Un nouveau Bretton Woods

Depuis 2008, la refondation d’un nouvel ordre économique mondial constitue le leitmotiv des dirigeants de la planète. Cependant les rivalités entre les puissances et les logiques à court-terme ont déjà repris l’ascendant. Nicolas Sarkozy, pendant quelques jours promoteur de la taxation financière, n’a cessé depuis son élection de mener une politique économique et sociale au service des actionnaires. Ignorer la coopération, penser d’abord à sa nation sont incompatibles avec la recherche de la stabilité économique mondiale.

C’est une faute conceptuelle: considérer que poser le problème au sein du G20 fera avancer la solution. Les Etats-Unis et la Chine discuteraient ensemble, le gendarme FMI surveillerait, on intégrerait pleinement le yuan dans le système monétaire international et l’harmonie viendrait. Non! Purement individualistes, les Etats-Unis continuent leur politique de relance par le déficit et continuent leur politique monétaire destructrice pour les autres Etats. Les gouvernements européens sabordent toute action possible de l’Union européenne. Enfin, la Chine maintient sa stratégie d’exportation sans réévaluer sa monnaie, de peur de devoir ouvrir son système bancaire. Par cette guerre monétaire, la crise financière et ses conséquences sociales perdurent.

La faute politique? Considérer que les institutions internationales, dans leur forme actuelle, peuvent avoir une influence positive dans la résolution de cette crise globale. Avant celle-ci, le FMI n’était plus qu’une institution discréditée. Ses politiques aveugles, issues du consensus de Washington, n’ont eu pour seul effet que de privatiser le monde au lieu de travailler à un développement démocratique et durable. Incapable de prévenir la crise financière, le Fonds participe aujourd’hui aux plans d’ajustement structurel brutaux au cœur même de l’Europe. A côté, l’OMC a institutionnalisé le dogme libre-échangiste dans les négociations commerciales sous couvert de démocratie. L’échec du cycle de Doha en est la preuve, cette institution est incapable de mettre en place une réflexion globale ou un cadre au commerce international.

Une réforme du système monétaire est urgente. Face à l’incapacité du système à endiguer la crise, il nous faut aller vers un nouveau « Bretton Woods » prenant en compte la coordination entre zones monétaires et la diversification des devises utilisées dans le commerce international pour réduire les déséquilibres économiques mondiaux. Cette réforme doit s’accompagner de l’apparition d’une véritable démocratie mondiale où l’ONU a la première place. Son pouvoir devra être renforcé, le droit de veto abandonné et le conseil de sécurité élargi. L’obligation faite au G20 de collaborer avec l’organisation universelle permettra à ses institutions spécialisées, telle l’OIT mais également, aux pays en développement, de prendre part aux négociations. Enfin, la régulation de la finance internationale doit revenir au cœur des débats. La taxation des opérations spéculatives, la suppression des paradis fiscaux, la lutte contre le gigantisme des établissements bancaires sont autant d’outils qui lutteront contre le capitalisme débridé pour financer celle contre la pauvreté mondiale.

Les urgences sociales ne pouvant plus attendre, les jeunes socialistes seront aux côtés de la société civile à Deauville pour la réunion du G8, et parce que nous croyons dans la vertu de la coopération, nous travaillerons avec les autres organisations membres d’ECOSY sur une résolution européenne pour un nouveau Bretton Woods.

Préparez le changement: restez informés!

1 commentaire

  1. Igor Louboff

    15 mai 2011 à 21:21

    Cet article mériterait d’être révisé, il comporte plusieurs erreurs et quelques incohérences, parmi lesquelles :

    1. La politique actuelle de relance par le déficit mise en œuvre par le gouvernement américain serait « individualiste ». Pour quelles raisons ? Il s’agit d’une ligne purement keynésienne visant notamment à lutter contre le chômage conjoncturel lié à la crise actuelle. Les principales critiques d’une telle politique proviennent généralement du côté des républicains américains, il est donc étrange de lire la même ligne sur un site socialiste.

    2. La politique monétaire américaine serait « destructrice pour les autres états ». A nouveau, pour quelles raisons ? La Fed (banque centrale américaine) maintient ses taux d’intérêt aux plus bas niveaux (le contraire risquerait d’entrainer des conséquences néfastes pour les américains et tous leurs partenaires commerciaux) et a eu recours à des outils monétaires non conventionnels (‘quantitative easing’) afin de favoriser la reprise économique. Le problème monétaire actuel se situerait plutôt du côté chinois (maladroitement mentionné dans l’article), dont les autorités publiques sont suspectées de manipuler le yuan à la baisse afin d’augmenter leurs exportations, participant ainsi au renforcement des déséquilibres commerciaux mondiaux.

    3. Le FMI imposerait aujourd’hui des « plans d’ajustement structurel brutaux au cœur même de l’Europe ». Les interventions du FMI en Grèce ou en Irlande ne sont pas comparables aux interventions de l’institution menées dans les années 80s et 90s (dont les politiques ont, elles, eu des conséquences désastreuses pour la plupart des pays ‘bénéficiaires’). Il est important de discuter des mesures actuellement imposées par le FMI en Europe (ou ailleurs), mais la caricature d’un FMI destructeur ne devrait pas avoir sa place dans un débat constructif.

    D’autres points mériteraient d’être revus dans l’article, leur accumulation voilant et discréditant le message central de l’article : un appel à la réforme de l’ordre économique mondial de façon générale, et du système monétaire international en particulier.

    La gauche souffre d’un déficit de crédibilité en matière économique –un déficit risquant d’être mis en avant durant les présidentielles-, il est donc important que les messages transmis par l’ensemble ses membres prouvent que cette image n’est pas justifiée.

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