Note de présentation du Dossier du changement énergie

En juillet 2008, un stade inédit de la mondialisation a été atteint : celui d’un prix record des barils de pétrole. C’est l’ensemble d’un système économique mondialisé, fondé sur l’exploitation d‘énergies fossiles abondantes comme moteur du libre-échange, qui se trouvait alors remis en question. Si pour certains scientifiques le pic pétrolier mondial, seuil maximal de production étrolière, est prévu pour 2020-25, le coût du pétrole et de son extraction ne cessera plus d’augmenter au fur et à mesure de sa raréfaction. La croissance, dogme du modèle capitaliste industriel, se trouve
questionnée quand les crises du système, tant économiques qu’environnementales et sociales se multiplient à un rythme de plus en plus soutenu, suivant inexorablement les soubresauts des cours pétroliers. Comme un malade sous perfusion, le capitalisme tente de repousser l’inéluctable au moyen du dernier gadget technologique.

Aucune croissance n’a jamais existé sans augmentation de la demande énergétique.

Aujourd’hui, nous savons que les ressources naturelles sont limitées, et qu’aucune autre énergie fossile ne saura répondre à la demande d’énergie mondiale. Les conséquences, tant pour la planète que pour les hommes, de notre dépendance aux énergies fossiles revêtent de multiples facettes. Quand les catastrophes naturelles se multiplient, quand la biodiversité est mise en danger, quand les températures sont en hausse et la survie des hommes remise en doute, c’est bien le résultat d’une augmentation des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES). Mais ces émissions ont une origine : un système capitaliste pétrolier basé sur le libre-échange, la délocalisation de ses productions à l’autre bout du monde pour mieux exploiter allègrement terres et hommes, des productions agricoles dépendantes des produits pétroliers, le productivisme, le consumérisme, la gestion inégalitaire et conflictuelle des ressources naturelles, une crise globale de la répartition des richesses. La surface des terres agricoles diminue, les prix de l’alimentaire explosent, la question du monde de l’après pétrole se pose. C’est précisément en ignorant la centralité de la question énergétique
que les sommets de la terre, de Kyoto à Rio 2012 ont échoué à transformer le système pour aller vers un nouveau modèle de développement.

Réduire de 50% les émissions de GES entre 1990 et 2050, voilà, in fine, le seul objectif viable. La réduction intermédiaire de 2020 joue pourtant un rôle : passé les 2 degrés de réchauffement, ce seront les océans et les étendues polaires qui relâcheront le CO2 qu’elles emprisonnent, 6 degrés d’augmentation seront alors à prévoir. Pour atteindre cet objectif, nous posons aujourd’hui la question de l’organisation de notre nouveau modèle de développement, tant dans son système de production énergétique, que la consommation d’énergie en elle-même, en laissant les citoyens exprimer leur libre choix démocratique.

Alors, quel modèle de développement pour le monde de l’après-pétrole ?

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