Les énergies fossiles au coeur du système capitaliste : quel nouveau modèle de développement ?

Le système capitaliste actuel, entré dans sa seconde révolution industrielle, est basé depuis le début du 20ème siècle sur la conjonction des énergies fossiles et des télécommunications (téléphone, radio, etc…), elles-mêmes développées de manière logique par l’étalement urbain. L’automobile est devenu le symbole de cette révolution. Fondé sur les logiques de productivisme, de consumérisme, de
l’accumulation par quelques uns des richesses produites, le capitalisme pousse donc pour pouvoir survivre, à détruire toujours plus ou a utiliser la technologie comme dernières tentatives de survie (Hervé Kempf, comment les riches détruisent la planète, ed. Points, 2009). Conséquences de la hausse des GES, le GIEC prévoit une augmentation des températures de 2,5°C à 5°C d’ici la fin du siècle, une prévision qui mettrait en péril la production alimentaire mondiale. Aujourd’hui comme demain, ce sont les plus pauvres paient la facture d’un système économique basé sur le toutpétrole.

Libre-échange comme moteur des dépenses énergétiques

Incitant aux échanges, à la consommation d’énergie, séparant géographiquement les lieux de production de ceux de consommation, le libre-échange est moteur dans la crise énergétique, sociale et environnementale actuelle. C’est ce même système qui exploite, condamne les plus pauvres à consommer plus, mais moins cher, du hard discount aux produits importés de l’autre bout de la planète, sans même leur laisser le choix de leur consommation. Pour autant, l’industrie reste source de millions d’emplois en Europe, et ces délocalisations sont aussi dommageables pour la planète que pour l’homme, l’emploi, la répartition des richesses produites. Nous devons donc poser la question de l’industrie de demain.

> Délocalisations, désindustrialisation, chômage dans les pays occidentaux, précarité, sont la conséquence directe de ce système qui marche sur la tête. Des réponses politiques n’existent-elle pas ?

Mais si la responsabilité des émissions de GES dans le monde est collective, le fardeau doit-il être le même pour tous ? Les émissions sont différentes selon les pays : 2,3 tonne équivalent gaz carbonique pour un Chinois, 6,6 pour un Français, 20 pour un Américain.

> Comment remettre en question le libre-échange en Europe sans pour autant nier les possibilités de développement d’autres pays du monde ?

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La précarité énergétique, la nouvelle donne sociale mondiale

Les inégalités sociales sont directement amplifiées par les inégalités énergétiques. Lprécarité énergétique ainsi créée se trouve en plein coeur des économies occidentales capitalistes. Logements mal isolés, transports chers et peu accessibles aux zones périurbaines, santé mise en péril par nos modes alimentaires et les pesticides, la précarité énergétique atteint en premier lieu les plus pauvres.

Plus les familles ont de petits revenus plus les sommes consacrées à l’énergie pèsent lourd dans leur budget, en premier lieu les jeunes, les retraités, etc. 3.8 millions de ménages consacrent plus de 10% de leurs revenus à l’énergie. Sans compter les dangers sanitaires et de sécurité que représentent les chauffages au fioul. Les précaires énergétiques sont également ceux qui dépensent une grande partie de leurs revenus dans une voiture énergivore dont ils dépendent pourtant pour travailler.

La crise énergétique pose des questions de santé environnementale pour les plus pauvres, qui n’ont pas accès à une complémentaire santé, qui sont agriculteurs et victimes sanitaires directes de l’agriculture intensive, qui sont les plus incités à se nourrir pas cher, donc gras et peu équilibré. Cancers, allergies, diabète sont aujourd’hui les maux d’un système capitaliste destructeur.

> Logement, transports, santé, comment répondre à la précarité énergétique ?

Les enjeux climatiques sont des défis alimentaires et sociaux

Quand 80% du budget d’un ménage est consacré à l’alimentaire, un petit dérèglement climatique peut avoir de graves conséquences. Sécheresses, incendies, ce sont des terres agricoles exportatrices de produits alimentaires de base qui se voient menacées. Le prix de l’énergie fossile, ses soubresauts et sa hausse inexorable impactent directement la production (engrais, fertilisants) et l’acheminement des produits, notamment alimentaires. Les produits de première nécessité, les produits à bas coût, sont proportionnellement ceux qui souffrent le plus de la hausse du pétrole, quand l’impact sur les produits de luxe est négligeable.

Conséquence directe pour les hommes, l’ONG Oxfam (Rapport de l’ONG Oxfam, 2012, « La terre se réchauffe, les prix flambent ») estime que les produits alimentaires de base pourraient doubler dans les 20 prochaines années : +177% pour le maïs ; +120% pour le blé, +107% pour le riz raffiné.

Quand la nature, la biodiversité, devient payante, les semences des paysans sont sources de profits, c’est la production alimentaire mondiale qui est soumise aux marchés et à leurs dysfonctionnements. Encore une fois, « les riches détruisent la planète », et les plus pauvres en paient la facture.

> Comment répondre au besoin de production alimentaire mondial tout en sortant du tout-pétrole ? Comment préserver la nature du secteur marchand ?

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