Note de présentation du Dossier du changement numérique

Le « net », « internet », le « web » autant de noms pour définir un réseau de télécommunications international, qui résulte de l’interconnexion des ordinateurs du monde entier s’échangeant des données afin de dialoguer entre eux via les lignes de télécommunication. Internet est à définir comme une source d’information et de communication à 3 couches. La première est constituée d’un réseau, des « routes », d’équipements physique support des communications. La seconde couche est composée d’opérateurs et marchands de services qui vendent la circulation des données sur ces infrastructures, ce sont les Fournisseurs d’accès à Internet (FAI). La troisième enfin est formée par l’ensemble des services, sites web, logiciels et supports permettant l’échange de fichiers vendus pour utiliser internet. Enfin, s’ils n’apparaissent pas dans ce schéma classique, les serveurs permettant de stocker les quantités abyssales de données échangées, y compris personnelles, constituent aujourd’hui une dernière dimension qu’il est urgent de prendre en considération.

Créateur d’emplois, nécessaire à l’implantation d’entreprises sur les territoires isolés, internet est souvent décrit comme un moyen extraordinaire de partage et de culture démocratique, il n’en cache pas moins de profondes inégalités sociales et culturelles. Il s’agit en effet de bien séparer l’accès matériel à internet de son utilisation. Aujourd’hui encore, si 64% des ménages ont accès à internet, les différences d’utilisation du numérique en fonction du diplôme ou de la catégorie sociale restent visibles. La fracture numérique serait donc multiple, matérielle, culturelle et sociale. Internet apparaît donc comme un nouvel espace, mais son appréhension en tant que système économique se pose également.

Internet est un vecteur économique qui semble s’être parfaitement intégré au système capitaliste. Ses contenus, son accès ont été privatisés et intégrés au secteur marchand, un petit nombre concentrant les profits engendrés au détriment de leur juste répartition, tandis que pour les salariés, se posent des questions d’aliénation de leurs conditions de travail. Connectés 24h sur 24, même le week-end, internet semble allonger la durée effective du travail, posant des questions au droit des travailleurs. Internet semble également changer les dogmes de la propriété, de l’échange et donc les habitudes actuelles d’achat et de consommation. Un nouveau modèle de gestion d’internet intégrant ces problématiques doit être pensé en termes de droits, de libertés, et de nouvelles formes de régulation qui posent la question de la place du politique dans la gestion de la démocratie numérique.

Enfin, l’outil numérique, malgré ses défauts, semble pouvoir offrir aux citoyens de nouvelles possibilités d’échange et de mobilisation politiques qui en font un nouvel outil pour la démocratie. La compréhension et le développement de ces outils dans une perspective militante se pose aujourd’hui. Comment faire d’internet un espace démocratique ? C’est la question que nous allons nous poser lors de ces débats.

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