Une victoire de l’abstention en Espagne

Les espagnols ont élu ce dimanche 20 novembre 2011 leurs représentants nationaux lors des élections générales anticipées. Avec 186 sièges sur 350 à la chambre basse du Parlement espagnol, la droite du Parti Populaire dirigé par Mariano Rajoy a obtenu un score jamais vu depuis le retour à la démocratie à la fin des années 1970.

Néanmoins, il ne faut pas se méprendre et ne pas s’adonner à des commentaires hâtifs. Il n’y a pas de raz-de-marée du Parti Populaire qui n’obtient en réalité que 500 000 voix de plus qu’en 2008 (année où il avait pourtant perdu les élections). Le résultat de cette élection est le fait du score du Parti Socialiste, qui obtient 4,3 millions de voix de moins qu’en 2008.

Ces élections démontrent en effet un profond désenchantement du peuple espagnol. Plus de 2 millions d’électeurs se sont abstenus ou ont choisi le vote blanc ; des résultats qui font d’ailleurs pleinement écho aux sondages Metroscopia réalisés fin octobre qui relevaient que moins de 30 % des électeurs faisaient « très » ou « assez » confiance aux leaders des deux grands partis (qui obtenaient rigoureusement le même score). Ce pessimisme et ce scepticisme devant les promesses politiques exprimés par les citoyens espagnols doivent nous interpeller. Il est essentiel de reconquérir au plus vite ces électeurs déçus, qui aspirent pourtant à un changement radical.

Le mécontentement d’une partie de l’électorat s’est aussi reporté sur Izquierda Unida, le parti regroupant les communistes espagnols, recueillant ainsi le meilleur score de leur histoire en quintuplant leur nombre de députés (11). Les partis régionaux se sont quant à eux maintenus pour la plupart.

Le PSOE encore sous le choc perçoit néanmoins cette défaite comme une crise qu’il entend bien surmonter. « C’est un moment de réflexion et c’est difficile pour tout le monde » a estimé Francisco Gutierrez. Il faudra réfléchir et réagir vite car nul doute que la politique d’extrême austérité qu’entend mener Mariano Rajoy ne permettra pas de faire face aux difficultés économiques actuelles. Porter une politique et des réponses de gauche fortes sur les sujets économiques et le règlement de la crise, voilà la réponse que les socialistes doivent apporter aujourd’hui.

Cette défaite est significative, elle est celle du dernier leader social-démocrate s’inscrivant dans la troisième voie de Tony Blair, pensant l’économie comme une question apartisane, dépassant le clivage droite/gauche. Encore une fois, nous réaffirmons la prééminence du clivage droite/gauche sur les questions économiques. Permettre au politique de reprendre la main sur l’économie, influer par ses politiques sur la transformation du modèle de société global que nous portons, c’est bien ça être de gauche au 21ème siècle.

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