Déclaration du 10e camp d’été d’ECOSY à Savudrija : Changer l’Europe – Changer le Monde

Au terme d’une semaine riche en débats et discussions politiques, une déclaration finale du camp d’été ECOSY 2012 a été élaborée. Chaque jour, des militants de toutes délégations, et en grande partie des Jeunes Socialistes français, allemands, autrichiens, belges ont travaillé à la rédaction de ce document qui se veut le reflet des réflexions émergeant lors de chaque atelier de travail. Après amendements dont celui contre le Traité Budgétaire, la déclaration a finalement été lue et publiée lors de la cérémonie de clôture du camp d’été. Félicitations à tous les Jeunes Socialistes d’Europe qui y ont participé !

Après les victoires électorales socialistes et sociales-démocrates en France, au Danemark, en Croatie et en Belgique, et les prochaines élections en Allemagnes, en Italie, et au Pays-Bas un nouveau futur se dessine pour l’Europe. Nous devons mettre fin aux politiques libérales qui nous ont conduit à la crise actuelle. Les coupes sèches dans l’Etat-Providence et les mesures d’austérité ne sont pas des solutions. Les jeunes sont souvent les premières victimes de politiques injustes qui ne font qu’augmenter la précarité. Ni les Conservateurs et les libéraux, ni les populistes et les technocrates ne sont en capacité d’apporter des réponses efficaces à cette crise. C’est maintenant au mouvement socialiste, social-démocrate et progressiste de donner les bonnes solutions pour une Europe sociale.
Nous devons permettre aux gens de se battre pour leurs droits.

Nous avons besoin de plus de solidarité et de justice

Se battre contre la Crise Financière – rejeter l’austérité

Dans tous les Etats membres, nous avons besoin des mêmes standards sociaux pour chaque individu, en effet nous croyons que chacun indépendamment de sa nationalité a le droit à la même protection sociale. Ce qui veut dire que nous devons nous doter de standards minimums au niveau européen. Il est urgent que les pays européens se mettent d’accord sur une définition commune de l’allocation chômage, du niveau des pensions de retraite, ou encore du salaire minimum qu’ils veulent. Une « garantie européenne pour les jeunes » ( EuropeanYouth Guarantee) doit être mise en place au plus vite. Les investissements des Etats membres pour mettre en oeuvre cette « garantie européenne pour les jeunes » doivent être épargnés des objectifs d’austérité que la Troika tente d’appliquer aux Etats en crise. Les programmes de la ‘garantie européenne pour les jeunes’ doivent être évalués par leur capacité à faire diminuer le chômage chez les jeunes.

La solidarité est la seule solution pour assurer l’existence d’une Europe sociale. Son affermissement ne peut être réussi que par la démocratisation de l’économie. Le renforcement des droits économiques des citoyens est essentiel afin de contrer la puissance financière et ses alliés néo-libéraux. La privatisation des biens communs est contraire à cet objectif. La construction de l’euro manque de politique économique complémentaire pour gérer une monnaie commune. Nous avons grandement besoin de développer une union sociale, fiscale et politique pour corriger les défauts initiaux de la naissance de notre monnaie commune. Cette union doit être le contraire du projet néo-libéral d’où provient le pacte budgétaire qui détruit nos Etats Providence.

L’un des acteurs principaux de la crise est la Banque Centrale Européenne. Son mandat doit être modifié et doit prendre en compte l’emploi et le concept de croissance qualitative. Ce changement doit être fait au niveau des traités européens. Nous devons aborder la possibilité pour la BCE de prêter de l’argent directement aux Etats membres, et de prendre en compte la transition écologique dans ces obligations.

Des services publics forts et efficaces

Les services publics sont mis en danger par l’augmentation du nombre de plans d’austérité, de coupes budgétaires, et de privatisations en Europe. Alors que l’eau, la nourriture, la connaissance, l’éducation, la culture, l’énergie, les transports, Internet, le logement social et la santé devraient être considérés comme des biens communs de l’Humanité. Les services publics doivent permettre l’accès à tous aux biens communs de l’humanité afin de combattre les inégalités. Universalité, proximité, adaptabilité, et qualité doivent être les premières caractéristiques des services publics. Un véritable Etat Providence européen est le seul moyen pour combattre les injustices entre les pays, et entre les résidents européens et pour mettre fin au dumping social et à la fuite des cerveaux interne en Europe. Nous devons passer de la logique de clients à la logique d’usagers des services publics.
Une société libre avec des citoyens libres ne peut être obtenue qu’avec une éducation publique et gratuite de l’école primaire à l’université. En temps de crise, il est dangereux de considérer l’éducation comme une seule préparation à une profession. Nous croyons que l’éducation doit conserver son caractère émancipateur. Par conséquent il est nécessaire que la formation soit accessible tout au long de la vie. Ces dernières années, dans de nombreux pays les frais d’inscription à l’université ont augmenté en suivant les différentes mesures d’austérité. Nous exigeons une éducation gratuite pour tous financée par la puissance publique. Il ne devrait y avoir aucune barrière financière qui s’additionnerait aux difficultés liées aux origines sociales.

