Texte d’orientation proposé par le bureau national et soumis aux amendements des adhérents

TITRE

Nous sommes la génération de tous les défis et de tous les espoirs.

Nous sommes une génération qui n’a connu que la droite. Depuis notre naissance, nous n’avons eu d’autre horizon que la crise, devenue un état permanent servant à justifier tous les renoncements et toutes les régressions. Nous avons grandi dans une société qui cultive la peur et la haine de l’autre, qui cherche à étouffer toute tentative de résistance et toute capacité à penser collectivement une vie meilleure.
Nous vivons dans un monde qui court à sa perte. Un monde néo-libéral dont l’équilibre destructeur repose sur le chômage de masse, la compression salariale, la destruction des ressources naturelles et la production infinie de biens à la durée de vie de plus en plus courte. Un monde dans lequel la démocratie a reculé sous les coups de boutoir du dogme libre-échangiste et de la logique du tout marché. Le capitalisme exclut, exploite et menace la survie même de l’humanité.

Et pourtant nous rêvons et nous avons les moyens de ces rêves. Nous voulons transformer la société. Les uns et les autres nous avons fait, à un moment donné, le choix de l’engagement. Du choc du 21 avril aux manifestations contre le CPE, de l’opposition à la guerre en Irak à celle à la guerre en Afghanistan, du combat contre les OGM à celui contre le nucléaire, de la lutte contre Hadopi à celle contre la Lopsi, de la mobilisation contre la LRU à celle de RESF, de la défense du planning familial à celle de la retraite à soixante ans, nombreux ont été les événements qui ont cristallisé indignations et revendications légitimes, et font que tant de cœurs de notre génération battent aujourd’hui à gauche.

Nous ne voulons plus d’une société dans laquelle une petite minorité, blanche et masculine, parvient à contrôler à elle seule les sphères médiatique, politique et économique.

Depuis dix ans, notre génération a, par ses combats et sa force novatrice, redéfini ce qu’est être de gauche au XXIe siècle. Depuis dix ans, des femmes et des hommes ont eu la volonté de ne rien céder alors que le pouvoir essayait d’avoir, chaque jour, un peu plus d’emprise sur nos vies. Si la sociale-démocratie a failli ces vingt dernière années ; d’autres mouvement ont émergé de l’altermondialisme, à la montée en puissance de l’écologisme, la création culturelle et numérique. En France, en Europe, dans le monde arabe, en Amérique Latine, de nouveaux modes de production et de prise de décisions, ainsi que des liens retrouvés entre les partis politiques et le mouvement social, ont redonné vitalité et sens à une gauche qui ose enfin promouvoir une nouvelle fois une grande transformation.

Nous sommes la génération qui rassemble cette multitude de combats, de résistances et d’espoirs. Une génération qui rassemble toutes les forces militantes, aussi diverses soient-elles, du féminisme à l’écologisme, du syndicalisme aux mouvements de désobéissance civile, des luttes pour les peuples indigènes à celles des paysans, des militants LGBT aux militants du net. Une génération qui, si elle se met en mouvement sera capable de porter la gauche au pouvoir. Il revient alors à la gauche de répondre à ces aspirations, de convaincre ceux qui se sont éloignés de la politique ne croyant plus dans la capacité des hommes à inventer un nouveau monde.

Aujourd’hui nous souhaitons rassembler tous ceux qui font et feront le choix de se mobiliser pour porter la gauche au pouvoir.

Nous souhaitons faire gagner la gauche, pour transformer la société et l’exercice des pouvoirs. Nous le ferons avec détermination, courage et exigence. Pour cela, il nous faudra militer, convaincre et mobiliser autour de nous pour amener dans le combat politique tous ceux qui s’en sont éloignés.

Nous mènerons la campagne du candidat désigné par les Primaires citoyennes avec enthousiasme et envie, mais une fois au pouvoir, la mobilisation se poursuivra tout au long du mandat pour que la gauche gouvernementale n’ignore pas nos aspirations.

