Mohamed Morsi élu président, une victoire ?

Entre Mohamed Morsi (candidat des Frères Musulmans) et Ahmed Chafik (candidat de l’armée et du régime Moubarak) lors des dernières élections présidentielles en Egypte, nous pouvons affirmer que le vainqueur est le peuple égyptien.

En effet, l’une des premières aspirations, au début du soulèvement égyptien, était l’application de la démocratie via le vote. Pendant ces trente ans à la tête de l’Egypte, Hosni Moubarak n’a cessé de piétiner la démocratie. Ne l’oublions pas, quand bien même elle a participé à l’éviction de Moubarak, l’armée, au pouvoir depuis 1954, a participé à l’expropriation de la démocratie du peuple égyptien. Nous partageons donc la joie égyptienne de l’application de la démocratie et nous encourageons le peuple égyptien à exercer le contrôle démocratique de leurs institutions.

Nous l’encourageons dès à présent à contrôler tous les actes politiques de Mohamed Morsi. Nous l’encourageons à être présent dans la rédaction d’une nouvelle Constitution qui garantisse les libertés fondamentales de tous les Egyptiens. Nous l’encourageons à s’affirmer au dessus de l’institution militaire qui reste prépondérante et qui a fait annuler l’élection d’un tiers des députés élus au Printemps, empêchant ainsi l’Assemblée de siéger.

Aujourd’hui, les premières mesures de Mohamed Morsi sont encourageantes. En effet, la volonté de nommer une vice-présidente, ce qui n’avait jamais été fait, et un autre vice-président chrétien chargé de tous les dossiers sensibles égyptiens, est une bonne chose. L’intention de respecter les accords internationaux est aussi un signal rassurant pour l’équilibre politique dans la région, notamment en ce qui concerne le respect des accords de Camp David et du traité de paix de 1979 avec Israël.

Plusieurs défis attendent les Egyptiens durant les prochains mois. Nous voulons que les démocrates du début de la révolution, par le dynamisme des jeunes égyptiens, participent encore et encore à leur effort pour ne pas laisser ceux qui ne voulaient pas du changement ou ceux qui ne pouvaient faire le changement. Près de la moitié des Egyptiens se sont abstenus au deuxième tour de l’élection présidentielle, refusant de choisir entre le candidat des islamistes et celui de l’armée. Cela donne une responsabilité supplémentaire à l’opposition progressiste, qui doit s’unir pour porter les aspirations de la révolution.

Préparez le changement: restez informés!

Commentaires

Soyez le premier à réagir !

Réagissez !

Vous devez être connecté(e) pour rédiger un commentaire.