Voyons grand pour la France, en route pour 2012 !

Chers amis,

Dans cette période où on explique tout par l’intérêt, par le marché, je veux adresser mes premiers mots à toutes celles et à tous ceux qui sont animés par la force de leurs convictions et qui s’engagent à leur service.

Ils ont les forces de l’argent, nous avons la force des milliers de mains et de cœurs, l’énergie des femmes et des hommes, travailleurs, étudiants, retraités, jeunes ou moins jeunes, qui préparent le changement au quotidien.

Merci donc à tous nos amis qui ont participé à l’organisation de ces rencontres de la Rochelle. Vous, équipes des jeunes socialistes nationale, de Charente-Maritime, équipes du PS nationale, du 17, permanents de Solferino, amis qui assurez la sécurité de nos travaux, je veux vous dire merci pour ce travail qui vous mobilise depuis des semaines ou des mois et qui a permis à l’immense armée des militants, des volontaires, des jeunes socialistes et du PS de passer une université d’été d’une très grande qualité.

Merci ! Merci aussi à nos intervenants, venus de France, d’Italie, d’Espagne, d’Equateur, de Californie. Et merci à tous les jeunes socialistes qui sont venus nombreux de toute la France. Merci en particulier à nos camarades des outre-mer qui ont franchi les océans pour être parmi nous. Merci aussi et à toutes celles et tous ceux qui nous regardent ce matin sur Internet. Merci enfin à toi Emmanuel, à toi Harlem et à toute ton équipe.

* *
Un an est passé depuis notre dernier rendez-vous. Les jeunes socialistes ont été, je le crois, de tous les rendez-vous cette année, lancement des réseaux lycées en mouvement, cités en mouvement, jeunes actifs, mobilisation contre la réforme des retraites, bataille des cantonales, marche des fiertés.

Au rendez-vous du projet, avec des conventions, des propositions, une consultation auprès de plus de 30 000 jeunes qui a abouti avec le pacte pour les jeunes, présenté lors de notre convention «génération changement » le 2 avril dernier, et durant ce week end de la Rochelle, avec nos candidats aux primaires.

Les jeunes socialistes ont été au rendez-vous.

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Ils avaient un autre rendez-vous, cet été, au festival mondial des jeunes socialistes en Autriche. Nos amis norvégiens, et pour cause, n’étaient pas là. Nous pensons tous à eux aujourd’hui. Nous pensons à eux, venus faire de la politique, s’engager pour leur société, pour des valeurs, et tombés cet été sous les balles de la haine qui mène à la folie. Jamais nous ne céderons un pouce de terrain face à la terreur et à la haine, c’est notre conviction, c’est notre honneur, et c’est maintenant aussi leur mémoire.

* * *

Permettez-moi aussi de saluer nos militants qui ont passé l’été à faire connaître les primaires avec la caravane et qui ont rencontré des formes de violences politiques inacceptables dans notre débat démocratique.

Pourquoi dans ces conditions, dans ce monde parfois difficile, des jeunes viennent-ils encore agir à nos côtés ? Pourquoi donc s’engager, pourquoi passer du temps dans des réunions ou sur le terrain, pourquoi y passer des week-ends et des soirées, alors qu’il y a tant d’autres choses à faire dans une vie, aux côtés de celles et ceux qu’on aime ?

Ils s’engagent parce qu’ils sont en colère devant le monde qui leur est fait. Ils s’engagent parce qu’ils croient que la volonté peut changer le monde, l’avenir comme le présent.
Ils nous engagent en s’engageant à rendre possible ce rêve et pour cela, il faut gagner.

Gagner pour mettre fin à un cycle fou.
Gagner pour transformer.
Gagner pour rendre le pouvoir à ceux qui n’auraient jamais dû le perdre.

Alors que pouvons-nous faire, mes amis, pour gagner enfin ?

Ce que je crois, c’est que nous devons penser et parler au nom de la France.

Nous sommes la France. Nous vivons dans un monde qui change plus vite qu’il n’a jamais changé.

Regardons ces villes incroyables fascinantes et terrifiantes à la fois, en Asie, au Moyen Orient, et ces tours qui montent vers le ciel dans des pays que l’on disait condamnés à la pauvreté et au sous-développement et où la richesse la plus indécente n’est séparée des bidonvilles que par une autoroute à 3 niveaux.

