010, l’INSEE estimait que 13,1% des 16-25 ans n’étaient ni en formation, ni en emploi et 150 000 jeunes sortent du système éducatif sans qualification chaque année. Le dispositif « garantie jeunes » permet à un jeune en grand difficulté de signer un contrat d’un an renouvelable avec le service public de l’emploi (Pôle Emploi, mission locale) afin de l’accompagner activement dans la recherche d’une formation ou d’un emploi. La rémunération serait à hauteur du RSA (5700 euros par an) et ce dispositif, qui monterait en charge progressivement, bénéficierait à près de 100 000 jeunes à l’horizon 2014.

Cette annonce correspond peu ou prou au « dispositif rebonds » que les jeunes socialistes avaient promu dans le Pacte pour les jeunes à la veille de l’élection présidentielle. C’est le mécanisme le plus important annoncé ces vingt dernières années dans l’accompagnement des jeunes sortis du système éducatif sans qualification. Nous sommes persuadés de son succès. Pour une fois, un dispositif garantit dans le même temps un fort accompagnement humain et une rémunération qui permette au jeune de vivre le temps de sa recherche de formation ou d’emploi.

Les jeunes socialistes inciteront vivement le gouvernement lors des négociations sur l’allocation d’autonomie à ce que les jeunes reprenant une formation grâce à la garantie jeune puissent eux aussi bénéficier de cette allocation, au même titre que les étudiants.

Permettre aux jeunes d’acquérir leur autonomie : agir pour le logement, la santé, l’emploi

Dans son discours, Jean-Marc Ayrault annonce la mise en place de plusieurs mesures qui vont radicalement transformer la vie des jeunes les plus précaires de notre pays. Ces annonces démontrent ainsi dans le réel que la pauvreté n’est pas une fatalité et que l’Etat peut agir afin de permettre à chacun de se relever et de réussir. Dans ce sens, le Premier ministre a annoncé :

  • La mise en œuvre d’une garantie universelle des risques locatifs pour lutter contre les discriminations à l’entrée dans le logement.
  • L’élaboration d’un volet distinct, dans le plan de lutte contre la pauvreté, pour les problèmes spécifiques des outre-mers.
  • L’accent mis sur l’importance de l’emploi de qualité, à l’encontre du temps partiel subi et des contrats précaires qui minent le contrat social.
  • La révision du plafond de la CMU afin d’inclure dans les bénéficiaires 500 000 personnes supplémentaires. Les Jeunes Socialistes seront attentifs à ce que les moins de 25 ans puissent en bénéficier sans subir les freins qu’ils rencontrent actuellement, en les faisant rentrer, là encore, dans le droit commun.

Surtout, le Premier ministre a pu rappeler que de nombreuses mesures avaient déjà été prises afin de lutter contre la pauvreté de tous et des jeunes en particulier. Il a pu ainsi insister sur la cohérence de la politique gouvernementale.

Ainsi, les décisions du gouvernement de garantir la gratuité de la contraception pour les jeunes mineures, ainsi que le remboursement à 100% de l’IVG, méritent d’être saluées tant elles impactent la vie de millions de jeunes. Mais sur ces questions de santé, il est maintenant nécessaire de passer à l’étape supérieure en allant à l’encontre des renoncements aux soins pour des raisons financières. Nous proposons donc la mise en place de façon généralisée du chèque-santé donnant accès à tous à une complémentaire santé.

Sur le logement également, le gouvernement agit en encadrant les loyers, ce qui bénéficie tout particulièrement aux jeunes, mais il doit être possible de les encadrer sur l’ensemble des territoires, et non seulement dans les zones à forte spéculation. Les Jeunes socialistes proposent également la mise en place d’un permis de louer obligeant les propriétaires à louer des logements décents, et interdisant ainsi les passoires thermiques encore aujourd’hui réservées aux plus précaires, pénalisant leur budget et leur santé.

Sur tous ces points, les Jeunes Socialistes seront attentifs à la mise en œuvre des mesures annoncées aujourd’hui à l’issue de la conférence, et continueront de se mobiliser et de faire des propositions pour que tous les jeunes, avec leurs situations et parcours individuels particuliers, puissent accéder à l’autonomie.

Préparez le changement: restez informés!

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