Conseil Européen : si elle s’unit, la gauche européenne peut changer la direction de l’Union

Avec l’élection de François Hollande et d’une majorité de Gauche en 2012, la réorientation de l’Europe semble progressivement se dessiner, en dépit du poids des marchés sur le pouvoir politique. Et, alors que de nouvelles manifestations regroupaient plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues d’Athènes contre l’austérité, et sur fond d’élections dans plusieurs pays de l’UE en 2013 – dont l’Allemagne et l’Italie – le Conseil Européen se réunissait jeudi 18 octobre 2012, avec des avancées qui vont dans la bonne direction.

Faire face aux crises bancaires par une Supervision des Banques Européennes

Au cœur des discussions : la mise en place du projet d’Union bancaire, afin de superviser l’ensemble des 6000 banques de la Zone Euro par la Banque Centrale Européenne (BCE), comme l’avait proposé François Hollande, malgré les réticences des conservateurs allemands. Si le cadre est instauré dès le 1er Janvier 2013, la mise en place opérationnelle se ferait, elle, courant 2013, alors que l’Espagne fait face à une nouvelle crise bancaire. Ont aussi été salués « les efforts du peuple grec » face à la violente cure d’austérité qui leur a été imposée, avec une nouvelle tranche d’aide et le délai de remboursement de ses dettes retardé d’une année, toujours à la condition de réductions des dépenses publiques, poursuivies par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, malgré la mobilisation des espagnol-e-s.

Un pas en avant vers une union plus solidaire et résolue

On ne peut que se féliciter que des projets pour protéger les peuples soient lancés : aller au-devant des crises bancaires, en limiter la portée systémique et en éviter les conséquences désastreuses qui ont enclenché la crise actuelle. Cependant le MES (Mécanisme Européen de Stabilité) ne s’appliquera que pour les Etats les plus en difficulté et au prix de mesures d’austérité, aggravant souvent la crise elle-même sans s’attaquer à ses causes. Par contre, la mise en place d’une taxe sur les transactions financières en Europe, annoncée il y a quelques jours, est une excellente nouvelle, à la fois pour s’attaquer aux excès de la finance et pour dégager de nouveaux moyens afin de relancer l’emploi.

Des avancées à amplifier

Des questions restent cependant en suspens : augmentation souhaitable du budget européen, contrôle de la supervision bancaire par le Parlement Européen. Désormais il faut aller plus loin, par une Europe de l’emploi : développer une politique européenne d’investissements écologiques avec le soutien de la BCE, qui doit pouvoir financer directement les Etats pour permettre une politique de relance. Il est temps d’aller de l’avant pour un salaire minimum européen, et une harmonisation fiscale et sociale par le haut ou encore la lutte contre les paradis fiscaux au sein même de l’Union. Enfin, il s’agit de réconcilier durablement les peuples avec l’Union Européenne par sa démocratisation, en renforçant les pouvoirs du Parlement Européen, seule institution démocratiquement élue.

Ce sommet a donc permis quelques pas supplémentaires vers une union approfondie plus solidaire, mais de nombreux combats restent encore à mener, pour une Europe sociale, démocratique et écologique ! Il est à présent nécessaire de donner un souffle nouveau à la construction européenne tournant définitivement le dos à la dérive austéritaire des conservateurs européens, Merkel en tête, et de la Commission Européenne, ne jurant que par la libéralisation des marchés et des services publics.

Comme le soulignait François Hollande, et comme s’y sont résolus les socialistes européens, les élections européennes de 2014 devront être l’opportunité de confronter deux alternatives : la poursuite de politiques d’austérité aveugles, augmentant le chômage, la récession et donc la part de la dette des pays européens, d’une part, ou alors, le choix d’une politique économique et sociale tournée totalement vers les citoyens et à l’écoute de leurs attentes, que les manifestations massives depuis 2 ans partout en Europe, nous rappellent chaque jour, et dont l’ampleur nous prouve la nécessité.

Si nous nous sommes battus hier pour que le Changement soit maintenant, il est essentiel de nous battre encore aujourd’hui, partout où nous le pouvons, pour qu’il se propage désormais dans l’Europe entière. Pour une autre Europe, mobilisons-nous ; Rise Up !

Préparez le changement: restez informés!

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