Discours de candidature de Thierry Marchal-Beck à la présidence des Jeunes Socialistes

Nous vivons une période particulière. Nous sommes à l’aube d’une élection présidentielle que nous attendons de pied ferme depuis presque cinq ans. L’instant est décisif.

Nous connaissons la gravité du moment. Depuis trois ans, une crise sans précédent frappe nos concitoyens et les jeunes en particulier. Le chômage progresse, la précarité se systématise, les inégalités s’accroissent.

Notre génération était la première victime avant la crise, les premiers à entrer dans la crise et nous sommes de ceux qui en subissons le plus férocement les effets aujourd’hui. Cette situation n’est pas particulière à la France, bien qu’à chaque fois nous savons qu’il y a des spécificités, notre génération doit face aux mêmes difficultés et au même refus de nous laisser notre place en France, en Grèce, en Italie, en Espagne, en Angleterre, en Tunisie, en Israël ou en Egypte.

Cette réalité pourrait nous désarmer.

Comment faire face à la dette alors qu’il faut relancer la croissance ?
Comment renforcer le pouvoir de la démocratie sur l’économie, quand le tout marché est en œuvre ?
Comment engager sans plus attendre la conversion écologique, alors que l’austérité règne ?
Comment faire vivre notre idéal internationaliste, permettre le développement de chacun, alors que le nationalisme et la xénophobie progressent ?

Alors que le doute pourrait nous emparer, alors que la fatalité pourrait nous désarmer. Nous avons fait un choix, nous jeunes socialistes, c’est celui de nous rassembler.

Se rassembler pour faire taire les voix de la fatalité, du renoncement.
Se rassembler pour faire entendre un idéal, une volonté.
Se rassembler car nous savons que la gauche doit gagner.

La gauche doit gagner car notre génération n’en peut plus d’attendre ;
La gauche doit gagner car nous savons que la seule alternative pour sortir de cette impasse c’est de renouer avec la justice, l’égalité et la démocratie.

Voilà que ce que les jeunes socialistes doivent porter dans les deux années qui viennent. Une gauche qui ose et qui transforme.

C’est pour contribuer à ce travail collectif que je suis candidat à la présidence du Mouvement des Jeunes Socialistes.

***

Notre feuille de route, elle est simple et essentielle.

D’abord gagner.
Gagner en rassemblant au-delà des seuls jeunes socialistes. Notre mouvement est plus fort quand il s’ouvre et accueille tous les jeunes qui espèrent le changement.
A nous d’ouvrir nos portes et nos fenêtres à ceux qui ont fait le choix de l’engagement syndical, le choix de l’engagement dans l’éduc’pop, à ceux qui se démènent dans une association de quartier ou dans leur lycée.
A nous de permettre à tous ceux qui jusque-là n’ont jamais fait le choix de l’engagement, et qui aujourd’hui souhaitent le changement, de nous rejoindre et de prendre toute leur place.

Ces jeunes, ils sont tout autant militants que nous et ils ne savent pas forcément comment faire campagne présidentielle. A nous de les accompagner, à nous de les former, à nous de leur faire une place, d’écouter ce qu’ils ont à nous dire : leurs idées et leurs critiques, leurs projets et leurs envies.

Nous devons être les premiers militants dans cette campagne.

3 millions, c’est le nombre de jeunes qui ont acquis la majorité depuis la dernière élection présidentielle. Pour l’immense majorité, ils n’ont jamais voté à aucune élection. Voilà notre tâche : faire que massivement ils s’inscrivent sur les listes électorales, faire que massivement ils viennent voter et qu’ils votent dès le premier tour pour notre candidat, François Hollande.

Nous imaginerons ensemble1001 façons de s’engager et de militer dans cette campagne. Nous parlerons à chaque jeune, qu’il vive en milieu rural, dans un quartier populaire ou en centre-ville.

Nous parlerons à chaque jeune, qu’il soit lycéen, apprenti, jeune actif ou étudiant. C’est tout le sens des réseaux que nous voulons développer.

