Discours de Thierry Marchal-Beck à La Rochelle

Mes chers amis,

Quel, plaisir d’être ici parmi vous, à cet instant si particulier pour notre famille politique après ce magnifique printemps 2012.

C’était il y a trois mois à peine, et nous sommes de nouveau réunis. Nous nous sommes retrouvé pour débattre, pour échanger pour faire réussir tous ensemble le gouvernement et Jean-Marc Ayrault.

Alors vous me permettrez d’adresser quelques mots de remerciements.
Un grand merci aux permanents du parti socialiste, au secteur formation, à Emmanuel Maurel, aux militants de Charente-Maritime du Parti Socialiste et des Jeunes Socialistes, au Service d’ordre, et bien sur, à la première d’entre-nous, à Martine Aubry.

Enfin, je tiens à saluer les Jeunes Socialistes, les volontaires du changement, ces milliers de jeunes qui sont allés devant les lycées, les universités, nos quartiers et nos villages. Ces milliers de jeunes qui ont construit chaque jour avec vous la victoire de François Hollande.

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Nous y sommes. 100 jours après, nous pouvons égrener la liste des conquêtes qui ont poussé tant de jeunes à s’engager : l’encadrement des loyers, le retrait de nos troupes d’Afghanistan, la retraite à 60 ans, l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire.

Et puis, quand même c’est quand même autre chose le matin en allumant sa radio. On entend plus les propos qui divisent, les propos qui stigmatisent.
C’est le retour de la vertu en politique. Baisser les rémunérations ce n’est pas rien, un gouvernement paritaire ce n’est pas rien.
La concertation, l’écoute, la codécision et le respect des syndicats et des associations ce n’est pas rien.
Et tout cela redonne goût à la politique et permet à chacun de trouver sa place.

Le changement est en route !
Ce changement, nous l’avons ressenti en parcourant l’Europe, en allant rencontrer mos camarades jeunes socialistes d’Italie ou d’Espagne. Nous avons pu constater que l’ensemble des regards était braqué sur nous.

L’espoir soulevé est immense.

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Cet espoir que François Hollande incarne, il est à la hauteur du désespoir qui frappe la jeunesse européenne.

Permettez moi de vous raconter une petite histoire que j’ai vécue cet été. J’étais il y a un mois invité à l’université d’été des jeunes socialistes catalans. La situation en Catalogne est sans appel : 50% de taux de chômage des jeunes dans la région pourtant la plus riche d’Espagne, un débat politique marqué par les attaques contre le droit à l’avortement, l’augmentation des frais d’inscription à l’université et de la TVA.
Le premier soir, j’ai fait la connaissance d’un responsable de cette région proche de Barcelone qui me demande ce que j’ai fait comme étude, je réponds « un master de sciences politiques dans ma ville de Lille, et un master de recherche en histoire », et il me répond mi-ironique-mi-sérieux « Tu as donc tout les diplômes pour travailler chez McDo ».

On le voit bien, le destin de ma génération ne sera pas ordinaire. Cette anecdote révèle nos craintes. Nous qui ne rêvons plus tellement d’un monde meilleur. Nous qui redoutons un destin à la grecque.

Nous qui savons que cette crise n’est pas qu’un mauvais moment à passer.

Alors, comment ne pas être en colère devant l’absurdité des mesures prises par les conservateurs partout en Europe ?

Partout ils appliquent leurs mêmes politiques : taxer les plus pauvres, privatiser la sécurité sociale, démanteler nos écoles, supprimer les postes de fonctionnaires, et couper tous les crédits à la recherche l’innovation.

Et à chaque fois leurs politiques ont les mêmes conséquences : la récession qui s’aggrave, le chômage qui progresse et infine la dette qui explose. Et que fait Madame Merkel, elle demande aux peuples d’avaler toujours plus l’infâme potion de l’austérité.

Finalement, s’il y avait bien une chose qui rassemblait les jeunes socialistes européens, qui regardaient les Jeunes Socialistes français avec une certaine admiration c’est notre nouveau Président de la République.

