Vidéosurveillance

Alors que la droite instrumentalise la question de la sécurité, Dans ce contexte, la vidéosurveillance, apparait aux yeux de l’opinion publique comme une solution envisageable (71% d’entre eux y sont favorables).
Sans étude française indépendante, l’historique du Royaume-Uni permet un premier constat. Les études démontrent l’échec total des politiques de généralisation de la vidéosurveillance, pour des raisons d’efficacité, rapporté à son coût exorbitant.

Le pouvoir de dissuasion apparait comme très faible du fait de la typologie des actes de délinquance. En effet, on distingue les délits « spontanés », qui sont souvent liés à un état d’ivresse, des actes préparés et organisés qui se diffusent dans les zones non surveillées.

La faculté d’intervention rapide des forces de l’ordre est également remise en question. La difficulté de communication avec les agents sur le terrain et le flux très important d’images rend la constatation, la communication et l’intervention trop lente, par rapport à un acte délictuel que ne dure que quelques minutes voir quelques secondes.

La capacité de résolution des affaires à été, de même, surévaluée. Les conditions de l’environnement (luminosité, distance, résolution…) rend la distinction du visage difficile. Au Royaume Uni, pays équipé du plus vaste système du monde, Scotland Yard évalue à seulement 3% les délits résolus grâce à la vidéosurveillance.

Sur le sentiment d’insécurité, la présence d’une caméra était sensée rassurer les personnes surveillées, or, il a été démontré que la vidéosurveillance a un effet nul voir contreproductif car la présence de la caméra ne fait qu’accroitre la crainte et le sentiment de dangerosité d’une zone.

Au regard du constat d’inefficacité, il apparait que son coût est prohibitif. On estime à 20000€ l’installation d’une caméra, à ajouter aux coûts de fonctionnement. Pour l’exemple, la chambre régionale des comptes de Rhône-Alpes estime à 3 millions d’euros le budget annuel de la vidéosurveillance à Lyon, ce qui pourrait représenter environ 100 emplois municipaux.

30 millions d’euros de l’État en plus des sommes allouées par les collectivités locales servent donc à financer une solution inefficace. Utilisons ces ressources pour des politiques sensées.

Augmenter les moyens humains (police municipale, médiateurs, éducateurs,…) qui peuvent régler les conflits quotidiens de manière bien plus efficace.

Organiser la présence policière autour des lieux prioritairement concernés par des faits de délinquance et adaptation des horaires de patrouilles. Cette organisation doit s’adapter, suivant l’évolution de la délinquance sur le territoire.

Changer la doctrine d’emploi des policiers en passant d’une logique de projection à celle de présence permanente dans les territoires notamment en généralisant l’implantation d’une « Police du quotidien » avec des gradés sur le terrain.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes dénonce la politique de réduction des effectifs des forces publiques (9127 postes depuis 2007), ainsi que les objectifs chiffrés qui leurs sont imposés, les éloignant d’autant des problématiques de sécurité locales.

De plus, nous déplorons la politique de promotion de la vidéosurveillance menée par le gouvernement, qui tend à cacher l’absence toujours plus flagrante de présence humaine sur la voie publique.

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