Les jeunes ne sont pas uniformes, les questions qui se posent à eux ne le sont pas non plus : la question du logement ou de l’accès au transport ne se pose pas de la même façon dans le village de 700 habitants où j’ai grandi, qu’à Lille où j’ai fait mes études.
L’insertion professionnelle ne se pose pas de la même façon quand vous avez fait un BEP, un bac techno, un BTS hostellerie comme ma petite sœur, ou quand vous avez fait un master d’histoire à Nanterre.
La jeunesse n’est pas uniforme et c’est ce qui en fait sa richesse. Il est de notre responsabilité d’apporter des solutions à tous les parcours de vies de notre génération, de permettre à chacun quelles que soient son origine sociale, son lieu de vie, ses études de pouvoir accéder à l’autonomie et de trouver sa place dans notre société.

C’est dans cette même logique, que nous devons nous saisir de tous les sujets qui concernent notre génération. Bien entendu, notre priorité c’est de porter un discours offensif et clair sur l’emploi, l’accès au logement, le droit à l’avenir dont le parcours d’autonomie est un facilitateur.
La force des jeunes socialistes, c’est de se saisir de tous les sujets et d’y apporter des réponses politiques. Voilà pourquoi nous devons faire les plateformes.

Avec les plateformes geek, écolo, lgbt, féministe et outre-mer, nous créerons de nouvelles portes d’entrée dans notre mouvement. Chaque jeune qui se sent particulièrement concerné par ces thématiques doit pouvoir trouver, en un clic, toutes nos propositions, notre analyse, notre matériel militant et pouvoir s’en saisir.

Être jeune socialiste, c’est être un militant des libertés numériques, un militant pour l’open data, la neutralité du net, la licence globale, le creative commons, et tous ceux qui portent ces combats ont toute leur place au sein de notre mouvement.

Être jeune socialiste c’est être un militant de l’égalité et de l’universalité des droits et c’est pour cela que nous sommes des militants féministes et LGBT. C’est pour cela que nous sommes de chaque action en faveur de l’égalité salariale, du droit à l’IVG et de toutes les marches des fiertés.

Être jeune socialiste, ma chère Cindy, c’est promouvoir avec courage l’égalité Républicaine qui veut que l’on dispose de la même qualité de service public, des mêmes opportunités, que l’on soit jeune en métropole ou en Outre-mer. Ce sont tous les jeunes socialistes qui doivent se saisir de ces sujets.

Enfin, et c’est essentiel, être jeune socialiste, c’est être écologiste.

Le dérèglement climatique, l’épuisement des terres agricoles, la pollution des eaux et les atteintes à la biodiversité sont des conséquences directes d’un capitalisme productiviste qui abîme les hommes et la terre dans un même élan. Notre génération est la première à en subir si durement les conséquences.

Voilà pourquoi nous devons nous saisir totalement de ce sujet, voilà pourquoi l’écologie ne peut pas et ne doit pas être reléguée ou sous-traitée. Voilà pourquoi, je vous le dis comme je le pense, dans les deux années qui viennent, nous devons tout faire pour que le Mouvement des Jeunes Socialistes devienne le premier mouvement de jeunesse écologiste de France.

Se saisir de tous les sujets qui nous concernent. N’en délaisser aucun. Jamais nous ne laisserons des débats aux experts qui souhaitent se les accaparer ou à tous ceux qui prétendent que les socialistes ne seraient pas légitimes à les saisir.

C’est cela la force de l’engagement militant d’un jeune socialiste. Porter tous les combats, toutes les colères, et toutes les espérances.

Être aussi à l’aise dans les débats sur la nécessité de revenir sur l’indépendance de la BCE que sur la lutte contre les discriminations.

Être aussi à l’aise sur le combat sans merci contre le sida que sur la révolution fiscale.

Être aussi à l’aise sur l’impératif d’augmentation des salaires que sur le besoin de refaire république dans nos quartiers.

Voilà ce que l’on attend des jeunes socialistes. C’est être les premiers à se lever pour militer, et les derniers à se coucher, quand il s’agit d’inventer la gauche de nos rêves.

Cette campagne sera intense, âpre, dure et nous ne pourrons pas être en roue libre. Il faudra continuer à réfléchir, à inventer, et à proposer.

Il faudra aussi se préparer à mener le combat. N’ayez aucun doute, la droite et l’extrême-droite ne retiendront aucun de leur coup. Ils sont prêts à tout pour garder le pouvoir, même à s’acoquiner ensemble comme ils le font en Grèce.