Nous voulons une gauche qui porte la démocratie

La démocratie constitue pour nous une fin en soi, car il s’agit de la capacité des citoyens de maîtriser individuellement et collectivement leur destin. Elle doit donc être présente dans chaque lieu de pouvoir et de prise de décisions comme dans les services publics et les entreprises. Nous irons ainsi vers le socialisme démocratique.

La gauche, une fois au Gouvernement, aura comme mission essentielle de rendre les pouvoirs aux citoyens. Aussi, notre démocratie formelle a besoin d’être profondément réformée par l’instauration du non-cumul des mandats, le renouvellement, la parité effective et une représentation parlementaire à l’image de la société, ainsi que par l’avènement d’une 6ème République consacrant la primauté du Parlement et l’indépendance de la justice.

En Europe et dans le monde la démocratie est aussi une nécessité. Nous porterons le renforcement des missions du Parlement européen pour que la voie des peuples soit portée. Nous militerons pour réformer en profondeur l’ONU en mettant fin au droit de veto, en donnant un pouvoir décisionnel à l’assemblée générale de l’ONU qui devrait avoir un contrôle direct du FMI et de l’OMC.

Notre conception de la démocratie place en son sein une vision ouverte, pragmatique mais aussi intransigeante de la laïcité. Aucun culte ne doit être avantagé ou discriminé et chacun doit pouvoir être exercé dans de bonnes conditions.

Le rôle de la gauche est, enfin, de s’assurer que le politique reprenne le pas sur les puissances économiques et financières. Au niveau national comme au niveau européen, le politique doit se rapproprier tous les outils dont il s’est lui-même dépossédé : la possibilité d’utiliser la politique budgétaire et fiscale pour relancer l’économie et combattre les inégalités ; la capacité à faire respecter un juste échange dans le cadre des accords commerciaux internationaux ; la nécessité de réglementer les marchés financiers et d’encadrer les agences de notation. De même, le recours à l’instrument monétaire par une Banque Centrale Européenne soumise à des objectifs de croissance et d’emploi et au contrôle démocratique du Parlement européen nécessite d’être instauré.

Nous voulons une gauche de l’égalité

Nous voulons une gauche qui se consacre à nous faire vivre dans une communauté des égaux. Cela passe en premier lieu par l’égalité dans les conditions d’existence. La gauche devra tout mettre en œuvre pour atteindre le plein emploi, pour augmenter les salaires de manière à permettre à chacun de vivre dignement de son travail et encadrer strictement les hauts revenus afin de s’assurer que nul ne puisse s’enrichir abusivement du travail des autres. Une fiscalité juste, progressive et fortement redistributive des personnes comme des entreprises devra être instaurée. Nous veillerons à ce que le capital soit a minima toujours autant imposé que le travail. Nous mettrons tout en œuvre pour que chaque travailleur retrouve sa dignité et ses droits : en étendant le droit du travail pour faire face aux nouvelles pénibilités et en garantissant à chaque citoyen l’accès à la sécurité sociale.

Nous voulons une gauche qui lutte contre tous les formes de déterminismes sociaux afin de permettre aux individus de s’émanciper. C’est à la société de garantir l’autonomie à chacun. Celle-ci ne peut être garantie que par des droits collectifs qui préviennent, protègent et assurent qu’aucun citoyen ne puisse perdre une partie de sa liberté.

Une gauche qui assure le même accès et la même qualité des services publics que l’on vive en centre ville, dans un quartier populaire ou dans le monde rural. Une gauche qui garantisse à tous l’accès aux soins et fasse de la prévention une priorité. Une gauche qui s’engage dans une action résolue pour garantir un logement sain et décent, maîtriser le coût du logement et lutter contre l’insalubrité

Nous voulons une gauche qui mette fin à toutes les discriminations, qui porte avec courage et l’égalité entre tous les amours, entre les genres et entre tous les citoyens quelles que soient leur origine réelle ou supposée, leur croyance, leur lieu d’habitation, ou la couleur de leur peau.

Nous voulons une gauche qui garantisse à chaque citoyen de pouvoir fonder une famille, partir en vacances, avoir accès aux loisirs et à la pratique sportive. Parce que les progrès techniques, les gains de productivité, l’amélioration des conditions de vies doivent servir le progrès social et permettre la réduction du temps de travail. Nous voulons une gauche qui permette à tous de profiter de la vie et d’avoir du temps pour soi et ceux qu’on aime.

