Jouir du droit à la contraception

Rembourser à 100% tous les moyens de contraception et les rendre accessibles dans les collèges et les lycées.

Aujourd’hui en France 30% des grossesses ne sont pas désirées, la contraception est un droit dont toutes les femmes ne jouissent pas. La contraception est pourtant outil majeur pour permettre aux femmes de disposer de leur corps, de choisir leurs grossesses, mais force est de constater que toutes n’y ont pas accès. Tandis que de nouveaux moyens de contraception se développent (patch, anneau vaginal, implant…), le nombre d’interruptions volontaires de grossesses reste élevé. Le nombre d’avortements de très jeunes filles est en augmentation, ce phénomène doit nous alerter.

Face à cette situation où le droit à la contraception semble mis en péril faute d’éducation à la sexualité, de prévention et d’accès, nous réaffirmons notre attachement au droit des femmes à disposer de leurs corps. Entre 2000 et 2007, 105 centres pratiquant des IVG ont fermé, tandis que le nombre d’avortements reste stable.

Nous voulons garantir à chaque femme l’accès à la contraception la mieux adaptée, et donc le remboursement de tous les contraceptifs quels qu’ils soient à 100 % par la Sécurité Sociale. La pilule du surlendemain doit être accessible sans prescription pour toutes les femmes. Parce que la majorité des grossesses non désirées donnant lieu à une IVG sont liées à une contraception mal adaptée, il faut sortir du modèle du «tout pilule» adopté par de nombreux médecins en France, et permettre aux femmes de choisir le mode de contraception qui leur convient. L’objectif est d’améliorer le recours à la contraception pour éviter un nombre important de grossesses non désirées et d’IVG.

Nous voulons garantir l’accès à la contraception en toute autonomie pour les mineures dans les collèges et les lycées, évitant ainsi aux jeunes filles de devoir passer par la couverture sociale de leurs parents. La loi de 2001 autorisant la gratuité de la pilule du lendemain pour les mineures doit être appliquée, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

Enfin, parce que l’existence des moyens de contraception ne garantit pas à elle seule leur utilisation il est urgent que l’école remplisse son rôle dans la prévention et l’éducation à la sexualité en direction des filles et des garçons. Aujourd’hui, les 3 séances d’éducation sexuelle par année scolaire prévues par la loi ne sont pas réalisées. L’augmentation des comportements à risque chez les jeunes est alarmante. Si 90% des femmes consultent un gynécologue seuls 50% des ouvrières bénéficient d’un suivi gynécologique.

Les infirmiers scolaires doivent pouvoir délivrer gratuitement des contraceptifs de manière régulière et mettre en place des séances d’éducation à la sexualité, de prévention, dans toutes les classes et avec les enseignants volontaires et le concours des associations qui agissent dans ce domaine. Les hommes et les femmes sont concernés par la contraception, l’utilisation des préservatifs doit être encouragée, seul moyen de se protéger des infections sexuellement transmissibles et efficace contre le risque de grossesse non désirée. Pour les jeunes parents, un accompagnement éducatif doit être garanti.

L’accès à la contraception nécessite un renforcement des moyens de l’Etat, que ce soit concernant le renforcement des dispositifs de prévention et d’accès à l’information dans tous les lieux de scolarisation ainsi que concernant le financement des centres d’IVG. Les moyens seront développés dans l’éducation nationale ainsi que dans les hôpitaux publics. Le soutien aux associations œuvrant dans ce domaine doit être affirmé et pérennisé. L’engagement des pouvoirs publics en matière de droit à la contraception et à l’IVG est la concrétisation d’une vision de la société, une société que nous voulons défenseuse de la liberté des femmes.

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