Grèce : non à l’austérité, non à l’isolement

A l’issue des élections du 17 juin en Grèce, les gouvernements conservateurs européens et la troika font comme si le parti conservateur pro-austérité avait gagné de manière claire et nette, alors qu’il ne pèse que 29,6% des voix, tandis que la gauche anti-austérité (Syriza) recueille 28,7% des suffrages et les socialistes du Pasok 12%. Grave serait l’erreur de considérer que par cette élection, le peuple grec cautionne la politique d’austérité menée depuis deux ans avec les conséquences qu’elle engendre aux niveaux social, sanitaire et écologique. Il s’agit d’un vote de peur et de replis social face à une situation sans alternative et non une adhésion au programme de la rigueur et du memorandum signé par la Grèce.

La pression qu’ont fait peser les pays européens, le Fonds Monétaire International, la Banque Centrale Européenne, a porté atteinte aux choix démocratiques des citoyens. Ils ont fait de cette élection un référendum sur le maintien de la Grèce dans l’Euro alors même que les partis de gauche Pasok et Syriza se prononcent pour garder la monnaie unique.

La montée du parti néonazi l’Aube Dorée (7% des voix) doit inquiéter tous les partis attachés aux valeurs humanistes. Les ratonnades et les agressions à caractère raciste se multiplient à Athènes et les discours haineux se propagent sans restriction y compris dans les médias.

La Grèce doit affronter aujourd’hui une véritable crise démocratique. La probable coalition à venir entre Nouvelle Démocratie et le Pasok repose sur des fondations branlantes : elle ne représenterait que 40% des Grecs ayant voté, sachant que 38% se sont abstenus. Pour autant, nous ne pouvons nous résoudre à voir un peuple affligé de coups par les forces néolibérales, qui utilisent la situation pour parachever leur démantèlement programmé de l’Etat.

Les scores du 17 juin montrent que la tâche des gauches européennes est encore longue et laborieuse. Les pays européens doivent proposer à la Grèce un nouveau mécanisme de soutien pour sortir de cette spirale infernale et redonner confiance en la démocratie. Il est plus que temps de relancer une croissance durable dans le pays, maintenant que la question de la dette n’est plus un problème, puisqu’elle est désormais détenue par Bruxelles.

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