Les Etats-Unis perdent leur AAA : il est désormais temps de mettre fin à la toute-puissance des marchés

Il ne s’agit pas cette fois d’un « petit pays » ; l’agence de notation Standard and Poor’s a aujourd’hui abaissé la note des Etats-Unis de AAA à AA+.

Les arguments condescendants à destination de pays que certains aimaient à caractériser comme les « pays du Club Med », forcément mal gérés, ne tiennent plus ; les agences de notation font ce à quoi elles sont programmées : noter les Etats comme des entreprises, en leur demandant de pouvoir rapporter à leurs créanciers autant qu’une entreprise cotée sur les marchés. Et puisqu’Obama a refusé aux Républicains une baisse drastique du budget fédéral, les marchés se chargent donc de les suppléer, via les agences de notation.

Cette mise sous pression des Etats par les marchés économiques doit cesser ! Les dirigeants politiques doivent avoir une attitude volontariste vis-à-vis des marchés, et se donner des marges de manœuvre politiques ; les Banques centrales (notamment la BCE) doivent pouvoir racheter solidairement les dettes souveraines pour concurrencer les marchés au niveau des taux d’intérêt à la baisse. La dette des états ne doit plus être soumise à la spéculation !

L’Europe doit être en pointe, alors que les maigres compromis sont déjà dépassés : les rachats de dette des pays européens doivent être mutualisés, l’euro doit devenir un outil de relancer de l’économie (en abaissant son taux sur les marchés de change), et un plan de relance européen massif doit être lancé au plus vite. Il est nécessaire de mettre en place un véritable budget européen, dont l’objectif serait le financement d’une politique planifiée de retour au plein-emploi (notamment par des emplois durables et la mise en place de services publics européens). Enfin, nous devons mettre fin à la mise en concurrence des protections sociales par un tarif extérieur commun aux frontières de l’Union européenne.

Dans l’état actuel, l’austérité budgétaire imposée par les dirigeants européens et la hausse des taux d’intérêt de la banque centrale dans son objectif de lutte contre l’inflation finira par tuer la demande intérieure européenne.

Les Jeunes Socialistes l’affirment : quand la gauche reviendra au pouvoir en 2012, nous ne laisserons pas les marchés décider de notre politique économique. Notre projet politique ne plaira pas à ces agences, qui ne jurent que par la réduction des budgets publics, les coupes dans les emplois publics et la modération salariale. Nicolas Sarkozy a la volonté, avec le débat sur la règle d’or, qu’il doit être le candidat de Standard and Poor’s.

L’élection présidentielle de 2012 se jouera sur la capacité de la gauche a rappeler que les politiques d’austérité n’ont jamais relancé l’économie, contrairement aux politiques publiques d’ampleur.

Préparez le changement: restez informés!

2 commentaires

  1. Yacine

    6 août 2011 à 20:41

    Pourtant ce n’est l’avis ni de François Hollande, ni de Martine Aubry…

  2. Julien

    7 août 2011 à 15:38

    Demander à la banque centrale européenne de racheter les dettes souveraines afin de disposer d’un seul et unique taux d’intérêt revient ni plus ni moins à appliquer aux états le principe néfaste de la titrisation, cad le fait de mélanger les bons actifs avec les mauvais actifs et présenter le tout, sous un beau papier cadeau, aux marchés financiers en leur disant « regarder comme cet ensemble est sain ».
    Désolé mais cela ne servira à rien et ça ne contribuera qu’à déplacer et aggraver le problème.
    Pour le reste, je suis d’accord sur la dénonciation des politiques d’austérité mais alors pourquoi diable soutenez-vous tous ces dirigeants du PS qui ont donné leur accord à plusieurs reprises sur les plans d’austérité de la Grèce?
    Vous voulez vous libérer des marchés financiers, très bien. Dans ce cas-là commencez par dénoncer le principe de création monétaire issu de la loi de 1973. Continuez en dénonçant la politique de dérégulation du secteur financier votée main dans la main à Bruxelles par le PPE et PSE, enfin portez une réflexion sur les principes de libre-échange intégral.

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