Nous avons besoin de plus de liberté et d’égalité

Nous demandons le droit d’exprimer librement l’identité culturelle choisie par chacun. La liberté de religion signifie une véritable coexistence pacifique. Nous sommes inquiets de la stigmatisation croissante des communautés musulmanes et de certaines minorités ethniques comme les Sic et les Roms. Les demandeurs d’asile font aussi face à de nombreuses discriminations de la part des institutions et de la société. L’Union Européenne doit établir une politique commune vis-à-vis de l’asile politique basée sur les droits de l’homme et une protection importante égale dans toutes les Etats membres.
La liberté personnelle comprend le droit d’être queer. Notre objectif politique est la légalisation du mariage et de l’union avec des droits égaux, de l’adoption, et du don du sang pour tous.
Nous exigeons un accès égal au travail pour tous, qui ne s’entend pas par l’obtention de n’importe quel emploi mais par l’accès à un emploi satisfaisant. Nous devons donc combattre la peur de l’insécurité sociale et financière tout comme nous devons combattre activement les discriminations. Aucun travail ne doit nous confisquer notre vie privée et nos engagements politiques. Nous condamnons l’extension illimitée du temps de travail orchestrée par les conservateurs et les libéraux. Le travail n’est pas le seul objectif de la vie.

Les femmes ne sont toujours pas traitées de façon égale en Europe. Leurs droits civiques et sociaux ne sont pas encore complètement égaux dans tous les pays européens. Et nous faisons face à d’importantes inégalités sur le lieu de travail où les femmes sont payées bien moins que les hommes. Nous voulons mettre en application des mesures contraignantes concernant l’égalité des salaires entre femmes et hommes. Nous exigeons que l’Union Européenne continue le combat pour les droits des femmes et fasse de l’harmonisation entre les Etats membres une priorité.

Quand nous parlons de l’égalité, de la liberté, de la démocratie et de la solidarité dans nos sociétés, nous ne pouvons ignorer les discriminations liées aux femmes. Ce n’est pas seulement un problème politique mais aussi un problème structurel de nos sociétés. Pour parvenir à l’égalité d’un point de vue socialiste, nous avons besoin d’un combat féministe acharné. Il n’y a pas de socialisme sans féminisme !

Un nouveau modèle de développement

Nous vivons dans un monde aux ressources limitées. La surexploitation des matières premières au bénéfice d’un système capitaliste a mené au changement climatique mondial. Par conséquent un nouveau modèle de développement doit être mis en place. Il est trop tard pour être alarmiste. Nous avons besoin maintenant d’une action politique forte. Un système de marché dérégulé ne sera jamais la solution pour parvenir à une société durable. Nous nous opposons fermement à la marchandisation de la Terre et nous exigeons la protection des biens communs de l’humanité. La nature est le nouveau terrain de jeu privilégié des entreprises transnationales qui utilisent le concept de capitalisme vert afin de privatiser des morceaux de la nature. Une transition énergétique comprenant l’implantation des énergies renouvelables par une planification écologique européenne doit être mise en action sur notre continent. La mondialisation à travers un système de pur libre échange est devenue un très grand danger pour notre environnement. Nous devons construire un système de juste échange basé sur des critères environnementaux et sociaux.

Nous avons besoin de plus de démocratie et de participation

Le pouvoir aux peuples

L’Europe manque d’une démocratie réelle. Nous devons encore renforcer le pouvoir du Parlement Européen, afin qu’il obtienne tous ses droits. Ceci est urgent, parce qu’en temps de crise le manque de démocratie s’accentue dramatiquement. Le Parlement a été exclu des différentes décisions prises par des accords internationaux comme le pacte budgétaire ou des différentes réunions et conseils.
De nombreux citoyens européens n’ont plus confiance dans les capacités des hommes politiques à résoudre cette crise. Les politiciens de droite ont réutilisé ce manque de confiance afin de servir leur propre programme politique. C’est pourquoi, en tant que socialistes nous devons montrer que nous avons une stratégie globale afin de résoudre cette crise, et nous devons proposer aux peuples une véritable alternative.
Nous manquons d’un vrai débat européen. Les acteurs politiques au niveau européen comme notre parti-mère le PSE, ne sont pas suffisamment audible. C’est pourquoi nous avons besoin d’une campagne européenne commune et visible, et nous devrions modifier les élections européennes afin qu’elles se déroulent le même jour dans tous les Etats membres.
Les jeunes sont souvent exclus des décisions politiques et s’excluent eux-mêmes parce qu’ils ne croient plus dans le système. En tant qu’organisation de jeunesse il est de notre devoir de mettre sur le devant de l’agenda politique les problèmes des jeunes afin qu’ils se sentent entendus et qu’ils s’impliquent dans les prises de décisions.
Notre combat pour plus de démocratie doit comprendre aussi une lutte acharnée contre les mouvements anti-démocratiques.

Solidarité Internationale

La crise actuelle appelle un nouvel équilibre mondial. Les organisations internationales comme le FMI, ou l’OMC ont leur propre ordre du jour, et ont poussé à des politiques néo-libérales. La démocratie dans ces organisations doit être renforcée. L’Assemblée Générale de l’ONU doit être le premier lieu de prises de décisions et non le G20 ou le G8. Nous devons mettre en place des relations justes sans la pression des lobbies. Nous exigeons l’abolition des relations condescendantes et inégales entre les pays en voie de développement et les pays développés. Les pays émergeants sont nos alliés et non nos concurrents. Ils ont été doublement touchés par la crise, ils ont perdus des marchés pour vendre leurs produits et de nombreux pays ‘riches’ ont réduit leur aide au développement. Nous devons interdire toute possibilité de spéculation sur la nourriture ou sur l’eau potable. En temps de crise nous avons besoin de solidarité, nous ne devons pas nous cantonner seulement à l’Europe. Nous soutenons nos camarades du Sahara Occidental dans leur combat contre l’occupation de leur territoire. Et avec nos partenaires israéliens et palestiniens nous condamnons la politique colonisatrice d’Israël qui n’aide pas à la mise en place de la solution des deux Etats, et à l’avènement d’une paix durable.

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