Regardons la force de la jeunesse des pays arabes, renversant des dictatures, combattant face aux balles et à la censure.

Regardons les sociétés de métissage ou de diversité, qui prennent conscience de leur force quand elles s’assument, comme l’Amérique d’Obama, le Brésil, l’Afrique du sud.

Regardons ce monde numérique, qui crée aujourd’hui un emploi sur quatre en France et qui peut rebattre les cartes de la puissance entre les nations avec autant de force que l’agriculture, l’imprimerie, la machine à vapeur ou la bombe atomique en leur temps.

Regardons tout cela et rappelons-nous que Rome, que Byzance, que l’Union soviétique ont connu la gloire et la puissance, puis l’écroulement quand ils n’ont plus été en capacité de faire face au monde qui changeait.

Nous sommes dans un de ces moments où tout bouge.

Quel drame, quelle honte, de voir que face à la ruine de milliers de gens, ce sont des petits arrangements et des lâchetés qui l’emportent à Paris, à Bruxelles, à Francfort, à Berlin et à Washington.

Arrêtons de regarder et agissons. Nous sommes la France. Nous voulons une Union Européenne ouverte sur le monde, mais qui cesse d’être l’Union des cocus de la mondialisation, aveuglée par les dogmes de l’euro fort et du libéralisme qui ruinent nos peuples.

Pour des raisons absurdes, nous avons baissé toutes nos armes face à la Chine. Il va bien falloir changer de politique et le dire.

Quel aveuglement, quelle morbide fascination libérale ont conduit à nous endetter auprès des chinois tout en leur laissant sous-évaluer leur monnaie, fausser toutes les règles de concurrence économique loyale, produire au mépris de l’environnement, des règles sociales, souvent de la propriété intellectuelle et des droits de l’homme ?

Rien ne serait pire que de se contenter de promesses incertaines à 10 ou à 20 ans, possibles uniquement si toute l’Europe passait à gauche et qu’elle avait fait la convergence fiscale et sociale comme nous en rêvons. Les Français n’y croiraient pas et nous n’avons plus le temps d’attendre.

Nous ne laisserons pas les utopies d’hier tuer nos rêves. Notre génération ne se laissera pas duper par des promesses de surlendemains qui chantent, car c’est bien aujourd’hui, c’est chaque jour que nous voyons la misère, quand un jeune sur 4 est sous le seuil de pauvreté.

Nous voulons des barrières douanières avec les pays qui ne jouent pas les règles du jeu social, écologique, démocratique.

Nous voulons une taxe sur les transactions financières maintenant, et nous l’appliquerons en France demain.

Nous voulons nous attaquer à la dette mais nous n’allons pas accepter tout et n’importe quoi à ce prétexte. Que les choses soient claires.

Alors allons-y face à la dette. Commençons par la maîtriser et pour la maîtriser, commençons par la relocaliser.

Aujourd’hui, moins de 30% de la dette française, c’est un triste record européen, moins de 30% appartiennent à des créanciers français. Les banques que nous avons ne proposent presque plus d’obligations. Faisons une différence fiscale entre les assurances vie et les contrats d’épargne qui achètent de la dette française et les autres et faisons appel au peuple de notre pays !

C’est du bon sens que de dire que si plus de 50% de la dette était sur de l’épargne de long terme, basée en France, nous dépendrions moins de la volatilité des marchés et des agences de notations. Nous ne serions pas obligé de ramper au pied de Standards and Poors pour supplier ces entreprises qui n’ont été élues par personne de bien vouloir nous laisser notre triple A en échange de telle ou telle réforme.

Nous sommes la France. Nous sommes une France qui vit, une France qui assume ses forces. Nous sommes présents sur 3 océans. Notre langue est parlée et est aimée par des centaines de millions de personnes. C’est la société la plus jeune et la plus métissée d’Europe.

Nous avons la force de la laïcité pour souder nos citoyens. Nous avons des industries et des secteurs de pointe. Nous avons une vie associative d’une richesse immense, des bénévoles, des femmes et des hommes qui engagent leur énergie et leur talent chaque jour pour leurs valeurs.

Nous sommes la France. Nous avons étonné le monde il y a 30 ans avec Ariane, avec TGV, avec Airbus. Mais que faisons nous pour les 30 années qui viennent ?

C’est le rôle des politiques que de prendre ce risque, d’emmener des nations, de créer le mouvement, comme le fit comme le fit Kennedy.

