Élections cantonales: la gauche qui protège

Les 20 et 27 mars prochain se tiendront les élections cantonales, dernier scrutin au suffrage direct avant les échéances de 2012. Il s’agit d’élections locales, dont on interprètera cependant doublement les résultats. D’une part parce qu’il s’agira de l’ultime test de popularité pour la politique de la droite avant l’élection présidentielle, et d’autre part car du résultat de ces élections pourrait dépendre l’issue des élections sénatoriales de l’automne prochain. Or, l’UMP craint particulièrement de perdre pour la première fois la majorité dans la chambre haute du parlement, et ce à quelques semaines de la désignation du candidat socialiste tant l’enchainement pourrait créer un effet de dynamique fatal à Nicolas Sarkozy.

Une droite schizophrène…

Dès lors, la stratégie du parti du président est simple: minimiser l’enjeu des élections cantonales, et afficher le moins possible son implication, pourtant évidente, dans la campagne. Notons d’ailleurs que la stratégie qui vise à éclipser les cantonales se décline aujourd’hui de la pire des manières : le débat mort-né sur la place de l’islam en France s’inscrit dans une stratégie de repositionnement de l’UMP pour 2012, mais il a sert également à créer un nouveau contre-feu. Et plus on en parle, plus on oublie les cantonales. La désolidarisation des droites locales vis-à-vis des politiques gouvernementales est devenue la règle. Il s’agit pourtant de précautions bien vaines tant les électeurs auront noté, au cours des dernières années, les politiques menées par le gouvernement, et relayées par les élus locaux UMP, aujourd’hui devenus « divers droite » le temps d’une élection.

Souvenons-nous de leur soutien à Sarkozy lors de la suppression de la taxe professionnelle, mise à mort des budgets des collectivités locales. Rappelons-nous leurs encouragements aux bourreaux de notre système social, la réforme des retraites et bien sur les attaques contre le système de santé, en banlieue et en zone rurale notamment. N’oublions pas non plus la réforme des collectivités territoriales qui attaque l’effort de décentralisation. Et enfin, comment mettre de côté les 16000 suppressions de postes et la diminution des crédits pédagogiques dans l’éducation nationale annoncées pour la rentrée 2011. Concrètement, cela se traduira par : des classes fermées, d’autres surchargées, des filières supprimées dans le secondaire, des professeurs de moins en moins nombreux et de moins en moins formés, des conditions de travail qui se dégradent, le renforcement des inégalités, la ghettoïsation de nombreux quartiers, le renforcement de la reproduction sociale… ?
Dès lors, se pose la question de la responsabilité, certes passive, des élus UMP des conseils généraux. Peut-on être adhérant à un parti politique, en soutenir l’action gouvernementale, en utiliser les moyens logistiques pour mener campagne, mais se désolidariser de son bilan le temps d’une campagne électorale, pour éviter de subir la sanction des électeurs ? Nous croyons, alors que la défiance vis-à-vis de la politique ne faiblit pas, qu’il est simplement normal et honnête de ne pas travestir son identité politique en cachant son appartenance à un camp.

… face à une gauche qui protège

Il n’y a pas que l’UMP qui souhaite faire l’impasse sur ce scrutin. Les medias nationaux accompagnent eux aussi le mouvement, sans doute influencés par l’absence d’élection à Paris. Cependant, c’est au quotidien que les conseils généraux accompagnent les français. Du logement au collège, de la santé à l’emploi, de la dépendance à l’agriculture, du sport aux aménagements du territoire, la gauche dans les départements contribue à améliorer la vie de chacun d’entre nous.

Évidemment, ces élections cantonales sont un scrutin politique, et le choix que nous devrons faire les 20 et 27 Mars est bien un choix de société. Les jeunes socialistes, au coté des candidats de la gauche, s’engagent pour une société solidaire, ou chacun pourra œuvrer à son épanouissement. C’est avec le contrat socialiste que nous souhaitons transformer, concrètement, la vie de nos concitoyens : en favorisant une politique sociale ambitieuse, nous faisons le choix de combattre les inégalités à la racine. Nous saluons aussi la multiplication de candidatures de rassemblement dès le premier tour, qui confirment la dynamique d’union de la gauche enclenchée aux dernières élections régionales.