Car le 6 mai dernier, l’espoir de changement que François Hollande a fait naître il a bien dépassé les frontières de notre pays.
Ses discours de campagne ont dépassé les frontières, car la jeunesse européenne était prête à croire en cet homme qui affirmait qu’il n’y avait pas de fatalité, que seule la volonté politique pouvait changer les possibles.

Dans ces 100 premiers jours, avec Jean-Marc Ayrault, nous avons démontré notre volonté.

Ils avaient augmenté la TVA, nous la baissons, et augmentons l’ISF ! Car ce n’est que justice !
Ils voulaient baisser les salaires, nous augmentons le SMIC !
Ils supprimaient des postes de fonctionnaires, nous mettons le paquet sur l’éducation !

Voilà pourquoi c’est en France que les jeunes socialistes allemands, espagnols, autrichiens, belges, portugais, irlandais, italiens se sont rassemblés pour lancer une campagne commune sur le continent « Génération de la crise, soulève-toi ! »
Generation of the crisis, Rise up ! Voilà le message que nous porterons en Europe !

Une campagne pour exprimer une même colère et une même confiance dans la capacité des socialistes à transformer la société et à changer la donne.

Ecoutez cette voix qui se lève !

Rise Up / soulève-toi car nous sommes plus nombreux que les libéraux ;
Rise Up pour exiger que la Banque Centrale Européenne prête directement aux Etats ;
Rise Up pour mettre fin au dumping fiscal en Europe par un impôt européen sur les sociétés ;
Rise Up pour tourner le dos à l’austérité et mettre enfin en œuvre un salaire minimum européen ;

Monsieur le Président, c’est vous qui avez indiqué cet autre chemin et vous avez fait naître un espoir que rien n’éteindra.

Monsieur le Président nous allons mobiliser la jeunesse européenne. Nous allons faire signer partout notre pétition pour une Europe de l’emploi, de l’écologie et de la démocratie.

Monsieur le Président, sachez que vous n’êtes pas seul.
Vous ne serez pas seul, à 4h du matin, lors de je ne sais quelle nuit de négociation, où il faudra arracher une augmentation du budget européen, un plan de relance pour la transition énergétique et la réforme tant attendue de la Banque Centrale Européenne.
Vous n’êtes pas seul, car la jeunesse européenne est là pour vous soutenir et que nous attendons tant de vous.

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La campagne a été extraordinaire, car le Président et le Premier ministre l’ont compris. Les 18-30 ans vivent une réalité désespérante. Etre la première génération à vivre moins bien que ses parents, et cela se traduit au quotidien de nos vies.

C’est cette jeune militante d’un quartier populaire de Strasbourg qui est la première de sa famille à obtenir le bac, une licence et pourtant ne trouve pas d’emploi à hauteur de ses qualifications.

Ce sont ces discussions du vendredi soir qui parlent des stages qui ne payent pas, le chômage qui dure et la honte d’avoir du retourner vivre chez ses parents.

Nous avons besoin que le changement ce soit vraiment maintenant.

C’est bien pour cela qu’il faut être audacieux et nous devons répondre d’abord à l’urgence.

Répondre à l’urgence de ces jeunes qui à 20, 22 ans ont déjà multipliés les contrats de travail, mais qui, après une période de chômage, se retrouvent sans rien pour vivre, car il ne touchent pas le RSA.

L’urgence, – et nous savons que le gouvernement a décidé de prendre le taureau par les cornes – c’est de répondre à la question du chômage des jeunes dans nos villages, dans nos quartiers. Là où les taux de chômage atteignent les 50% comme en Grèce.
Voilà pourquoi nous sommes fiers que l’un des tout premiers projets de loi de la gauche au pouvoir ce soit les emplois d’avenirs. Des contrats en CDI pour nos quartiers, car ce que demandent les jeunes ce n’est pas l’aumône, mais tout simplement l’égalité et la possibilité d’exprimer ses talents.

L’urgence, c’est de comprendre que le salariat étudiant favorise la reproduction sociale, qu’il favorise ceux qui sont bien nés et nous empêche d’atteindre les 50% d’une classe d’âge à la licence et 100% des jeunes qualifiés.

L’allocation d’autonomie c’est une mesure pour sortir de la crise, pour investir dans l’avenir, pour relancer l’économie et donner enfin les mêmes opportunités à chacun que l’on naisse à Neuilly ou à Bobigny.

