Vers une mutation du modèle agricole français

Le modèle agricole français est en crise : la mondialisation et la pression de la grande distribution ont des conséquences dramatiques sur nos territoires ruraux. Ces dernières années, les revenus des exploitants ont connu une baisse vertigineuse dans presque toutes les filières, le nombre de faillites a explosé, et les conditions d’installation des jeunes se sont fortement détériorées. Quelles sont les pistes à explorer pour tenter de sortir l’agriculture de la crise ?

Produire local, consommer local : tel devrait être la règle en agriculture. Le modèle français, dont nous atteignons les limites aujourd’hui, exportateur et régionalement très spécialisé est toutefois loin de respecter ce précepte. L’avenir de l’agriculture passe par le développement des circuits courts pour leurs avantages, socio-économiques d’une part, et écologiques d’autre part. Nous militons ainsi pour la mise en place par l’Etat d’outils fiscaux encourageant la consommation de produits issus des circuits courts. Il est essentiel que les collectivités locales donnent l’exemple, en soutenant financièrement les initiatives des producteurs souhaitant commercialiser directement leurs productions, et via les restaurants collectifs dont elles ont la responsabilité : le code des marchés publics doit être révisé en ce sens.

Nous proposons la transition vers plus d’agriculture biologique (avec une interdiction de l’utilisation d’intrants artificiels), afin de protéger les sols, d’utiliser de façon raisonnée et raisonnable l’eau, et de créer de nombreux emplois agricoles. Nous devons favoriser les circuits courts par la mise à disposition à proximité des villes de terres agricoles, notamment pour les AMAP. Les révisions des PLU et des SCOT doivent permettres de protéger ces terres contre l’étalement urbain.
Nous en appelons par ailleurs au retour du modèle coopératif, dans sa définition initiale : un groupement local de producteurs, servant les intérêts de ces derniers, en lien direct avec leurs contraintes et leurs exigences. De nouveaux groupements doivent voir donc voir le jour, sur la base de chartes de qualité, et en visant trois objectifs majeurs : l’établissement du rapport de force face aux transformateurs et distributeurs avec à la clé la fin de la systématisation de la contractualisation, la baisse des coûts de production par la mutualisation des outils, et l’assurance de revenus réguliers pour les exploitants.

La réforme de la PAC sera essentielle pour l’avenir de l’agriculture française. Elle fixera, par ses grandes priorités, le modèle européen pour les années à venir, et sera donc l’un des enjeux essentiels de l’année 2013. La piste coopérative, articulée au développement des circuits courts, permet la mutation de notre agriculture vers plus de justice sociale et de respect de l’environnement, tout en visant l’autosuffisance alimentaire régionale et le renouveau de notre modèle exportateur.

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