Proposer une alternative globale pour défendre la biodiversité

Quelques jours après la journée mondiale de la biodiversité, les jeunes socialistes rappellent la nécessité de sauvegarder nos biens communs, pour assurer le socle de notre prospérité et celui des générations futures. La production de fruits et légumes, l’épuration de l’eau, la fertilité de nos sols, la quantité de terres arables disponibles, la santé des consommateurs en dépendent. Or, la biodiversité est profondément déracinée par les mesures courtermistes de notre modèle productiviste.

Notre génération sera la plus touchée par ces problématiques, née avec le poids d’une dette environnementale inédite, faite d’émissions de Gaz à effet de serre, de la privatisation à tout-va du vivant jusqu’aux limites de la nature, d’une idéologie capitaliste à l’origine des dérèglements environnementaux actuels, et à laquelle nous avons le devoir d’opposer une alternative globale, dès à présent.

Changer pour une agriculture paysanne

Principale accusée : l’agriculture intensive. Limiter le choix de variétés a été imposé dans une logique de rentabilité, au détriment d’espèces locales plus particulières. Ce modèle empiète sur les milieux et surexploite les ressources, en utilisant à outrance produits chimiques et autres fertilisants dangereux pour la santé des paysans, des riverains comme des consommateurs. La redécouverte encore trop marginale d’une agriculture ancrée dans le territoire (bio, circuit court) favorise la préservation d’une biodiversité plus sauvage. Il faut aller plus loin, en engageant une nouvelle économie adaptée aux milieux, fondée sur des ressources protégées et entretenues tout en intégrant les avancées technologiques et l’innovation.

Combattre la brevetabilité du vivant

La remise en question du libre accès à la biodiversité par les accords commerciaux internationaux comme l’accord ACTA, par la brevetabilité du vivant, par l’appropriation des ressources naturelles et de la diversité biologique par quelques firmes agroalimentaires ou pharmaceutiques, sera un combat majeur de notre génération. Résultat direct des logiques du libre-marché, la privatisation du vivant tend à être considérée par les néolibéraux comme l’unique moyen de conservation de la biodiversité. Cette vision marchande met en péril l’accès de tous à ces biens communs, l’accès libre des paysans du monde aux semences, la libre fabrication de médicaments génériques ou encore la recherche publique en la matière. Plantes, gênes, semences, deviennent, sans aucune régulation, la propriété privée de quelques centaines de personnes parmi les près de 7 milliards de la Terre.

Des mesures politiques de gauche pour un développement soutenable

Pour un développement soutenable de nos sociétés empreintes de singularité, la biodiversité doit être une priorité nationale. Nos territoires spectaculaires comme les Outremers ou la façade méditerranéenne sont menacés par l’érosion du vivant avec des espèces entrées dans la spirale d’extinction. Au-delà d’espèces emblématiques, la biodiversité dite ordinaire, c’est-à-dire dont nous avons le plus besoin, est aujourd’hui en péril. L’organisation prochaine, comme l’a annoncé François Hollande, d’une conférence environnementale doit annoncer rapidement des mesures, applicables à toutes les échelles. Une nouvelle étape de la décentralisation permettrait aux collectivités déjà volontaristes dans ce domaine d’assurer la continuité écologique des milieux, notamment à travers l’obligation d’intégrer la trame verte et bleue dans les outils d’urbanisme.

La réussite d’une mesure nécessite plus qu’ailleurs une mobilisation des savoirs des citoyens et des acteurs publics ou privés, entreprises, collectivités, associations. Seule une action partenariale permettra de maintenir les habitats nécessaires à la reproduction des espèces, connaître et protéger les espèces menacées, promouvoir la biodiversité remarquable (espaces naturels sensibles, zones humides…), protéger la biodiversité dite ordinaire (espaces forestiers, cours d’eau, espaces cultivés, paysages, haies bocagères, etc.).

De même, la gestion de la forêt et des ressources halieutiques doivent devenir des enjeux mondiaux qui dépassent les indépendances nationales. Il suffirait de 110 milliards de dollars par an pour assurer, au niveau mondial, la reforestation, la protection des sols, la stabilisation des nappes phréatiques et la protection de la biodiversité ! Depuis le Sommet de Nagoya en 2010, la biodiversité, a été reléguée à l’arrière plan. Rio + 20 est l’opportunité afin de redonner l’espoir d’un avenir serein pour la jeunesse dans une biosphère dégradée.

Préparez le changement: restez informés!

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