Les ravages de l’austérité en Espagne : changeons de recette, il y a urgence !

Le 24 septembre, d’importantes manifestations ont occupé les rues de l’Espagne, et se sont suivie par de violents heurts entre policiers et citoyens, faisant 60 blessés en tout. La violence de ces affrontements ne semble pas affoler les dirigeants européens ni les médias. Pourtant la situation devrait nous alarmer et enfin convaincre les conservateurs européens, Angela Merkel à leur tête, du cynisme de leur attitude et de la nécessité d’en changer.

Le FMI, la BCE et la Commission souhaitent que le gouvernement espagnol demande officiellement l’aide de la troika, qui s’accompagnera nécessairement des « réformes structurelles » déjà infligées à la Grèce. Ce dernier, acculé par la pression de la troika et des marchés financiers, doit révéler jeudi de nouvelles mesures de rigueur qui révoltent à juste titre le peuple espagnol. D’ici 2014, Madrid veut en effet récupérer 102 milliards d’euros, une somme vertigineuse. Pourtant, les classes moyennes et populaires ont déjà fait les frais de la rigueur : repoussement de l’âge de la retraite, gel des pensions, augmentation de la TVA de 3 points, etc. Le contexte particulièrement tendu s’accompagne de fortes revendications indépendantistes, liées au poids de la crise, notamment en Catalogne. Des élections anticipées ainsi que la tenue d’un référendum y ont été annoncées suite à une manifestation historique en faveur de l’indépendance le 11 septembre dernier.

Tout cela dans un contexte surréaliste : les marchés financiers mondiaux ont chuté mercredi, et le taux d’emprunt de l’Espagne dépasse désormais les 6%. Alors que certains prétendaient que les annonces limitées de la BCE la semaine dernière en faveur du rachat de dette souveraine feraient reculer les marchés, ce constat souligne le caractère limité des annonces de la BCE et l’inefficacité des politiques de rigueur. Les marchés s’inquiètent des contestations sociales face à l’austérité : va-t-on finir interdire les manifestations pour les satisfaire ?

Face à la tragique absurdité de la situation, nous ne pouvons que répéter que l’austérité ne saurait être la solution à la récession et ne fait qu’empirer la situation. C’est par la relance que les Etats européens mettront un terme à la crise, et par la décision politique de permettre à la Banque Centrale Européenne de financer directement les Etats. Le prochain sommet européen devra permettre à François Hollande de mettre ces demandes à l’agenda pour enfin lancer la réorientation économique, démocratique, écologique et sociale de l’Europe.

Préparez le changement: restez informés!

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