Pour un encadrement des marges

Les interrogations autour des marges – notamment des produits de première nécessité – s’imposent dans le débat, dans le sens où elles soulèvent plusieurs sujets : le pouvoir d’achat, l’étranglement des petits producteurs par la pression de super-centrales d’achats, l’absence de régulation dans les pratiques les plus excessives de recherche du profit de la grande distribution, processus exacerbé par la loi de modernisation de l’économie que nous dénonçons. La gauche est attendue sur ces questions. Pour les jeunes socialistes, il convient que la puissance publique retrouve son rôle central pour assurer une véritable régulation.

L’essor de la grande distribution a fait revoir, depuis maintenant plusieurs décennies, les prix de revente, pour nombre de producteurs et petits fournisseurs, en diminution, mettant en péril leurs activités et leurs conditions de vie au quotidien, comme c’est le cas de nombre d’agriculteurs. En effet, pour la plupart d’entre eux, le poids grandissant des grandes multinationales du secteur agro-alimentaire rend difficile des discussions commerciales équilibrées où seule la règle du plus fort prévaut. C’est ainsi que leurs prix sont à la fois tirés à la baisse pour les producteurs et bien souvent revus à la hausse pour les consommateurs. Ainsi, les intermédiaires accroissent particulièrement leurs marges avant (la forme de marge la plus traditionnelle dans le commerce). Mais ce sont aussi de par ces marges que peut subsister le petit commerce de proximité que nous soutenons.

Toutefois, ce qui doit surtout être revu est le système des marges arrière, avantages financiers différés du fournisseur au distributeur, donc ainsi non intégrées dans les prix de vente aux consommateurs. C’est ainsi que les gros fournisseurs se voient privilégiés au dépens des PME qui paieront évidemment plus cher pour la présence de leurs produits en rayon. Les super-centrales d’achat et les grands distributeurs profitent de leur position de quasi-oligopole afin d’accroître encore et encore leurs marges. A l’évidence, le petit commerce traditionnel, pour jouer sur les prix, peux uniquement agir sur le levier de la marge avant, et ne peut pas ainsi être compétitif. La loi Galland, puis Chatel, instituant le seuil de revente à perte (SRP) n’a pas obtenu les effets positifs pour protéger les petits commerces de la concurrence déloyale de la grande distribution.

Considérant que les marges arrière faussent le calcul des marges réelles, nous proposons la mise en place d’un observatoire des marges, au pouvoir coercitif, véritable outil de sensibilisation des consommateurs sur les pratiques abusives. Nous proposons l’affichage des taux de marges sur les rayons. De plus, nous proposons leur encadrement sur les produits de première nécessité en ce sens qu’elles ne puissent excéder 25% dans la grande distribution. Par ailleurs, concernant les petits agriculteurs, comme les producteurs laitiers aujourd’hui confrontés à une grave crise, nous souhaitons une régulation publique des marchés alimentaires agricoles. L’idée, par le biais de convention par filière, est d’assurer un prix minimum et stable en évitant la volatilité. Pour ce faire, plusieurs outils efficaces sont mis à disposition de la puissance publique, tels que les droits à produire ou quotas.

Il est temps de remettre des règles dans un système où nul ne s’y retrouve – ni les consommateurs, ni les producteurs agricoles, ni les petits commerces de campagne ou de centre-ville – à l’exception des grandes distributions en situation de monopole. C’est à quoi les jeunes socialistes s’engagent en permettant de réarmer la puissance publique.

Préparez le changement: restez informés!

1 commentaire

  1. Christophe Lévêque

    2 avril 2011 à 23:12

    Cet article soulève quelques problèmes et faits intéressants mais je n’ai pas l’impression que c’est grâce à lui que nous allons gagner la crédibilité qui nous manque encore sur les questions économiques.

    Pour les marges (avants et arrières), j’avoue ne rien y connaître ; et une rapide recherche sur internet montre que le système gagnerait à être simplifié.