Nous avons la responsabilité d’être à la hauteur de cette situation. La riposte face à l’UMP sera essentielle dans cette campagne, et notre mouvement développera dans les mois qui viennent des outils de vigilance face à l’extrême-droite française et européenne.

Si nous sommes ambitieux,
si nous permettons à chaque jeune qui désire le changement d’avoir sa place parmi nous;
si nous permettons à tous ceux qui font la gauche au quotidien de mener campagne ensemble, je n’ai aucun doute sur notre capacité à emporter la victoire en 2012.
Voilà ce dont nous avons besoin, que l’équipe du changement joue collectif et que nous transformions l’essai de la présidentielle et des législatives.

***

Là, mes chers amis, la responsabilité des jeunes socialistes sera encore plus grande.

Nous aurons à transformer notre mouvement pour redéfinir notre rôle une fois la gauche au pouvoir. Il faudra débattre entre nous et mesurer toute la responsabilité qui nous incombera à ce moment-là.

Je tiens à partager avec vous une conviction profonde : les Jeunes Socialistes ne sont pas les porte-parole des socialistes auprès des jeunes, c’est tout l’inverse : nous sommes les porte-parole d’une génération auprès des socialistes.

Nous porterons la voix de notre génération auprès de chaque ministre de gauche, auprès de chaque député de gauche.

Nous inventerons les mobilisations militantes pour être les premiers soutiens du gouvernement quand il s’agira de mettre en œuvre les 8 engagements du Pacte pour les Jeunes.

Nous serons exigeants à l’égard de nos ainés pour qu’ils mettent fin dès les premier jours à la Françafrique. Nous serons à leur cotés quand il faudra résister aux lobbys des armes et aux groupes comme Total, Eifage et Bolloré pour qui un bon contrat en Afrique peut bien justifier quelques pratiques douteuses. Être jeune socialiste en 2012, c’est porter avec ardeur la lutte contre le néocolonialisme.

Nous construirons les ponts avec nos camarades européens, car nous savons que c’est à cette échelle-là que le socialisme se bâtit. Nous multiplierons les échanges avec nos camarades des deux rives de la méditerranée, car nous partageons une communauté de valeurs et de destin.

Nous irons à Rio, pour faire entendre la voix, les craintes et les espoirs de notre génération quand l’humanité aura rendez-vous avec elle-même, pour adopter les mesures nécessaires et indispensables pour faire face au dérèglement climatique.

Notre place, elle sera au cœur du mouvement social pour lutter férocement contre toutes les forces de la réaction et du conservatisme qui ne cessent de refroidir notre ardeur réformatrice.

Nous intensifierons nos relations avec la jeune gauche, car nous savons bien que dans la durée il n’y a pas de réelle transformation sociale si elle n’est pas portée de façon unitaire avec nos amis communistes et écologistes.

Là aussi, ayons de l’ambition, et si dans les semaines qui viennent, ce sont nos différences qui seront mises en lumière, n’oublions jamais tout ce qui nous rassemble et qui fait que demain nous serons la génération qui permettra à la gauche rassemblée de vivre dans une grande maison commune.

***

Voilà, mes chers amis, l’ambition que nous devons avoir pour notre mouvement. Être utile à notre génération, être utile à la gauche, être utile à La France.

C’est pour cela que nous sommes venus à Strasbourg, pour lancer la campagne dans cette ville de gauche dans une terre de conquête.

C’est pour cela que nous portons avec fougue et abnégation les valeurs du socialisme.

Nous plaçons nos pas dans ceux de nos ainés, dans ceux des jeunes français, poussés par leurs frères allemands, qui en 1912 ont décidé de fonder les jeunes socialistes français.

Nous plaçons nos rêves, dans le sillon de leurs rêves, car nous savons qu’il n’y a pas de limite à l’imagination des hommes et que tous ensemble, unis, rassemblés et déterminés nous pouvons permettre à la France et à l’Europe de retrouver la marche du progrès, de la justice, de la démocratie et de l’égalité.

Cette espérance, avec vous, grâce à vous, tous ensemble, nous allons la porter.

Préparez le changement: restez informés!

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