Répondre à l’urgence, c’est nécessaire, c’est vital, car cela fait 10 ans que les jeunes attendaient.

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L’urgence c’est aussi de répondre à l’enjeu le plus crucial pour ma génération celui du dérèglement climatique.

Nous avons beaucoup réfléchi à comment réussir à vous faire passer l’importance que cela a pour nous.

Quand on parle d’écologie, on invoque toujours les générations futures, comme si le sujet nous concernera plus demain qu’aujourd’hui.

Sauf que cette génération future que l’on évoque depuis 25 ans, c’est nous !
Nous sommes cette génération future.

Nous sommes la génération du pétrole cher.

La génération qui subit l’asthme, les allergies, qui voit ses parents et grands parents souffrir de diabètes et de cancers.

Nous sommes cette génération dont la moitié du budget est consacré à payer son logement mal isolé, son transport aux abonnements trop chers et à l’énergie qu’elle consomme sans avoir trop le choix.
Cette génération qui n’arrive plus à joindre les deux bouts du fait de la facture énergétique.

Alors ce dont nous avons besoin c’est de changer le système tout entier.

Changer un système qui délocalise pour polluer plus librement et exploiter sans vergogne au nom du libre-échange.

Changer de système c’est dire clairement que la dette climatique est bien pire que la dette monétaire.
C’est dire clairement qu’aujourd’hui, ce dont nous avons besoin, c’est de mettre les moyens, c’est à dire d’investir des dizaines de milliards dans la transition énergétique.
Car nous pouvons vivre avec 3% de déficit mais nous ne pouvons pas vivre sur une planète dont la température aura pris 3° en 50 ans.

A nous d’inventer ce modèle de développement à forte teneur en emploi et à faible teneur en carbone.
Et nous savons comment faire.

Faire que chaque bâtiment soit un producteur d’énergies renouvelables, raccordé à un réseau intelligent.

Faire que nos logements soient mieux isolés, et que les plus pauvres cessent de payer les pires factures énergétiques.

Nous sommes prêts, nous avons les technologies. Internet sera un moyen extraordinaire pour passer à un système de production d’énergie décentralisé et en réseau.

Faisons émerger une nouvelle industrie qui a besoin d’être protégé dans l’éolien, le photovoltaïque, la géothermie. Disons aux ouvriers d’Arcelor en Lorraine, des chantiers maritimes de Saint Nazaire, que nous avons des emplois qui ont besoin de leurs savoir-faire.

Mais pour cela il faudra avoir du courage comme l’ont eu les Etats-Unis quand ils ont taxé à plus de 200% les panneaux solaires chinois et à 90% leurs éoliennes.

Et il faudra encore plus de courage pour mettre cette contribution climat aux frontières de l’Europe pour protéger nos industries, créer de l’emploi et diminuer les émissions de Gaz à effets de serre.

Enfin, je veux dire aussi aux lobbys de toutes sortes, les Jeunes Socialistes seront là. Ils seront là pour garantir que les décisions de ce grand débat sur l’énergie du Premier Ministre soient prises dans l’intérêt de notre génération, et des générations qui viennent.
C’est aussi pour cela que nous lutterons contre l’exploitation des gaz de schistes.

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Cette tâche est difficile mais nous n’avons d’autres choix que le succès.

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Nous n’avons d’autres choix que le succès car nous savons trop bien le sort que la droite réserve aux citoyens en temps de crise.

Un bien triste sort, que nous connaissons : faire trinquer les plus pauvres, faire payer la facture de la crise à ceux qui la subissent.

Cette droite a perdu pied en France comme en Europe. Incapable d’enrayer le chômage, une dette qui explose, l’Etat providence dépecé, il ne leur reste qu’un seul credo : le conservatisme et la xénophobie.
Combien d’attaques contre le droit à l’avortement ?
Combien d’attaques contre les musulmans ?

Et regardez notre UMP nationale, encéphalogramme plat, sauf quand il s’agit de faire des sauts de cabri contre le droit de vote des immigrés, ou quand on évoque le mariage pour tous. Au lieu de se chamailler, ils feraient de présenter leurs excuses au Français pour l’état dans lequel ils ont laissé le pays.
Mais la situation en France, en Europe et à bien des égards à travers le monde, ne prête pas à rire car partout nous voyons bien cette fusion entre la droite et l’extrême droite.

