Séisme au Japon: solidarité et inquiétude

Le Japon connaît depuis quelques jours le plus grand séisme de son histoire, et sa plus grande catastrophe nationale depuis la Seconde Guerre Mondiale. Frappé par un séisme de magnitude 8,9 suivi d’un tsunami dévastateur qui a fait des milliers de morts et de disparus, le Japon doit pouvoir bénéficier de la solidarité internationale dans les plus brefs délais. Le bilan en pertes humaines est moins élevé que pour d’autres séismes, comme en Thailande en décembre 2005, ou à Haiti l’an dernier, du fait du respect de nombreuses normes anti-sismiques au Japon, ce qui est impossible dans les pays en voie de développement. Cette catastrophe doit nous faire réfléchir aux inégalités face aux risques naturels. Les jeunes socialistes sont de tout cœur avec le peuple japonais, avec les milliers de personnes qui se retrouvent sans logis, ou qui ont perdu des proches.

Le Japon vit aujourd’hui dans la crainte d’un accident nucléaire majeur, après l’explosion qui s’est produite à la centrale de Fukushima, dans le réacteur numéro 1. 11 réacteurs sur 55 sont aujourd’hui arrêtés et des incidents ont été signalés dans 3 centrales, notamment du fait de systèmes de refroidissement en panne. Le débat sur le nucléaire civil, dans le monde entier, resurgit. La menace nucléaire se confirme contrairement aux affirmations des Autorités de sûreté nucléaire, qui tentent de nous rassurer en éloignant l’hypothèse d’un risque nucléaire majeur. Nous devons prendre part à ce débat, qui a de multiples aspects, environnementaux, économiques, géopolitiques, dans la dignité que requiert un drame de cette ampleur.

Le risque zéro en matière nucléaire n’existe pas. Dans un tel contexte, après la crise qui ébranle le Japon, nous demandons au gouvernement d’ouvrir un débat démocratique et transparent en France, sur les installations nucléaires et les politiques énergétiques. Le nucléaire n’a jamais été une énergie sûre, la question des déchets, notamment, n’a pas de solution connue et pourtant il n’a jamais fait débat en France. Nous pouvons en effet être confrontés à tout moment à un risque similaire. C’est un enjeu démocratique considérable qui s’ouvre à nous: il faut débattre de la diversification de nos sources d’énergie et de la recherche d’alternatives au “tout-nucléaire” (78% de l’électricité produite). Panneaux photovoltaïques, champs éoliens, développement de la biomasse, tout ceci demande des investissements aujourd’hui en recul, alors que la France était moteur de la recherche solaire dans les années 70.

Le MJS réclame un débat sur la politique énergétique de la France. Lutte contre les conflits d’intérêt, transparence, information totale des citoyens, levée du secret défense, mais aussi investissements massifs dans la réduction de la consommation énergétique (isolation thermique des logements, normes de production des appareil électro-ménagers) doivent être à l’ordre du jour. La diversification des sources d’énergie doit être une priorité, tout comme un débat sur la pertinence du nucléaire qui est une spécificité française.

Les jeunes socialistes veulent, dans l’immédiat, voir plus de moyens investis dans la prévention des risques technologiques, notamment dans les centrales. En effet, les accidents sont nombreux et la question de la gestion des déchets fait débat à l’échelle européenne. Ce débat est un impératif démocratique: nous devons réduire le poids de nombreux lobbies qui monopolisent le débat tels qu’AREVA, le Commissariat à l’Energie Atomique, EDF ou encore les anciens réseaux de l’école des mines, de l’école polytechnique ou des Ponts et Chaussées). C’est enfin un enjeu environnemental, pour répondre aux enjeux climatiques de demain en remettant la puissance publique au coeur des politiques énergétiques.

Préparez le changement: restez informés!

2 commentaires

  1. hugo

    15 mars 2011 à 01:41

    Je crois effectivement qu’il faut relancer la recherche dans les énergies dites renouvelables.Areva et EDF notamment ont les moyens de marquer ce virage historique.Dommage que les investissements à ce niveau ne sont pas à la hauteur de ce qu’on attend.Les gouvernements à venir doivent absolument pencher dessus.

    Je pense que la solution réside dans la diversification des sources d’approvisionnement en énergie de ce pays.Par ailleurs,la sûreté nucléaire est une filière qui doit être renforcée.Le problème de déchets nucléaires étant suffisamment épineux,une Agence Mondiale ou Internationale de Sûreté Nucléaire doit voir le jour afin de fixer des normes de construction et sécuritaires standards.

    Les 58 réacteurs français doivent être modernisés :c’est fou d’aller s’occuper des centrales nucléaires d’autres pays lorsque les nôtres commencent à laisser à désirer.

  2. Fabien

    19 mars 2011 à 19:05

    Plus de moyens pour ceci, plus de moyen pour cela… j’adore! Tout comme le débat démocratique et transparent et la levée du secret défense! c’est vrai disons haut et fort les vulnérabilité des installations sensibles du territoires, comme ça le premier apprenti terroriste saura exactement où frapper! et au prochain avion qui s’écrase nous interdirons le survol du pays! le problème des centrales japonaises est un tsunami, suite à un terrible tremblement de terre, risque pris en compte, mais de manière insuffisante certes! sauf qu’une vague de 11 mètres en France on risque d’attendre encore un peu! de plus la solution existe pour une meilleure sécurité dans le nucléaire: EPR! sinon il reste la bougie et la démagogie, mais là plus d’Iphone, plus de Vespa et plus de Mac! alors arrêtons de vouloir saisir les citoyens de toutes les questions ou tout ce qu’il comprendra sera la peur des démagogues! sinon à quand le retour de la peine de mort!

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