Ecoutez ce qu’il disait en 1962 :

« Nous choisissons d’aller sur la Lune. Nous choisissons d’aller sur la Lune dans cette décennie et de faire d’autres choses encore, non parce que c’est facile, mais bien parce que c’est difficile, parce que ce but servira à organiser et mesurer le meilleur de nos énergies et de nos savoir-faire, parce que c’est un défi que nous sommes prêts à relever, que nous ne voulons pas remettre à plus tard, et que nous avons l’intention de gagner, et les autres aussi. »

C’est cela la volonté. C’est agir parce qu’on est convaincu d’une chose. Il n’y a pas d’ordre naturel et immuable des choses. Il n’y a pas de fatalité à l’injustice.

L’homme n’est soumis qu’à sa propre raison.

Tant qu’il y aura sur terre des hommes et des femmes qui auront conscience de cela, alors face à l’injustice, face à l‘arbitraire ou à la résignation, face aux violences qui blessent, face à la misère qui ronge, face aux murs qui se dressent, face aux conservatismes, il y aura une flamme qui brûlera dans le cœur de ces femmes et de ces hommes là.

Ils seront là pour changer la société, pour inventer un monde différent, pour innover, pour faire ce qui n’a jamais été fait avant et avoir des rêves toujours plus grands.

C’est cela qu’il faut engager, la volonté politique peut nous emmener là où nous déciderons d’aller. Vers la conquête de nouveaux espaces, le développement de nouvelles villes écologiques, de cités universitaires de la recherche, de l’enseignement, et de la création. Vers la conquête spatiale, la recherche scientifique, la recherche médicale. Vers une société plus douce, plus juste et plus sobre aussi.

C’est vers ces mondes que nous devons tourner la France.

C’est dans cet investissement, dans cette recherche, dans ces équipements que nous devons investir notre travail, notre énergie et nos moyens.

Notre énergie, parlons-en.

Les énergies de demain, voire d’aujourd’hui, c’est l’éolien, le marémoteur, la géothermie et le solaire en réseau, la fin des grandes unités de production d’énergie du 19ème et du 20ème siècle au profit d’un système décentralisé, optimisant la production, la consommation, le transport de l’énergie.

Nous ne voulons plus jamais voir ces matins blêmes où une famille quitte sa maison. Ce matin, où un enfant choisit les jouets qu’il va emporter et ceux qu’il va laisser. Ce matin où la mère veut partir vite pour ne prendre aucun risque avec la santé des siens et où le père ne dit rien et pleure en silence.

Ce matin blême s’appelle Fukushima, ce matin là s’appelle Tchernobyl.

Nous sortirons du nucléaire parce qu’aucun mégawatt ne vaudra jamais plus que la douleur de ce moment-là. Nous sortirons du nucléaire, parce que deux accidents aussi graves sur 300 réacteurs, cela veut dire que si nous n’agissons pas il y aura un jour un accident en France et nous ne voulons à aucun prix voir ces scènes en Bretagne, en Provence, en Alsace où n’importe où et c’est notre responsabilité que cela n’arrive jamais.

Chers amis. Finissons en avec ces temps médiocres et avec cette mauvaise présidence, le sarkozysme n’est qu’un conservatisme, une sorte de balladurisme high-tech, à peine moins clinquant que son modèle en ruine, le berlusconisme. L’alliance des banquiers et de l’artistocratie sur la TNT. La mesquinerie et la mégalomanie filmées 24/24 en télé réalité.

Voyons grand pour la France. Voyons grand pour nous-même. Il faut être à la hauteur.

* *
Arnaud, Martine, Jean-Michel, Manuel, François, Ségolène. C’est vous qui pouvez porter cet espoir. Nous avons travaillé dur pour le faire grandir. Nous avons travaillé pour que vous puissiez vous adresser avec de la force à nos concitoyens.

C’est la deuxième et dernière année où j’interviens à cette tribune en tant que présidente des jeunes socialistes. Nous renouvelons nos équipes peu après les primaires. J’invite d’ores et déjà notre futur candidat ou candidate, l’un d’entre vous, et les autres aussi, à venir célébrer la jeunesse de France avec nous à cette occasion en novembre.

En deux ans, nous avons voulu porter le MJS au niveau de l’enjeu qui est devant nous, gagner enfin.