En France, le FN a grandi de façon quasi naturelle après 10 ans d’un discours UMP fleuretant trop souvent avec lui.

Pendant dix ans, les femmes et les hommes aux plus hautes responsabilités de l’Etat nous ont fait honte. Les déclarations sur les moutons dans la baignoire, ce sont eux ! Les musulmans d’apparence ce sont eux ! Et les propos anti-Roms, ce sont eux ! Ce sont eux qui ont favorisé l’extrême droite.

Le devoir de la gauche au pouvoir c’est de recréer le tissu républicain qui unit la société.

Creuser le sillon républicain c’est rappeler que la France a fait sa Révolution avec des députés qui n’avaient pas la nationalité française et que l’immigration aujourd’hui comme hier est une chance pour notre pays. C’est parce que nous sommes de gauche que la régularisation des sans papiers fait partie de notre vocabulaire. C’est parce que nous sommes de gauche, que nous accorderons le droit de vote aux étrangers aux élections locales.

Creuser le sillon républicain c’est rappeler avec vigueur que la laïcité doit empêcher toute interférence de la vie religieuse sur la vie publique, notamment dans la définition de la famille. Mais la laïcité c’est également la garantie de n’être en aucun cas menacé par sa croyance ou sa non croyance.

Creuser le sillon républicain c’est affirmer que la République ne peut pas tolérer de discriminations en son sein, et qu’elle les combat sans relâche. Voilà pourquoi la gauche ne peut faire autrement que de mettre en œuvre l’attestation de contrôle d’identité.

La République sera d’autant plus forte, l’ordre et la police d’autant plus respectés, que l’on aura renoué le dialogue entre les jeunes et la police

Nous savons que le gouvernement est attendu sur le sujet.

Alors, je le dis au Premier ministre comme au Ministre de l’intérieur, nous serons à vos côtés pour expliquer cette réforme et faire face aux conservatismes. Les Jeunes Socialistes ne la défendent pas par plaisir, non, mais parce qu’elle est indispensable aux jeunes, aux policiers, à la fraternité républicaine !

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Voilà mes chers amis les quelques mots que je voulais partager avec vous.

Partager cet enthousiasme qui est né un soir de mai, et partager l’envie d’action qui nous anime.

La mobilisation ne fait que commencer et plus que jamais nous avons besoin de mobiliser la société, d’amplifier le mouvement pour faire réussir la gauche.

5 ans c’est long, et nous savons que ce n’est pas un parcours de santé. Dans les semaines qui viennent, la question que l’on doit se poser n’est pas de savoir si le gouvernement a assez agit, mais si nous les militants nous avons suffisamment mobilisés la société pour faire réussir la gauche au pouvoir.

Soyons là pour pousser comme dans une mêlée, et peut-être que comme en 36 nous pousserons au delà même de ce que nous avions prévu.

Alors mobilisons nous pour l’égalité des salaires et la fin de toutes les violences faites aux femmes.
Mobilisons-nous pour le mariage pour tous.
Mobilisons nous pour les libertés numériques, l’open data, le creatives commons.
Mobilisons nous pour l’augmentation des salaires et la réduction du temps de travail.

Mobiliser et être exemplaire.
Voilà pourquoi, je le demande à nos élus comme tant de militants, respectez votre parole, soyez exemplaire et appliquez le non cumul des mandats dès ce mois de septembre comme vous vous y êtes engagés.

***

Mes chers amis,

Le changement c’est depuis 100 jours, et pour encore 5 ans, dix ans.
Il ne tient qu’à nous de réussir.

A nous d’oser, à nous de transformer.
Soyons les premiers à soutenir le gouvernement.
Soyons les premiers à dire au Président de la République « Tenez Bon » face à la finance et aux conservateurs.

Rien ne nous arrêtera si nous le voulons, rien ne nous arrêtera si nous nous mobilisons.
A nous de faire de cette période qui aura commencé dans la crise, le chômage, la pauvreté, le temps du redressement. A nous d’en faire le temps du changement.

Préparez le changement: restez informés!

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