Monde judiciaire, une grogne légitime

Au lendemain de l’émotion suscitée par le drame de Pornic, le Président de la République n’a eu comme seule réponse que de faire l’amalgame entre la commission d’un crime et des prétendues carences décisionnelles des services de la justice, de la police et de l’administration pénitentiaire.

Comment accepter qu’au lieu de donner aux magistrats les moyens suffisants leur permettant de prendre en charge toutes les personnes condamnées, les plus hautes instances de l’Etat évoquent la possibilité de mettre en œuvre une procédure disciplinaire à leur égard?

La poursuite à marche forcée de la Révision Générale des Politiques Publiques ayant comme corolaire le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, conduit à la dégradation de la qualité du service rendu au justiciable et des conditions de travail des personnels.

Contre toute logique alors que chacun sait que les moyens sont notoirement insuffisants pour permettre de faire face à l’augmentation des missions, le budget de la Justice ne garantit aucune réelle augmentation des moyens mis à la disposition des personnels, qui ne peuvent faire face aux missions habituelles, en raison notamment des charges nouvelles créées par la multiplication de réformes qui ne sont pas sérieusement évaluées.
Sans l’abnégation et la conscience professionnelle de tous ses agents, sans le recours à des pratiques destinées à accélérer la productivité, parfois aux limites de ce qu’impose la Loi, la machine judiciaire ne pourrait fonctionner.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes apporte tout son soutien au mouvement de protestation des magistrats et services de la justice, exige que le Président de le République revienne sur ses propos insultants et que le gouvernement mette fin à la RGPP et engage des réformes permettant au service public de la Justice de fonctionner.
Il n’est pas acceptable dans notre démocratie que la réforme du statut du parquet, indispensable pour garantir son indépendance et unanimement réclamée par les professionnels du monde judiciaire, ne soit pas l’une des priorités du Gouvernement alors même que la France s’est vu condamné sur ce grief à plusieurs reprises par la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Préparez le changement: restez informés!

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