Retour sur le 38ème congrès du PSOE

Du 3 au 5 février, à Séville, capitale du fief socialiste d’Andalousie, près d’un millier de délégués se sont réunis pour le 38ème congrès fédéral du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), au cours duquel José Luis Rodriguez Zapatero, à la tête du parti depuis 2000, avait décidé de ne pas se présenter pour un quatrième mandat au poste de secrétaire général.

Le premier jour a permis de retracer les nombreuses avancées permises par les gouvernements dirigés par Zapatero, rappelant notamment la loi sur la parité, le mariage pour tous, la réforme de la dépendance, la lutte contre la violence fait aux femmes, l’aide d’État à la location pour les jeunes.

Le 4 février était la journée clé du congrès, celle de l’élection du nouveau secrétaire général, qui voyait deux candidats se faire concurrence et, à travers eux, deux orientations politiques différentes. D’un côté, Alfredo Pérez Rubalcaba, 60 ans, candidat à la présidence du gouvernement en 2011, député de Madrid, ancien ministre de l’Intérieur, de 2006 à 2011, puis vice-président du gouvernement, entre 2009 et 2011 ; de l’autre, Carme Chacon, 40 ans, députée de Barcelone, première femme à avoir été ministre de la Défense, entre 2008 et 2011. Bien que les deux aient tenu un discours programmatique proche sur le fond, Chacon s’était démarquée très tôt, bien avant la tenue du congrès, sur sa volonté de mieux associer les militants et d’ouvrir le PSOE sur la société, notamment en organisant des primaires ouvertes, dites « à la française », pour le choix du chef de file aux élections générales. Rubalcaba, pour sa part, a insisté sur la nécessité de renforcer l’exécutif du parti sur les fédérations et annoncé sa volonté de revoir le concordat liant l’Espagne et le Vatican depuis 1979.

En fin d’après-midi, après plus d’une heure et demi de décompte des voix, c’est finalement Rubalcaba qui l’a emporté, par 487 voix contre 465 à Chacon. Celle-ci a immédiatement refusé de participer au nouvel exécutif ou à la direction du groupe parlementaire, tout en appelant le vainqueur à former une équipe rassemblée, alors que les élections régionales en Andalousie et dans les Asturies sont prévues pour le 25 mars prochain.

Le dernier jour, dimanche 5 février, était consacré à l’élection des membres des organes de direction. La commission exécutive fédérale, composée de trente- neuf membres, dont dix-huit femmes, voit, pour la première fois, une femme, Elena Valenciano, accéder au poste de vice-secrétaire générale. Le taux de renouvellement est toutefois compensé par le maintien de certains membres, même à des postes différents, comme Jesus Caldera, ancien ministre du Travail de Zapatero et principal artisan des politiques sociales.

Par ailleurs, les délégués ont approuvé les différentes résolutions politiques, dont certains points ne sont pas sans rappeler des mesures proposées par le Parti socialiste français. Ainsi est-il proposé de fusionner les différentes entités de financement public de l’économie dans une institution financière publique, de limiter les rémunérations des dirigeants des entreprises à participation publique, de lutter très fortement contre la corruption, ou encore d’organiser des primaires ouvertes pour la désignation du candidat à la présidence du gouvernement. Le PSOE rappelle son soutien au système public de santé, remet en cause le concordat de 1979, propose de légaliser l’euthanasie, demande une véritable loi sur le handicap,
réaffirme sa volonté de protéger l’environnement, notamment le littoral, de fermer toutes les centrales nucléaires d’ici 2028.

Après le tournant de l’austérité, imposé en mai 2010 par Zapatero, les socialistes espagnols, s’ils en reconnaissent les erreurs ayant conduit à la déroute des législatives de novembre 2011, n’ont pas fait le choix d’une rupture forte. Les élections régionales de mars permettront de savoir si les citoyens leur en donnent crédit…

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