Relancer l’économie par l’écologie

Convertir l’industrie aux impératifs écologiques, investir dans les transports en commun, isoler les logements pour créer de l’emploi et diminuer de 40 % les gaz à effet de serre d’ici 2020.

Face aux crises écologiques et climatiques qui sévissent, la conversion écologique de notre économie est une nécessité. L’autorégulation du marché est un échec complet. Ne pas changer les modes de vie serait à court terme désastreux pour les classes populaires et pour l’environnement. Réduire les émissions de gaz à effets de serre, préserver la biodiversité, lutter contre les pollutions et faire face à l’épuisement des ressources naturelles, tous ces objectifs passent par une planification économique et sociale ainsi que par un choix démocratique. La relance de l’économie par l’écologie doit être le moyen de répondre à la question du partage des richesses, ainsi qu’à celle du respect de l’homme, donc de son environnement.

Tout ceci a un coût. La redéfinition des critères des aides agricoles, notamment européennes, et leur redirection vers les petits propriétaires qui utilisent peu d’intrants artificiels; pour favoriser la qualité plutôt que la quantité; ne coûte pas plus. La modification du code des marchés publics, pour favoriser la commande dr produits agricoles locaux augmentera faiblement les dépenses tout en permettant de développer une agricuture paysanne et biologique.

De même, l’isolation thermique des logements, notamment pour réduire la précarité énergétique, peut passer par des prêts à taux zero (en triplant son budget pour atteindre 1 milliard d’euros) dont les mensualités devraient être inférieures aux économies réalisées en économie d’énergie, pour réduire la précarité énergétique des ménages les plus modestes. Les sommes allouées au crédit d’impôt pour l’isolation thermique (2,6 milliards d’euros) pourraient être investies dans l’isolation du parc public et social.

Les infrastructures de transport représentent en revanche des investissements lourds : il faut investir 3 milliards d’euros par an pour réduire drastiquement la part de la voiture dans les transports: de manière transitoire le passage à une TVA à 5,5% pour les transports en commun (1 milliard d’euros) et à terme la gratuité des transports en commun. Dans le même temps l’Etat devra engager un plan quinquennal de réhabilitation des lignes régionales de TER, construire de nouvelles lignes régionales (ex : Grenoble-Lyon) et remettre en œuvre les subventions étatiques à hauteur de 50% pour les transports en commum en site propre (tramway, bus sur couloir).

La reconversion industrielle, au delà du rassemblement des aides existantes aux entreprises au sein d’un pôle financier public industriel et écologique à même de mener une politique cohérente, doit bénéficier de moyens supplémentaires, avec un fonds de reconversion écologique de 2 milliards d’euros pour « décarboniser » certaines industries et former les ouvriers. Un calendrier d’entrée en vigueur de normes plus strictes pour les produits industriels (automobiles, électroménager…) sera adopté afin d’inciter les entreprises à adapter leur production aux impératifs d’un développement soutenable. Seul les produits respectant ces normes seront admis à la vente donnant un véritable avantage aux entreprises nationales qui se seront adaptées.

La part des énérgies renouvelables dans la consommation d’énergie dépassera les 25% en 2017 grâce à un investissement massif dans la mise en place d’un réseau de production co-planifié entre les acteurs locaux et nationaux qui s’appuie sur la multiplicité et la diversités des modes de production (éoliens, photovoltaique, bois, micro-barrage, chaudière à biomasse). C’est par un fin maillage territorial avec des unités locales de production d’énergies que cet objectif sera atteint.

Ces nouveaux modes de production permettent la création d’emplois non délocalisables dans le domaine du chauffage et de l’isolement (100 000), des énergies renouvelables (75 000), de l’industrie, des transports (120 000) ou de l’agriculture biologique (50 000). La création de ces emplois, ainsi que les économies réalisées en terme d’importation énergétique atténue ainsi le coût des investissements menés pour la reconversion écologique.

Comment serait financée la reconversion écologique qui représente un coût de 14 milliards d’euros par an? Par la suppression des dépenses anti-écologiques (5 milliards d’euros pour les agro-carburants, exonération du kérosène, subvention publique aux aéroports et autoroutes), la suppression des crédits d’impôts recherche et emprunt immobilier (5,5 milliards). Dans le même temps de nouvelles recettes seront récoltés :
– la taxation obligatoire du transport routier des marchandises afin d’assurer l’internalisation des coûts environnementaux dans les prix et la surtaxe des déplacements quand le fluvial et le fret aurait pu être privilégié, pourrait rapporter 1,2 milliard d’euros par an
– Une taxe energétique sur les produits non-européens afin d’éviter toute compétition déloyale fondée sur des régles sociales et environementales moins exigeantes pour renchérir les produits au bilan carbone élevé (transports)

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