Lutter contre l’homophobie sans relâche

Par le refus d’ouvrir le mariage et l’adoption, la droite laisse subsister l’idée que l’homosexualité serait inférieure à l’hétérosexualité et crée ainsi les conditions d’un manque d’estime de soi chez les jeunes découvrant leur orientation sexuelle. Cela conduit à une plus grande vulnérabilité face au suicide et à un relâchement de la vigilance à l’égard du sida et des autres IST.
Pourtant, il n’est pas acceptable que dans la France de 2012, un jeune homosexuel ait 13 fois plus de risques de se suicider qu’un jeune hétérosexuel de même âge et de même condition sociale !

Les remparts juridiques contre les discriminations doivent donc être renfoncés. Pour rendre plus efficace la répression des discriminations, la charge de la preuve dans les cas liés au sexe, au handicap, à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre doit être aménagée, à l’instar de ce qui existe en matière de lutte contre le racisme. En modifiant l’article Premier de la Constitution, il s’agira, en énonçant que la République française « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de religion, de sexe, d’orientation sexuelle ou d’identité de genre », d’élever l’objectif d’égalité au sommet de la hiérarchie du droit français.

De la même façon, l’Etat doit mettre fin à la discrimination officielle opérée vis-à-vis du don du sang. Ce sont les comportements et pratiques à risques qui doivent faire l’objet d’une interdiction du don. Pourquoi exclure toute la population d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) de ce droit sans se fonder sur des critères objectifs ? la seule conséquence est la stigmatisation, ce qui n’est pas acceptable.

Les associations, qui ont l’expertise du terrain, sont souvent les premières aux côtés des victimes. Elles doivent avoir une vraie place au sein de la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE), qui ne doit pas disparaître. En effet, elles doivent avoir les moyens de jouer officiellement leur rôle d’alerte et de sensibilisation aux côté d’une institution républicaine.

Il faut également prendre la mesure du rôle de l’éducation et de la formation. La lutte contre toutes les discriminations doit être un objectif pédagogique, en refondant notamment l’enseignement de l’éducation aux sexualités, et en ouvrant les établissements à l’intervention des associations, qui doivent être plus nombreuses à recevoir les agréments nécessaires. De même, l’homosexualité ne doit plus être un sujet tabou dans les manuels scolaires, notamment en Histoire et en Littérature. Des formations spécifiques des personnels à la lutte contre les discriminations doivent être assurées dans toutes les administrations (éducation nationale, police, gendarmerie, justice, santé…). Ces formations doivent également s’adresser aux responsables du personnel, pour agir plus efficacement contre les discriminations sur le lieu du travail.

Préparez le changement: restez informés!

1 commentaire

  1. Nicolas

    18 mai 2011 à 22:01

    Je conseil le court-métrage « Si j’avais su… » qui traite de l’homophobie : http://www.bretagne.fr/internet/jcms/preprod_95063/un-court-metrage-contre-l-homophobie?lg=fr&customcid=TF071112_5043

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