L’Europe s’engage vers la privatisation des quotas de pêche

Les 26 et 27 avril derniers s’est réuni le conseil européen des ministres de la pêche à Bruxelles. A cette occasion, la droite européenne a engagé une véritable entreprise de privatisation de la pêche, à travers la proposition d’instaurer des « concessions de pêche transférables ».

Cet outil de restructuration des flottes annonce la perte d’emplois et menace les PME de pêche. La Commission attribuerait à chaque propriétaire de bateau un quota individuel dès 2014, qu’il pourra louer, échanger ou céder à un autre bateau. Les quotas de pêche ne seraient donc plus étatiques mais individuels, avantageant de fait les flottes aux multiples bateaux, au détriment de la pêche artisanale.

Ces concessions, sensées freiner la surcapacité des bateaux de pêche et limiter la raréfaction des ressources, marquent la volonté de Bruxelles de substituer à une politique publique défaillante les règles du marché privé.

L’espace maritime exceptionnel de la France est pourtant un atout considérable, et lui confère le rang de deuxième puissance maritime mondiale. Près d’un million d’emplois, de nombreuses entreprises, des ports, l’activité de pêche, le transport, la transformation, le tourisme : la politique de la mer doit être une priorité nationale. Cette économie repose sur un bien commun qu’il est urgent de protéger. Ce sont 82 % des stocks de poissons de la Méditerranée et 63 % de ceux de l’Atlantique sont surexploités. On ne peut privatiser ainsi l’accès à un bien public, en confiant au marché la gestion d’une ressource naturelle sauvage qui se raréfie !

L’Etat s’est détaché des nécessités de conversion des ports et de l’activité maritime vers le développement durable. Les énergies marines renouvelables sont pourtant un formidable levier pour développer l’économie locale, créer des emplois non délocalisables. Ici, l’argument écologique n’est employé que pour niveler par le bas les normes sociales européennes.

Tandis que la Commission prépare la libéralisation et la mise en concurrence du secteur, rien n’est prévu pour renforcer la lutte contre la destruction des fonds et le pillage des ressources fragiles. Il est plus que temps que le ministre de la Mer négocie au plan européen les quotas, les normes environnementales, la régulation de la pêche. Une nouvelle politique de la mer doit être conçue, instaurant la protection sociale des marins, la sécurité maritime, la promotion de navires plus économes en énergie, la restauration des ressources halieutiques, la création d’un label public pêche durable, des condition durables de pêche favorisant la pêche traditionnelle et de proximité et non plus les seuls chalutiers aux méthodes productivistes.

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