Les droites populaires décomplexées révèleraient-elles leurs penchants extrémistes cette semaine ?

Au lendemain des résultats des élections législatives, comment ne pas s’indigner du rapprochement constant de l’UMP, parti du chef de l’Etat sortant, et du Front National ? Ils tendraient presque à nous faire oublier que la seule proposition de l’UMP dans cette campagne législative reste la hausse de la TVA payées par les ménages. Avec 13,6% des suffrages exprimés, 5 candidats FN en tête au premier tour et leur présence dans 32 triangulaires et 29 duels au second tour, le FN réalise en effet une progression telle par rapport à 2007, que la banalisation dans le paysage politique de ce parti anti-démocratique en devient inquiétante. Ne nous rassurant pas, 2/3 des électeurs UMP se prononçaient hier pour des accords locaux avec les candidats FN.

Au–delà d’un vote qui se nourrit de la misère sociale, de la crise, comment ne pas mettre en cause le discours politique ambiant propagé par des élus de la droite populaire, qui n’ont fait que banaliser des propos racistes, xénophobes ou encore homophobes ? La responsabilité de l’UMP dans la propagation des idées extrémistes du FN ne peut être niée.

Aujourd’hui, la stratégie du « ni ni » choisie par l’UMP, les alliances tacites qui se créent dans certains circonscriptions, les appels ouverts lancés par d’anciens ministres UMP à Marine Le Pen, aggravent le phénomène et en disent long sur le regard que porte l’UMP sur notre République et ses valeurs, les « mêmes valeurs » que le parti d’extrême droite selon certains. Les accointances malodorantes de la droite populaire avec l’extrême droite se révèleraient-elles au grand jour dans cet entre-deux-tours ?

Quand l’UMP piétine le devoir d’exemplarité du discours politique

Il est loin le temps où le mot « République » restait sacré et inviolable pour les gaullistes. Piétinant ces anciens principes au nom de motifs électoralistes, les langues de certains candidats UMP et des dirigeants du parti se délient subitement. Il est loin le temps où des élus de la République pensaient certains mots comme imprononçables et honteux. Déjà durant le mandat de Nicolas Sarkozy, les propos racistes, xénophobes, machistes ou homophobes de Brice Hontefeux, Nadine Morano, Claude Guéant ou encore Nora Berra contre le droit des femmes à disposer de leur corps entachaient la République d’insultes discriminatoires. Le devoir d’exemplarité des élus de la République serait-il oublié par l’UMP ?

De nouveaux propos, tenus par des amis de Sarkozy, Nadine Morano candidate UMP, Jean Castex, ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, ou encore Gérard Longuet, ancien ministre sur les « valeurs communes de l’UMP et du FN », abîment la République. Et parmi eux, les interviews données au journal d’extrême droite Minute deviennent apparemment une stratégie de communication quotidienne.

Et Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, de saluer Nadine Morano et sa « personnalité formidable » quand elle lance cet appel au FN sur France 2 et Europe 1 : «Et j’en appelle directement aux électeurs du Front national. Nous sommes là face à des valeurs, des valeurs portées par un mouvement de pensée, pour lequel nous avons des rapprochements s’agissant encore une fois de la maîtrise de l’immigration, du refus du droit de vote des étrangers, et je n’ai aucun état d’âme à en appeler aux électeurs du Front national».

L’UMPFN ne date pas d’hier… pour mieux masquer une absence de propositions

Après les alliances conclues entre l’UMP et le FN à l’occasion des élections législatives de 1986, des régionales de 1986 avec 6 accords de gestion de régions avec l’extrême droite, puis les élections régionales de 1998, la stratégie électorale de l’UMP ne date pas de 2012. Toutes les droites semblent même se révéler aujourd’hui : Damien Guttierez, candidat MODEM du Var, a appelé hier à voter FN pour faire barrage à un candidat UMP. Avides de pouvoir, au détriment des valeurs républicaines, les élus de la droite nous font honte.

La stratégie extrêmisante du parti de JF Copé se poursuit dans les actes aujourd’hui. Le refus affirmé d’appeler à voter pour des candidats socialistes ou de gauche pour battre l’extrême droite, de même que le refus d’appeler ses candidats à se désister dans le cas de triangulaires, révèlent les « vraies valeurs » défendues par l’UMP.

La liste des candidats UMP appelant à voter pour le Front National s’allonge de jour en jour. Jean Castex dans les Pyrénées Orientales a annoncé qu’il ne se désisterait pas au profit du candidat socialiste face à Louis Alliot (FN). Roland Chassin, dans 16ème circonscription des Bouches-du-Rhône, appelle à se désister au profit du candidat FN. Plus largement, ce ne sont pas moins de 4 autres candidats UMP du département qui ont affirmé la proximité idéologique de leur parti avec l’extrême droite. La maire d’Aix-en-Provence étant la première tenante de cette orientation. Ce matin, Brigittes Barrèges, candidate UMP dans le Tarn-et-Garonne souhaitait ardemment une victoire de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. Enfin, dans le Gard, le candidat UMP a refusé un désistement républicain au profit des socialistes.

Quand le FN encourage l’UMP…

Non seulement unique objet des avances actuelles de l’UMP, le parti frontiste entend leur offrir la pareille. Après avoir copieusement insulté le parti de Jean-François Copé durant la présidentielle, le discours anti-élus et sur l’éthique en politique porté par Mme Le Pen ne semble plus de mise. Au lendemain des résultats, la présidente du FN fournissait déjà une liste des candidats socialistes qui devaient être battus au profit de l’UMP, et grâce à ses voix. Les deux premiers noms ont été annoncés mardi 12 juin par la direction nationale du FN comme candidats frontistes se désistant au profit des candidats de la droite que l’on disait « républicaine ». Mais dans d’autres circonscriptions, certains candidats FN n’avaient pas attendu. Marguerite Lussaud, candidate du Front national dans la 9ème circonscription de Loire-Atlantique s’était déjà désistée en appelant à voter pour le député UMP sortant Philippe Boënnec au lendemain du premier tour. Un candidat qui concurrencerait presque Nadine Morano en affirmant partager, lui, de « vraies valeurs communes avec le FN »…

Si les apparences sont parfois trompeuses, ceci ne semble pas être le cas des accointances malodorantes de l’UMPFN. Les ressemblances sont nombreuses dans leurs discours et leurs alliances. Les droites populaires décomplexées vers les extrêmes feraient-elles leur coming-out cette semaine pour mieux masquer leur vide programmatique?

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