Avec cette université d’été nous avons formé nos volontaires et nos équipes, un peu sur le modèle des Obama’s camps, nous sommes prêts à agir, prêts à convaincre, prêts pour la campagne auprès de l’un d’entre vous. Chaque jeune socialiste peut s’engager, soutenir, agir pour son candidat, mais le jour venu, c’est la promesse des Jeunes Socialistes, aucun ne manquera pour la bataille qui commence.

Je vous appelle, vous et tous les volontaires, les bénévoles, les militants engagés pour les candidats à aller cherchez les Français, comme ils sont et où ils sont, pour créer l’engouement populaire dans nos primaires !

Allez frapper aux portes, allez sur les marchés, débattez, et allez chercher les électeurs. La force du mouvement populaire qui naîtra des primaires sera le vent qui portera notre candidat dans une campagne qui sera dure et où il portera la responsabilité de rassembler l’équipage, mais aussi de donner une mission à tous ceux qui seront venus participer à l’aventure.

Ensemble, allons passer ce message à nos concitoyens :

Française, Français,

C’est vous qui avez la parole. C’est vous qui par votre travail, par votre créativité, par votre courage, c’est vous qui faites ce pays. C’est à vous que nous donnons du pouvoir avec ces primaires.

Vous qui n’avez jamais eu peur de vous engager dans votre vie, dans notre histoire, dans votre travail, dans des mouvements sociaux, au quotidien, comme bénévoles dans nos milliers d’associations, engagez vous dans le moment démocratique qui vient.

Vos problèmes sont les nôtres.

Français, Venez prendre les pouvoirs qui vous ont été volés.

Venez dire que vous êtes là, prêts pour le changement.

Nous ne sommes là que pour vous, que par vous.

Face aux pouvoirs économiques et médiatiques, face aux officines qui ne reculeront devant aucun coup, notre seule chance de gagner est d’organiser ensemble un véritable déferlement populaire dans les 250 jours qui viennent.

Personne ne sera de trop, à aucun niveau.

Français, ne vous laissez pas égarer par l’abstention ou le Front national. Il y a quelque mois, déjà, je dénonçais la lâcheté politique du FN et de Marine Le Pen.

La lâcheté de celle qui n’a connu que l’ouest parisien, les cabinets d’avocats, l’appareil politique dont elle a hérité, le parachutage électoral et qui n’était pas dans la rue quand les salariés défendaient leurs retraites.

La lâcheté de celle qui préfère les amitiés avec les dictatures arabes aux mouvements démocratiques.

La lâcheté. Et aussi le mensonge. Pourquoi le FN se prétend il “nouveau”, “présentable”, alors qu’il se lie chaque jour avec des dizaines de sites racistes, vomissant le musulman ?

Quand ils se croient tranquilles, les responsables du FN se lâchent.

En quelques minutes après Oslo, nous avons trouvé les propos de l’ancien conseiller de Madame Le Pen, M.Ozon qui expliquait par une vingtaine de tweets le massacre de nos camarades en Norvège par l’augmentation de l’immigration.

En quelques minutes de recherche sur Internet, Madame Le Pen, on vous voit poser avec le sourire aux côtés de jeunes néo-nazis qui ont la croix celtique sur le coeur.

Marine Le Pen, nous allons continuer à chercher. J’invite tous ceux qui n’acceptent pas ce discours de haine, qui veulent casser votre propagande, à prendre contact avec nous, avec cités en mouvement, un des réseaux lancés par les jeunes socialistes, qui va mettre en place un site Internet pour démystifier tous ces mensonges.

La vigilance contre l’extrême droite ne doit pas cesser. Les photos avec les copains néo nazis, les liens entre des sites racistes et le FN, les petits arrangements avec la vérité d’un parti qui ressemble plus à une affaire d’héritage familial qu’à une organisation de défense des ouvriers…

Nous sortirons cela de sous le tapis et nous n’avons peur d’aucune assignation en justice et nous assumerons tout.

* *
Avant de conclure, permettez moi puisque je parle du FN, de parler sans tabou de ce qui fait leur fond de commerce aujourd’hui. Et que Sarkozy nous resservira à coup sur. La question de l’Islam, présentée comme telle, confondue avec toutes les questions de sécurité, d’immigration, ce qui est un piège.