    Après afficher les marges, pourquoi faire ? On découvrirait que le distributeur extorque les petits producteurs plutôt que les gros, quelle révélation ! Alors espère-t-on un sursaut de nos bonnes consciences ?
    Et quelle définition des marges utiliser ? Prix moins coût unitaire ? Pour un supermarché ne serait-ce pas oublier tout les frais liés à la gestion du magasin, qui sont probablement important et difficile à relier au prix d’un seul article. Attention, je ne voudrais pas être mal interprété : je ne plains absolument pas les distributeurs, qui se font un pognon fou (ce qu’on sait tous déjà), simplement qu’afficher les marges ne va pas apporter de réelles informations au consommateur dans les rayons (ou une information floue et imprécise).
    Quand bien même, que peut faire un consommateur si une marge est trop élevée ? Refuser d’acheter le produit. Pausons nous la question, sur quel type de yaourt Carrefour fait-il la plus grande marge ; Danette (qui a un pouvoir de négociation) ou un petit producteur ?
    Les petits producteurs vont être heureux de notre soutient si grâce à nos propositions on ne consomment plus leurs articles!

    Pour ce qui est des 25% max de marges sur les produits de premières nécessités, je vais être pessimiste et considérer qu’elle sera de 25%… si j’y ajoute un prix minimum pour le producteur, j’ai comme l’impression que le prix pour le consommateur final va augmenter, car ce prix minimum, pour être utile, doit être supérieur au prix actuel.
    Bon cet argument est quelque peu spécieux, il dépend en fait de la marge actuelle des distributeurs, si elle est suffisamment supérieur à 25% le prix pourrait ne pas changer ou baisser à court terme. Mais il permet de d’illustrer les rapports ambivalents entre marge et prix. Fixer la marge maximale de gain supprime beaucoup des incitations à réduire ses coûts (au passage surtout si la marge est exprimé en % puisque 25% de quelque chose de gros est supérieur à 25% de quelque chose de petit), et si les coûts augmentent le prix va augmenter (à marge constante)! Bref on peut pointer du doigt bon nombre des problèmes de la « Régulation par les taux de rendement » (Ror).

    Enfin, pour la régulation publique des marchés agricoles, les droits à produire et les quotas ; je n’ai pas l’impression que l’Europe et la France souffre d’un manque d’encadrement de ces marchés. La régulation et le système de subvention actuel est au moins aussi compliqué et inutile que ces histoires de marges… force est de constater qu’un agriculteur reçoit déjà beaucoup d’aide.
    Avant de me taxer d’ultralibéralisme, je vous demande d’écouter ma proposition : diminuer la concurrence ! Bref structurer et regrouper les offres des producteurs de sorte qu’il puisse réellement négocier leur prix face aux distributeurs.

    Parce que si avec les aides qu’ils reçoivent, leur activité n’est toujours pas rentable (sauf à rentrer dans des problèmes un peu emmerdants d’élasticité à long terme et savoir qui profite réellement de ces subventions…) on peut voir une explication simple : les agriculteurs sont trop nombreux.
    Je n’ai rien contre les agriculteurs qui font un métier très durs, mais les boulangers aussi et la grosse différence est que ces derniers souffrent en silence quand les premiers profitent d’une sur-représentation politique.
    Je pense néanmoins que les agriculteurs, par leur gestion des territoires, sont d’utilités publiques, mais que nous gagnerions a définir réellement cette mission (entretien des sols, pointer du doigt les abus des OGM, même de veille sanitaire pour des problèmes comme le frelon asiatique …) et à les rémunérer directement pour elle, plutôt que pour garder deux chèvres et quatre poulets.

    Voila, une longue réponse en forme de coup de gueule parce que j’ai l’impression que l’article si dessus, pointait du doigt des problèmes réels et n’y répondait absolument pas, sauf à utiliser des mots du style quasi oligopole (qui, mais je me trompe surement, ne m’ont pas l’air d’avoir un sens excessif !).
    Merci de m’avoir lu jusqu’au bout si c’est le cas.

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