Loi sur l’assistance médicalisée pour mourir

La commission des affaires sociales du Sénat a adopté le 18 janvier 2011 un texte reconnaissant pour les personnes atteintes d’une maladie grave et incurable infligeant une souffrance physique ou psychique qu’elles jugent insupportable du droit à bénéficier, si elles le demandent, d’une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité. Ce texte est une synthèse de propositions de lois présentées par trois groupes politiques. Il est non politiquement partisan et a été écris, non dans l’émotion et la précipitation mais dans la dignité et la responsabilité. Les Jeunes Socialistes tiennent à féliciter les Sénateurs pour ce formidable travail.

L’assistance médicalisée pour mourir ne s’oppose pas comme on l’entend souvent aux soins palliatifs, elle est au contraire, une partie intégrante de la dignité due aux malades en fin de vie.

Cette proposition de loi offrait la possibilité d’une aide médicalisée pour mourir par une demande adressée au médecin et dument confirmée. Celle-ci pouvant être révoquée à tout moment, et le médecin dans l’obligation d’informer le patient des possibilités de soins palliatifs qui lui sont offerts.

Ce texte offrait également aux médecins une clause de conscience, mais aussi un cadre juridique pour qu’ils ne se mettent plus, par compassion dans l’illégalité. Il résolvait, par la même, les difficultés des proches qui par amour se retrouvent dans des situations horribles.

Les jeunes socialistes ne peuvent que se sentir pleinement investis dans ce débat qui malheureusement peut toucher chacun d’entre nous d’une façon ou d’une autre.

La vie peut devenir insupportable de douleur et demander la délivrance devient un droit ! Bien que nous soyons dans un pays républicain, les inégalités persistent jusque face à la mort. Certains ont les informations, et les moyens financiers pour s’offrir un voyage en Suisse pour une mort choisie mais beaucoup d’autres n’ont pas ce choix.

Les français sont prêts, les sondages le montrent (sondage IFOP octobre 2010) : 94% des Français approuvent une législation qui permettrait l’euthanasie. Nos voisins les Belges et les Néerlandais nous ont montré la voie.

Les Jeunes Socialistes, profondément laïcs et républicains défendent le principe selon lequel le corps de l’homme n’appartient à aucune entité autre que l’homme lui-même dans le respect des règles régissant la vie en collectivité.
Les Jeunes Socialistes ont fait le choix d’ouvrir les yeux sur la souffrance des malades et sur la réalité des trop nombreuses euthanasies pratiquées dans la clandestinité. La majorité présidentielle a au contraire choisi de ne pas suivre la volonté de la majorité des Français et le Sénat a voté le 25 janvier 2011 contre la proposition de loi sur l’aide médicalisée pour mourir.

Les Jeunes Socialistes sont conscients que la lutte contre la douleur doit être une priorité et ils demandent donc au gouvernement de donner des moyens suffisants aux établissements de santé pour qu’ils puissent mettre pleinement en œuvre la loi Leonetti de 2005. La volonté de vivre doit primer sur la mort, et la procédure préconisée dans le texte qui a été soumis au Sénat est strictement encadrée et respecte profondément la vie.

Préparez le changement: restez informés!

1 commentaire

  1. kreattur

    1 mai 2011 à 16:51

    C’est vrai que c’est bien de pouvoir choisir de mourir. La vie insoutenable c’est quoi? Le dépressif qui veut en finir parceque sa vie n’a plus de sens? La grand mère qui sait que par l’euthanasie elle permettra à ses enfants de toucher directement la succession? c’est quoi la défninition de la vie insoutenable?

    Le problème avec ce texte, c’est que ca va entrainer des dérives. Voila comment se passaient les choses avant: l’euthanasie était pratiquée par les médecins, de manière indirecte ou secrète, sur demande uniquement du ou de la patiente. Et les rares fois ou un médecin se faisait attraper, la justice le punissait pour le principe, avec du sursit. (sauf quand les journalopes relayaient l’affaire et en faisaient un débat national). Maintenant ca va faire comme l’avortement, ca va entrainer des dérives. on va partir de ” seul le mourrant peut choisr”, à ” sauf quand il n’a plus toute sa tête” en passant par ” si il est dans le coma sa famille pourra décider pour lui”… et les dépressifs pourront toujours se suicider, mais cette fois ci avec la bénédition des médecins.

    Certaines pratiques ne doivent pas être autorisées tout simplement pour éviter les dérives. Ca va faire comme l’avortement( dépénalisé pour quelques situations précises) qui est aujourd’hui pratique courante, et même forcée par les médecins quand on détecte des maladies sur le bébé…

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