C’est un amalgame que la gauche a raison de dénoncer, parce qu’il est stigmatisant pour toutes celles et tous ceux, qui en raison de leur origine, ne sont plus regardés que comme des musulmans extrémistes, quelles que soient leur conviction et leur conscience.

Mais cela ne doit pas nous interdire de dire qu’il existe des dérives extrémistes religieuses islamistes, comme dans toutes les religions, le christianisme, le judaïsme, l’hindouisme. Nous sommes des laïcs pragmatiques ouverts et exigeants et nous nous n’avons aucune faiblesse face aux dérives extrémistes. Les amis de Tariq Ramadan ne sont que les acolytes musulmans des amis catholiques intégristes de Marine Le Pen.

Nous ne laisserons pas l’extrême droite faire croire que c’est elle qui s’oppose aux intégristes. Les laïcs, c’est nous, la France, c’est nous !

La société française ne sera jamais, jamais dirigée par des visions religieuses. Ni celles qui refusent l’IVG, ni celles qui veulent diviser la société, encourager le sexisme, tolérer la lapidation, théoriser l’homophobie, et vouloir imposer la règle religieuse supérieure à la règle de droit.

C’est clair, nous disons que pour nous, dans la République, le rôle qui compte en tout premier, c’est celui de l’instituteur, et que nous ne confierons jamais l’ordre social aux religieux, pas plus que nous n’acceptons un Président de la République qui affiche ses convictions religieuses.

Nous refusons toute discrimination et nous les combattons. Nous disons non aux contrôles d’identité au faciès, nous disons non aux discriminations à l’embauche et aux salaires. Nous disons oui au CV anonyme, oui à la remise d’attestation lors des contrôles d’identité, oui à la liberté de croire et d’exercer son culte dans de bonnes conditions, nous disons oui à une société ou chaque citoyen a les mêmes droits et a les mêmes devoirs.

C’est clair.
C’est ouvert.
C’est juste.
C’est républicain.

Mes chers amis, j’en termine. Nous relèverons de grands défis.

Nous sommes la jeunesse de France. Enthousiaste et désespérée, en colère et trop résignée, déterminée, heureuse et triste, pauvre sur son compte en banque et riche de son énergie. Notre colère est aussi forte que notre envie, nous voulons mettre tous ces sentiments contradictoires qui nous animent au service du mouvement et nous voulons une société qui nous permette juste de le faire.

Ce sont les forces de la jeunesse, avec ses grands rêves et ses ambitions, ce sont elles qui mettent l’histoire en mouvement.

Il y a quelques jours, il y a quelques mois, encore en ce moment même au Maghreb, ce sont les jeunes qui mirent leurs poitrines face aux chars et aux canons, à la police et aux dictateurs. Rien n’aurait bougé en Tunisie, en Egypte, en Libye si une génération éduquée, débrouillarde, fatiguée des dictatures usées, répressives et séniles ne s’était mise en mouvement.

C’est l’énergie vitale de la jeunesse qui irrigue et qui fait avancer une société. Mais quelle place est faite à cet espoir aujourd’hui en France ?

C’est un crime que de ne pas offrir aux jeunes un autre présent.
Cette génération a de l’or dans les mains, car elle est née avec cette révolution numérique qui change chaque jour le monde. Elle comprend intuitivement ce que bien des élites et des responsables ne voient pas venir. Sans l’énergie de cette jeunesse, une société se meurt.

C’est pour cela que le choix de la France de l’année prochaine sera fondamental : la France doit elle être une société à la retraite ou un pays actif et inventif ?

* *
Les jeunes de Tunis ou de Chicago, de Dakar ou de Madrid, de Tripoli ou de Paris, ont souvent beaucoup plus de choses en commun qu’ils n’en ont avec les pouvoirs économiques, médiatiques, sociaux et politiques qui leur ont souvent refusé la place qui devrait être la leur.

Bien des fois nous avions l’envie d’être à côtés d’eux tant nous aussi nous voudrions renverser le poids que la société française fait peser sur nous.

C’est leur tour et cela devrait aussi être le notre. Il est très difficile de dire que l’on veut le renouvellement sans être accusé de jeunisme ou de volonté de prendre les places. Pourtant les sociétés dynamiques sont celles qui n’ont pas peur de placer des jeunes en situation de responsabilité.

