Sécheresse: un nouveau modèle agricole pour relever le défi climatique

Des températures supérieures de 2,6 degrés aux moyennes, des précipitations atteignant à peine 45% des niveaux habituels : la sécheresse qui règne en France et en Europe depuis 2 mois est historique. Tous les médias relèvent le caractère exceptionnel de ce phénomène naturel, sans toutefois souligner l’importance politique du problème. La politique serait-elle totalement démunie face à ce risque? Nous devons pourtant être à la hauteur des enjeux: c’est une crise agricole, c’est une crise climatique, c’est une crise de l’eau.

Les jeunes socialistes dénoncent les décisions contradictoires d’un gouvernement dépassé dans sa politique agricole: libéraliser les prix puis s’inquiéter de l’augmentation du prix du fourrage, c’est absurde. Néanmoins, les jeunes socialistes soutiennent la volonté tardive d’enfin organiser le prix du fourrage. En effet, quand on perd 20% d’une récolte en blé, c’est 50% de fourrage en moins pour des éleveurs mis en difficulté. Défendre les agriculteurs après avoir sorti en 2009 les grandes cultures des bénéficiaires du Fonds National de Gestion des Calamités Agricoles, c’est persister dans l’incohérence et l’inconséquence! La droite doit sortir des mesures gadgets et des grands discours qu’elle aime tant. L’enjeu climatique et la souveraineté alimentaire ne se nourrissent pas de bons mots ou de subventions saupoudrées, mais nécessitent de véritables changements.

Pour les Jeunes socialistes, cette sécheresse réclame une véritable reconversion écologique de l’économie pour la “décarboniser” et ainsi lutter contre le dérèglement climatique. Le développement des transports en commun, le changement radical de nos modes de production, sont incontournables. Le changement de modèle agricole l’est tout autant.

En effet, la sécheresse est aussi révélatrice d’une agriculture productiviste utilisant trop d’eau: il faut généraliser le goutte à goutte comme mode d’irrigation plus économe, implanter des cultures plus efficientes en eau grâce à la recherche agronomique que nous soutenons et souhaitons développer. Gérer l’eau, c’est aussi favoriser des jachères végétalisées qui reconstruisent les nappes phréatiques et maintiennent les sols, diversifier les cultures en utilisant par exemple plus de sorgho, moins consommateur d’eau, que de maïs. C’est également déployer une politique forestière ambitieuse pour nourrir les sols, limiter la transformation des produits agricoles en éco-carburants qui ne sont pas une solution énergétique durable, et défendre les petits exploitants.

Les jeunes socialistes soutiennent une agriculture paysanne, qui bénéficierait d’une assurance contre les risques naturels (seulement 30% des agriculteurs peuvent aujourd’hui accéder à une assurance privée), soutenue par l’Etat et abondée par les firmes agro-alimentaires dont les prix bas mettent les agriculteurs à genoux. Nous voulons également soutenir les circuits courts, grâce aux commandes publiques et en favorisant les AMAP qui rapprochent les consommateurs et les producteurs, payés à l’avance. Nous proposons aussi aux collectivités territoriales de gauche de lutter contre le mitage résidentiel en réservant des terrains à l’agriculture dans les périphéries urbaines.

Les jeunes socialistes dénoncent l’insuffisance flagrante des mesures annoncées par la droite pour gérer la sécheresse. Le G20 agricole qui se déroule fin juin doit être l’occasion de changer de modèle agricole, notamment en sortant l’agriculture de l’OMC et des accords de libre-échange et en favorisant la souveraineté alimentaire des pays du sud dans nos politiques de coopération.

> Retrouvez le dossier complet des Jeunes Socialistes sur l’agriculture

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