Nous voulons une gauche qui permette de réussir. Une gauche qui place les services publics au cœur de ses politiques d’égalité, notamment par une gestion commune avec les citoyens usagers. Une gauche qui engage une révolution pédagogique de la maternelle à l’enseignement supérieur et qui donne, les moyens au système éducatif pour corriger les inégalités. Une gauche qui permette à chaque jeune de s’accomplir, de réaliser ses projets, de reprendre une formation, de s’émanciper grâce à un parcours d’autonomie universel et individualisé.

Nous voulons une gauche écologiste

Nous voulons une gauche qui assume ses responsabilités face aux défis écologiques auxquels notre génération est confrontée : le dérèglement climatique, la diminution drastique de la biodiversité, la hausse de la salinité des océans, la crise alimentaire mondiale ou encore l’épuisement des terres arables.

Le premier objectif d’une politique de gauche au pouvoir est de prendre toutes les mesures nécessaires pour atteindre l’objectif de diminution de 30% des gaz à effets de serres d’ici 2020, soit une diminution d’au moins 20% entre 2012 et 2017.

Nous avons besoin d’une gauche qui sache dénoncer les dangers du productivisme, qui affirme que la croissance du PIB n’est pas la mesure de toutes choses, et surtout pas celle du bonheur. Une gauche qui mette les moyens nécessaires, au niveau budgétaire et fiscal mais également par le biais de normes et de barrières douanières, pour promouvoir un modèle de développement à faible consommation d’énergies et de matières premières, et à forte teneur en emplois. Une gauche qui lance une politique de réindustialisation et de relocalisation en France et en l’Europe, notamment à l’aide d’une banque publique d’investissement.

Nous avons besoin d’une gauche audacieuse pour affirmer que le toujours plus n’est pas tenable. Notre politique énergétique reposera d’abord sur les économies d’énergies, sur une action volontariste pour sortir du nucléaire et du tout pétrole, par l’instauration d’un maillage serré du territoire de petites unités de production d’énergies s’appuyant sur tous les modes de production : éolien, solaire, biomasse, micro-barrage, géothermie.

Nous savons que le coût de l’inaction serait bien plus élevé et inégalement réparti que celui d’une action résolue, choisie démocratiquement et donc socialement acceptée. C’est cela l’écologisme socialiste : un ensemble de choix qui nous mèneront vers une société plus sobre, plus juste et plus démocratique.

Nous serons la génération de la victoire, nous serons une génération exigeante.

Notre génération souhaite prendre toute sa part dans la construction de cette société et de ces changements. Car la politique ne sera jamais, pour nous, synomyme de renoncement.

Nous voulons être partie prenante de tous les cercles de décisions et y apporter nos compétences, nos talents, notre dynamisme.

Nous serons aux côtés du gouvernement pour faire plier les forces de l’argent et de la réaction quand elles s’opposeront à notre ardeur réformatrice.

Nous serons la génération qui interpellera les ministres, qui demandera des comptes. Nous porterons les aspirations de notre génération dans chaque loi en préparation et veillerons à ce que les parlementaires en tiennent compte. C’est aussi cela, organiser la prise des pouvoirs par les jeunes de France.

Nous inventerons un nouveau rapport de la gauche au gouvernement avec le mouvement social

Nous ne pourrons maintenir dans la durée notre ambition réformatrice que si nous sommes en phase avec le mouvement social. Infatigable garant du combat pour l’égalité et la justice sociale, le mouvement social met en lumière les nouvelles aspirations face auxquelles une gauche confrontée aux difficultés du pouvoir pourrait être tentée de fermer les yeux.

***

Nous sommes cette génération-là. Nous sommes cette gauche-là
Nous somme prêts à nous mobiliser pour gagner, prendre les pouvoirs et réformer avec radicalité, exigence et ténacité.
Nous souhaitons agréger et donner sa place à chacun dans ce mouvement.
En 2012 notre génération peut le dire : la gauche c’est nous, la France c’est nous.

Préparez le changement: restez informés!

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