Université Populaire de l’Ecosocialisme : comprendre le dérèglement climatique avec Hervé le Treut

Mercredi 26 septembre, à l’invitation des Jeunes Socialistes, jeunes et moins jeunes s’étaient réunis au 10 rue de Solférino pour la seconde Université Populaire de l’Ecosocialisme. Hervé Le Treut, climatologue au GIEC et membre de l’Académie des Sciences donnait la seconde conférence organisée dans le cadre d’un cycle sur la transition énergétique, nous éclairant sur les enjeux du dérèglement climatique.

Depuis trente ans, nous entendons un discours alarmiste sur les dérèglements climatiques. Comment distinguer les certitudes et les incertitudes de ce phénomène et en appréhender les enjeux en matière écologique, mais également économique, sociale et démocratique ?

Les certitudes

  • L’augmentation de l’émission des GES est avérée à l’échelle mondiale, plus particulièrement dans les pays de l’OCDE qui ont vu leurs émissions triplé pendant les Trente Glorieuses. Certains de ces gaz mettent plusieurs décennies avant de disparaître complètement. Or, les prévisions du rapport Charney (1979) se sont révélées juste : on observe bel et bien aujourd’hui un dérèglement climatique.
  • L’étude du GIEC réalisée dans les années 1990 démontre que la température moyenne de la planète a augmenté de cinq degré. A présent, les conséquences de notre excès de carbone commencent à se faire sentir : l’élévation du niveau de la mer est engagée tout comme la fonte des glaciers. Le réchauffement de la décennie à venir est enclenché.
  • Le cycle de l’eau est en cours de modification : les précipitations sont plus importantes dans les régions équatoriales. Les énergies fossiles font augmenter la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ce qui est défavorable à la végétation qui en a besoin pour se développer.

Les incertitudes

  • Bien des doutes persistent sur la mobilisation internationale. Le protocole de Kyoto entré en vigueur en 2005 devait engager les pays à réduire leurs émissions de GES de l’ordre de 5%. Or, on dénombre 3 milliards de carbone en plus depuis 2000.
  • Le Sommet de Copenhague de 2009 sonne également comme un échec. Les pays émergents refusent le « diktat » des pays occidentaux sur la réduction des GES. La Chine s’est dit prête à réduire ses émissions par unité de PIB en refusant un objectif commun avec les autres pays.
  • Les modèles zoomés sur les vents se sont révélés incertains. Il semblerait que les tempêtes de ces dernières années n’étaient pas dues au réchauffement climatique.
  • Seul un travail de réflexion et des études de vulnérabilité peuvent être faites mais les prévisions du GIEC tolèrent une marge d’erreur.

Les enjeux

  • Face à la vitesse progressive des émissions de GES, s’adapter aux changements à venir est fondamental. La problématique du 21ème siècle est de savoir comment arbitrer les différents problèmes environnementaux ? Le réchauffement climatique en l’absence de décisions causera des conflits : la Chine aura du mal à gérer son agriculture et la production de l’Afrique baissera considérablement.
  • Une expertise scientifique n’est pas une décision politique : c’est la raison pour laquelle il faut passer d’une culture de l’alerte à une culture de transition. L’anticipation est essentielle : la réduction des émissions de CO2 doit être immédiate pour assurer la transition énergétique.
  • Les régions doivent être perçues comme un atout pour articuler des politiques attentives qui sensibiliseront la population aux différents problèmes environnementaux.
  • Article rédigé par Brian Mooroogen

    Prochain rendez-vous mercredi 10 octobre de 18h à 20h dans la salle des mariages de la mairie d’Ambilly (74), avec Roger Nordmann, conseiller national suisse. Entrée libre et gratuite.

Préparez le changement: restez informés!

Commentaires

Soyez le premier à réagir !

Réagissez !

Vous devez être connecté(e) pour rédiger un commentaire.