Alors je l’assume, nous voulons cela aussi pour la France, prendre les pouvoirs, économiques, sociaux, politiques, parce que nous aimons notre pays et que nous avons de l’ambition pour lui et c’est pour cela que nous voulons le non cumul des mandats, que nous voulons le renouvellement. Puisque les candidatures aux législatives se jouent en ce moment, je le dis, nous avons des centaines de jeunes militants, dans tout le pays, qui ont le niveau pour être d’excellents députés.

Présentez vous mes amis, partout, allez-y, faites valoir vos chances et vos qualités, c’est légitime, c’est important de le faire, les mandats ne sont pas des propriétés privées, si vous ne le faites pas, si le parti ne vous donne pas ce coup de pouce, on en parlera encore dans 15 ans du renouvellement, alors allons-y vraiment et que 577 talents éclosent !

Chers amis. Nous ne sommes pas dans des temps ordinaires mais tout est possible. Le changement que nous voulons peut arriver. Dans un an, les échéances électorales peuvent changer la face de l’Europe et de l’Amérique.

Chez moi, là où la Loire épouse l’océan, comme partout en France, en Europe, le peuple de gauche attend.

Il ne nous attend pas nous. Il attend l’espoir que nous pouvons allumer dans les cœurs. Il attend que nous changions, que nous transformions.

Nous sommes les socialistes. Nous avons assez d’histoire derrière nous pour savoir que ce qui compte c’est l’avenir que l’on prépare.

Cet avenir, c’est le parcours d’autonomie,
c’est un système universitaire qui sera envié dans le monde entier,
C’est l’accès à la santé pour tous,
Cet avenir, c’est aussi l’encadrement des loyers,
c’est l’augmentation des salaires et la création de centaines de milliers d’emplois d’avenir,
C’est sera l’égalité, enfin, des salaires entre femmes et hommes,
C’est l’attestation de contrôles d’identité.

Mais cet avenir, c’est également la République irréprochable,
le rajeunissement et l’assainissement de la politique,
la fin du cumul des mandats,
la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêt.

Nous sommes les socialistes. Nous serons tous en marche, rassemblés dans quelques semaines pour porter celui ou celle que le peuple de gauche aura choisi, et pour porter avec lui le peuple, l’avenir et l’imagination au pouvoir.

N’ayons jamais le regret de n’avoir pas osé.

Il y a tant de Bastilles à prendre.

Il y a tant d’injustices à faire reculer.

Il y a tant de mondes à découvrir.

Il y a tant de bonheur à rendre possibles sur cette planète.

Newton disait que les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. Soyons ceux qui construisent des ponts, entre les continents, entre les générations, entre les époques.
Rien ne sera impossible si nous le voulons, rien ne nous arrêtera si nous avons l’audace de croire en nous–même.

Le changement, l’espoir, la justice, les temps nouveaux. C’est cela le message que la France enverra au monde le 6 mai 2012.

Préparez le changement: restez informés!

4 commentaires

  1. Joëlle Taillefer

    5 septembre 2011 à 13:44

    Bravo Laurianne, ton message est magnifique. j’espère que les éléphants de ton parti auront eu, comme moi, envie de t’applaudir debout. j’espère que leur coeur en aura été rajeuni car souvent quand je les entends j’ai envie de pleurer en me disant que c’est foutu, qu’on n’arrivera pas à détruire ce monstre hideux qu’est le monde de l’argent, qui est en train de dévorer la planète Terre elle-même et tous ses habitants. Je suis écologiste et je rêve d’une jeunesse qui dise ce que tu dis, qui se mette debout face aux cyniques pour défendre leur planète et leur avenir. j’espère que nous aurons l’occasion de nous rencontrer. Joëlle

  2. Kev

    24 septembre 2011 à 15:34

    Pourquoi le PS ne parle jamais de Défense?? La Défense a toujours été un domaine important pour la France, c’est grâce à François Mitterrand si nous possedons le porte-avions Charles de Gaule, c’est encore grâce à François Mitterrand si la France est dans le club trés fermé des pays pouvant prendre des photos ultra-précises depuis l’espace permettant d’ailleurs à Jacques Chirac de s’opposer à la guerre d’Irak à l’ONU en 2003.
    Pour avoir une diplomatie efficace, il faut une Défense crédible, le monde est tel qu’il est…
    Hélas, depuis que le PS est associé avec EELV, il veut sacrifier notre Défense comme de 1997 à 2002

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