Dossier : Consommer autrement

Aujourd’hui, en 2011, notre droit à l’avenir, à une vie décente, est en péril. La société du tout-consommation accroît les inégalités à toutes les échelles et menace notre planète dans ses équilibres climatiques et dans sa biodiversité : le point de non-retour environnemental est atteint et l’accumulation dans l’atmosphère de dioxyde de carbone CO2 engendrerait d’ores et déjà des conséquences irréversibles pour le prochain millénaire.

En effet, nous consommons trop de viande, de blé, de poisson : un tiers de la production céréalière passe dans la nourriture des animaux pour nourrir les pays développés, alors que deux milliards de personnes sont mal ou pas assez nourries. Nos ressources halieutiques, la biodiversité s’épuisent tandis que l’agriculture productiviste pollue de manière durable l’eau et le sol. Nous? En fait, pas tout le monde, mais une partie de la planète, et une partie de la population, qui laisse de côté des « exclus » de la consommation frustrés par un système productif, et un marketing productiviste.

Notre vie quotidienne est basée sur l’économie du jetable, sur un excès d’emballage, sur des produits bancaires et publicitaires qui poussent constamment à consommer plus et plus souvent. La question de la consommation, et donc de notre modèle de développement, devient donc centrale quand le mode de vie occidental ne devient accessible pour l’ensemble de la planète qu’au prix de sa dégradation irrémédiable. Il faut changer, diminuer l’empreinte écologique de nos modes de consommation, revoir les règles de l’économie, encadrer, amoindrir les mécanismes de la société du « tout-consommation », c’est l’objet de cette boite à outils « consommer autrement ».

Ce support se veut outil de réflexion et d’action. Alors saisissez-vous de ces problématiques, répondez aux aspirations de nos concitoyens en suscitant un débat sur la publicité, sur les modes de consommation, en menant une action coup de poing avec des associations, collectifs, et ensemble lutter contre le gaspillage énergétique ou défendre les droits des consommateurs. Des fiches de lecture, des articles sur l’emballage et le recyclage, sur l’éco-conception, sur la croissance, au service d’un nouveau modèle de développement qui intègre Nords et Suds vous permettront d’alimenter le débat. Mais ce nouveau modèle passe aussi par une autre fiscalité de la consommation qui serait progressive et donc socialement juste, par un encadrement de la publicité et du crédit pour en finir avec le monde du jetable, de l’éphémère, de l’ostentatoire.

C’est donc bien une révision globale de nos pratiques à laquelle nous appelons. Définir des critères pour une croissance qualitative, c’est l’enjeu d’une économie sociale : une entreprise ambitieuse, mais tellement enthousiasmante.

Préparez le changement: restez informés!

2 commentaires

  1. staebel

    21 juin 2011 à 11:56

    « Consommer autrement ». Quelques réactions terre à terre
    Ravie que des idées qui ont maintenant quarante ans débarquent enfin à l’université.
    Merci pour les références: parmi les milliers de chercheurs qui planchent la dessus depuis des années, on a enfin accès à un économiste et un financier !
    J’habite un petite ville de province sur la frontière allemande: l’écologie est une réalité plus profonde et plus ancienne en Allemagne qu’en France: respect de l’environnement visible et palpable dans le mode de vie, les vêtements, l’alimentation, le système éducatif, autrefois relayé par la police(avant « l’Europe », jeter un papier dans la rue en Allemagne était passible d’une amende). L’expérience allemande, pourquoi ne pas y faire plus directement référence.
    Le système éducatif: des exemples plus proches des gens. Ex: les collèges où des tonnes de nourriture passent à la poubelle tous les jours; des salles entières équipées d’ordinateurs tout neufs dont personne ne se sert; des enfants qui sont plus souvent à l’infirmerie qu’au CDI; la journée des enfants rythmée par un extrait musical du film « l’Exorciste » en guise de sonnerie…Les enfants équilibrés sont de plus en plus rares, ils sont filiformes ou obèses(consommation de sucre équivalente à la consommation de produits détergeants décapants désinfectants; aucune endurance à la souffrance, consommation de médicament au moindre bobo…)
    Un enthousiasme urgent: tous ces textes sur internet, qui les lit? Il faut trouver des gens de terrains qui connaissent ces sujets et qui n’ont pas peur d’en parler. A l’automne dernier, au moment du lancement de  » La nouvelle Charte internationale et européenne », nous étions en moyenne 90 personnes en ligne, sur une populatione 60 millions d’habitants… regrettable car on avait vraiment l’impression de comprendre quelque chose: les invités asiatiques,indiens,africains,sud américains, canadiens…etc discutant avec des européens, sans mise en scène et sans falsification ! L’événement n’a pas du tout été relayé par les média. On a besoin de représentants avec des attitudes qu’on a envie d’adopter et un langage qu’on a envie d’imiter: logique, cohérent, instruits et respectueux, des gens capables de soutenir l’alternative à l’american way of life: dans le film  » The social network », on découvre un monde dont bien des gens ignore l’existence.
    Avec mes cordiales salutations

  2. Benjamin

    28 juin 2011 à 19:40

    Merci, chers amis Jeunes Socialistes pour la référence en page 16 à
    Eugène Schuller, ça m’aurait fait rire si ce monsieur n’était pas connu
    pour certaines activités collaboratrices pendant l’Occupation. Si j’étais de droite, je l’utiliserait contre vous en débat. Heureusement pour vous, ce n’est pas le cas.

    Benjamin

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