Compte-rendu du 29ème Congrès Mondial de la IUSY

Du 19 au 21 avril s’est tenu à Asuncion, Paraguay, le XXIXème congrès mondial de la IUSY. Cette organisation, qui réunit l’ensemble des mouvements de jeunesse socialistes de la planète, est l’équivalent de l’Internationale Socialiste pour les jeunes. Les adhérents du MJS en sont automatiquement membres.

C’est Guillaume Renaud, Secrétaire National à l’Europe et à l’International, par ailleurs, coordinateur sortant du groupe de travail de la IUSY sur les mouvements sociaux, qui représentait le MJS à cette occasion. Voici son compte-rendu :

Difficile d’atteindre le Paraguay depuis Paris ! En effet, aucun vol direct ne relie sa capitale, Asunción, où se tenait le congrès. Il m’a ainsi fallu passer par Zurich puis Sao Paulo pour enfin arriver, au bout de 19h de vol. A l’aéroport de Sao Paulo, je retrouve nos camarades autrichiens, anglais et italiens. Roberta Capone (GD, Italie), qui milite à Avignon où elle vit, me confirme la venue prochaine d’une grande délégation italienne à Paris pour nous aider dans la dernière semaine de campagne pour François Hollande.

Nous arrivons enfin sur le lieu du congrès, un village de vacance dans la banlieue résidentielle de la ville. Mes camarades de chambrée sont Tim, des Falken (organisation d’éducation populaire allemande) et deux camarades bulgares. A peine le temps de s’inscrire, de s’installer et de déjeuner que les réunions commencent. La première concerne le Présidium, auquel je suis associé depuis 2 ans comme coordinateur d’un groupe de travail. Nous finalisons ensemble les derniers détails politiques du congrès. Puis c’est l’heure de la réunion du comité européen. Et enfin du dîner et des retrouvailles avec l’ensemble des amis venus des 5 continents.

Après une courte nuit, nous nous rendons le lendemain au Parlement du Paraguay pour assister à la cérémonie d’ouverture officielle du congrès, en présence du Président Fernando Lugo, puis une table-ronde sur la jeunesse en Amérique Latine. L’après-midi est consacrée à des groupes de travail qui planchent sur les textes politiques qui seront soumis le lendemain en plénière. Je participe à celui sur les statuts de l’organisation. Nous avons choisi de les faire évoluer de manière ambitieuse, en rendant la parité obligatoire, en restreignant l’âge des participants aux jeunes de 14 à 35 ans et en rendant le fonctionnement de l’organisation plus transparent.

Nous nous retrouvons le soir au sein du comité européen pour faire le point sur les recommandations des groupes de travail de l’après-midi. Le principal désaccord au sein de la délégation européenne concerne le changement de nom de l’organisation, proposé par son secrétaire général, le suédois Johan Hassel. Il souhaite en effet que nous devenions l’Union Internationale des Jeunes Socialistes et Socio-Démocrates…

Le soir, nous rejoignons tardivement un restaurant traditionnel pour le dîner : c’est grillades de bœuf et patates douces, puis salsa au programme.

Le samedi, la journée s’annonce longue. Elle est entièrement consacrée aux décisions du congrès, en plénière. Je suis élu membre de la commission des nominations du congrès. A ce titre, j’ai la responsabilité de m’assurer que les élections des nouveaux responsables de la IUSY se passent dans les meilleures conditions. La Présidente sortante, candidate au renouvellement de son mandat, Viviana Piñeiro (JSU, Uruguay) présente son bilan politique et Johan Hassel (SSU, Suède) le bilan d’activités. C’est le dernier discours officiel de Johan, qui a choisi de quitter l’organisation, après 2 mandats pendant lesquels il aura vécu à Vienne. Il rentre en Suède pour commencer une nouvelle vie. Si nous n’avons pas toujours été d’accord politiquement avec lui, il faut lui reconnaitre son bon bilan de secrétaire général, où il aura su redresser une organisation en déclin. S’il reste encore beaucoup de chemin, il aura permis d’avancer dans la bonne voie.

Et ce chemin qu’il reste à faire a été particulièrement visible ce jour-là : les ¾ de la journée ont en effet été consacrés aux tractations pour les postes de vice-présidents. J’interviens malgré tout dans le débat pour défendre la position du refus de changement de nom de l’organisation. Nous passons au vote : la majorité rejette l’amendement, nous restons socialistes. C’est le soulagement dans les rangs de la gauche européenne et latino-américaine.

Il faut ici féliciter les nouveaux responsables de la IUSY. Viviana, qui est reconduite pour deux ans, après le renoncement de l’Equatorien Francisco Crespo (NIDE). C’est là encore une victoire pour la gauche de l’organisation et la reconnaissance de la qualité du mandat de Viviana, qui n’aura notamment pas eu de cesse de porter auprès de l’Internationale Socialiste (IS) notre parole pour une réforme en profondeur de cette organisation. Au poste de Secrétaire Générale, c’est l’Espagnole Beatriz Talegon du PSOE, qui était la seule candidate. Félicitons particulièrement, parmi les nouveaux vice-présidents, Boris Ginner (SJÖ, Autriche), Michail Baguian (JPDPPS, Burkina Faso), Tim Schlösser (Jusos, Allemagne), Sam Muyyizi (UYD, Ouganda), Alejandro Encinas (JPRD, Mexique), Felipe Jeldres (JS, Chilie), Srdjan Subotic (CSDY, Croatie) et de Nimrod Barnea (Young Meretz, Israël) et Hanin Khoury (Fateh Y, Palestine), ainsi que du nouveau président de la commission de contrôle, Michael Dehmlow (Die Falken, Allemagne).

Vint (enfin !) le moment du débat politique. Les résolutions portent notamment sur le soutien au Sahara Occidental, déclaration commune israélo-palestinienne, impératif de réforme de l’IS, développement durable, redistribution des richesses et la nouvelle donne birmane. Enfin, le Manifesto, texte d’orientation de l’organisation, est d’une bonne facture. Malheureusement, le débat est trop pauvre et il faut batailler pour que les amendements des groupes de travail soient présentés. Au final, le texte voté par le congrès est plutôt bon, ce qui est une bonne surprise par rapport aux congrès précédents.

La soirée se termine dans un club de la ville où nous nous disons au revoir, avant de reprendre l’avion le lendemain.

Dans ce congrès, nous avions fait le choix de ne pas être candidat à une vice-présidence. Nous estimons en effet que nous devons concentrer nos actions (et nos moyens) sur l’Europe et ECOSY dans les prochaines années. Si la IUSY a beaucoup évoluée, elle reste encore une organisation où il est difficile de faire de la politique. Nous restons toutefois engagés au sein de la IUSY pour être justement les acteurs de ce changement.

Nous avons notamment contribué à faire adopter un amendement de nos camarades urugayens en faveur de la socialisation des ressources naturelles, dans la continuité de notre réflexion et de nos actions en faveur des biens communs de l’humanité. Un résolution a par ailleurs été votée en ce sens.

Le prochain événement international est ouvert à tous : le camp d’été d’ECOSY aura lieu du 13 au 20 juillet prochains en Croatie. Les inscriptions seront bientôt ouvertes sur ce site !

La liste complète des membres des instances de la IUSY est disponible sur le site de l’organisation et les textes politiques adoptés le seront bientôt aussi.

Préparez le changement: restez informés!

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