Rencontre avec Claude Alphandery, ancien membre du Conseil National de la résistance

Ancien membre du Conseil National de résistance, Claude Alphandery a ensuite été surnommé le « banquier de Gauche ». Créateur de France Active, il en est à présent le Président d’honneur. Il est également le président et co-fondateur du laboratoire de l’Economie Sociale et Solidaire qui impulse aujourd’hui la démarche des cahiers d’espérances. Entretien réalisé par Claudie Launoy, Animatrice Fédérale des Jeunes Socialistes de la Manche.

Claudie LAUNOY: Selon vous, quelles définitions peut-on aujourd’hui donner à l’Economie Sociale, à l’Economie Solidaire et à l’Economie Sociale et Solidaire ?

Claude ALPHANDERY : Je peux difficilement vous donner une définition concise de ces choses. Mais il y a plusieurs éléments qui doivent attirer notre attention.

Historiquement et au fil des années l’Economie sociale est devenue une auxiliaire de l’Etat providence qui, lui, diminuer son champs d’implication. Elle est bien évidemment capitale et nous ne pourrions pas aujourd’hui nous en passer. Cependant, les entreprises recherchant le lucre sachant constamment s’adapter, l’économie sociale a quelque peu été dévoyée. En effet, cette économie est quelque peu devenue fourre-tout. Par exemple, il existe de nombreuses coopératives, qui n’ont rien de social, mais qui utilisent ce modèle afin de mutualiser leurs biens pour dominer un marché.

L’économie solidaire, nous pouvons aujourd’hui dire qu’elle représente les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE), les services à la personne etc., l’ensemble des nouveaux modèles apparus depuis les années 1970. Ces structures ont la particularité d’être à double facette. D’un côté il ne pourrait s’agir que de structure permettant la mise à disposition de personnel moins cher pour les entreprises ou les particuliers et limiter leur objectif à l’insertion de personne sur le marché du travail classique que nos connaissons. Les effets de l’insertion dépendrai ici des fluctuations du marché du travail et donc de l’économie capitaliste. L’autre facette de l’insertion, elle plus intéressante, serait des organisations aux services d’un territoire. J’entends par là des organisations inventant de nouveaux modèles de fonctionnement interne, répondant à des besoins d’un territoire qui ne seraient non satisfaits etc.

Selon moi l’Economie Sociale et l’Economie Solidaire sont indissociables. Il s’agit de porter des valeurs au sein d’une organisation économiquement viable. Ce qui est un combat de tous les instants.

Claudie LAUNOY : Quel doit-être, selon vous, le rôle de cette économie sociale et solidaire ?

Claude ALPHANDERY : Notre société repose sur les bases du Conseil National de Résistance (CNR), auquel j’ai d’ailleurs participé, mais ces dernières sont complètement dépassées par la mondialisation. En effet, la société est aujourd’hui d’avantage dirigée par une oligarchie financière. L’Etat possède quelques outils d’ajustement comme la fiscalité, les services publics et la régulation des banques. Mais ces outils ne changeront pas radicalement la donne. Le capitalisme fini toujours pas s’adapter pour constamment tirer du profit des sociétés. Nous avons donc un impératif. Il y a ici un devoir de se libérer.

Pour cela, je ne crois pas au grand soir, nous ne sommes malgré tout pas dans la même situation, à tous les niveaux et notamment politique, que les pays du Maghreb et du Machrek. Selon moi, la solution se trouve dans l’amorce d’une économie différente fondée sur le principe démocratique, ancrée dans les territoires et qui ferra appelle aux bénévoles.

Cette autre économie ne doit pas être simplement réparatrice des dégâts du marché ou des manques de l’Etat. Il doit s’agir d’une véritable économie.

Le défi de cette nouvelle économie sera de démontrer qu’elle peut s’imposer comme véritable économie, comme une économie macro et non pas uniquement micro. En effet, selon ses détracteurs, cette économie ne peut pas devenir macro car ne procure pas de croissance. A nous de démontrer que cette économie a toute sa place dans nos société et dans notre monde globalisé.

Claudie LAUNOY : Le Mouvement des Jeunes Socialistes a lancé en début d’année une action pour la promotion de l’Economie Sociale et Solidaire. Cette action avait pour objectif de mettre en avant 5 propositions sur les rapports entre les pouvoirs publics et les acteurs de l’ESS. Si vous ne deviez en retenir qu’une pour la proposer en 2012, laquelle choisiriez-vous ?

Claude ALPHANDERY : Vos 5 propositions sont toutes justes et complémentaires. Mais si je ne dois qu’en retenir qu’une, pour la soumettre lors des élections présidentielles de 2012, il s’agirait de l’obligation de rédiger un schéma directeur prenant en compte l’Economie Sociale et Solidaire comme axe prioritaire de l’économie, et ce, dans l’ensemble des collectivités territoriales.

D’ailleurs, je vous invite à participer aux Etat Généraux de l’Economie Sociale et Solidaire au travers de la rédaction de contributions pour nos cahiers d’espérances, ainsi qu’à la restitution de ces Etats généraux qui se déroulera à Paris.

Pour approfondir, nous conseillons son dernier ouvrage: « Agir à Gauche: l’économie sociale et solidaire », Editions Desclée De Brouwer

Préparez le changement: restez informés!

1 commentaire

  1. Jonathan

    9 novembre 2011 à 21:16

    Puis-je me permettre pour compléter de partager cet entretien filmé avec Claude Alphandéry en mai dernier…?

    http://cpca.asso.fr/actualite/videos/claude-alphandery-presente-les-etats-generaux-de-leconomie-sociale-et-solidaire

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