La gauche, au premier rang de laquelle les socialistes, ont fait des départements qu’ils dirigent un véritable bouclier contre les attaques antisociales et réactionnaires de la droite. La droite sarkozyste met en place les franchises médicales et la loi HPST, les socialistes se battent dans leurs départements pour attirer et garder les médecins afin de donner à chaque français la possibilité d’être soigné dans de bonnes conditions. La droite supprime des postes dans l’éducation nationale en bradant l’avenir de la jeunesse française, les socialistes rénovent et construisent des collèges partout en France. Alors que le gouvernement est inactif en matière de logement, les socialistes s’efforcent d’améliorer les conditions d’habitat et agissent sur le foncier afin de rendre l’accès à u logement décent enfin possible pour tous. Enfin, alors que l’État étrangle les collectivités locales et accumulent déficits et cadeaux aux plus riches au niveau national, les socialistes trouvent eux les moyens d’investir, de protéger les plus fragiles sans gaspiller l’argent de nos concitoyens.

Bouclier rural, logement, santé, éducation, les socialistes sont fiers de leurs bilans dans les départements et ne manquent pas de propositions. Toute notre énergie doit donc être tournée vers cette échéance, pour laquelle l’abstention, privilégiant les notables bien en place, affaiblirait la camp du changement. Et ce, d’autant plus que les élections cantonales ouvrent un nouveau temps politique: en votant pour les candidats socialistes, les français ont la double opportunité de sanctionner la droite, et de soutenir les propositions de la gauche. Il s’agit de la première étape dans le processus de reconquête qui occupera notre famille politique jusqu’au printemps 2012. Car ne nous trompons pas, si nous ratons cette échéance, c’est toute la suite qui risque d’être compromise.

Préparez le changement: restez informés!

3 commentaires

  1. Jeunes, aux urnes ! › MJS Val-d'Oise

    15 mars 2011 à 14:10

    […] Les jeunes socialistes et les enjeux des cantonales : http://www.jeunes-socialistes.fr/2011/03/elections-cantonales-la-gauche-qui-protege/ […]

  2. CANO

    17 mars 2011 à 23:20

    bonjour pardon mais votre article ressemble à un résumé de star wars :

    « les gentils rebelles socialistes vont abattre le méchant empire ump. »

    Ca m’amuserait plutôt si c’était vrai sur le fond ! Sauf que les socialistes ne sont hélas pas plus sociaux que l’ump (exception de martine aubry qui a fait les 35 h et la cmu respect pour elle !)

    Le premier gouvernement a avoir officialisé la chasse aux sans papiers est un gouvernement socialiste youpi ! (celui de Madame CRESSON)

    et c’est un premier ministre socialiste qui a entériné la privatisation de l’énergie (youpi)

    encore un ministre de gauche (plus socialiste certes) chevènement qui a ouvert la boite de pandore de la chasse officielle des pauvres avec sa loi de sécurité quotidienne.

    Enfin sur le logement les loyers ne cessent d’exploser et surtout à Paris (mairie socialiste depuis 2001 non ?)

    Alors oui l’ump est un parti de droite anti social sécuritaire et qui glisse lentement mais surement vers le racisme et la xénophobie.

    Mais le parti socialiste ne sera réellement considéré comme un parti authentiquement de gauche que lorsqu’il prendra des mesures courageuses.

    certes il y a un peu plus de saupoudrage social dans les régions et les départements de gauche mais pour en avoir parlé avec une amie qui travaille au conseil régional (elle est de gauche et plutot ps) le clientélisme va bon train dans votre camp aussi !

    alors oui je voterais pour vous au second tour mais franchement par dépit !

    Si vous voulez que ce soit par conviction faites des propositions et pas un conte pour enfants lénifiant comme ce que j’ai lu plus haut !

  3. Marcley

    21 mars 2011 à 17:43

    Bonjour
    Si je ne suis pas d’accord avec Cano sur l’esprit de son analyse, il reste qu’il a raison sur certains points, même si cela nous dérange il serait en effet dangereux de n’en pas tenir compte.
    Mais le parti socialiste ne sera réellement considéré comme un parti authentiquement de gauche que lorsqu’il prendra des mesures courageuses
    touche juste.Nous sommes nombreux parmi les militants à le dire mais on l’entend encore plus chez nos sympatisants.
    De cmême à propos de la privatisation de l’énergie, on peut mesurer aujourd’hui à l’aune des augmentatioins de l’électricité, de l’aberration qu’est la loi Nome la gravité de l’erreur ainsi commise alors que des agents d’EDF de tous niveaux hiérarchiques jusqu’aux plus élevés (Boiteux,Delaporte) avaient tiré la sonnette d’alrme depuis une quinzaine d’années…

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