Pour un service civique universel

Plus de dix ans après la suspension du service militaire obligatoire, le service civique fait figure de serpent de mer et a constitué le fer de lance des candidats aux dernières élections présidentielles. En réaction à la “crise des banlieues”, Jacques Chirac annonce la création d’un service civil volontaire en novembre 2005. Le dispositif devait toucher 50 000 jeunes fin 2007. Il en concernait à peine 3 000 en 2008.

Suite au rapport de Luc Ferry et au « Livre vert » des politiques de jeunesse de Martin Hirsch, un projet de service civique est adopté en février 2010. Toujours basé sur le volontariat, ses objectifs restent peu ambitieux avec 75 000 jeunes concernés d’ici cinq ans. Soit un jeune sur dix, 10% d’une génération entière.

Afin d’éviter l’enclavement territorial, les comportements individualistes et les sentiments d’exclusion, il est nécessaire de créer un temps où tous les jeunes, quelle que soit leur origine, puissent se rencontrer et se mettre au service de la collectivité. Les politiques menées par les gouvernements de droite ont prouvé que le service civique doit être obligatoire, et intégré au sein du parcours d’autonomie, si le but poursuivi est de rassembler une génération dans toute sa diversité. N’en faire qu’une mesure basée sur le volontariat le réduirait à ce qu’il est actuellement : un dispositif qui profite uniquement aux plus aisés et aux personnes qui n’ont d’autre choix que de s’y engager, faute d’un emploi.

Loin de l’idéologie militaire, il s’agit ici de se mettre au service de tous, de la société, en aidant des associations, ou encore des collectivités, dans de nombreux domaines : le développement durable, l’éducation, l’aide sociale, la coopération internationale. Sans devenir un cache misère ou un travail au rabais, comme le service civique volontaire actuel peut l’être pour certains, il engage les jeunes sur la pleine autonomie en servant l’intérêt général.

Nous devons par conséquent exiger que l’Agence du Service Civique propose un engagement à chaque jeune, en adéquation avec sa formation et ses attentes. L’apprentissage de la citoyenneté ne peut être pleinement accompli s’il se fait individuellement, il est nécessaire que chaque jeune puisse s’engager dans le projet de son choix au service de la société. Cet investissement doit par ailleurs être indemnisé à sa juste valeur, contrairement à aujourd’hui où il est indemnisé à 450€ par mois.

Le service civique est une pierre à l’édifice de la nouvelle société que nous voulons, un travail de réflexion sur la mise en œuvre du dispositif doit donc être ouvert au sein du Mouvement des Jeunes Socialistes.

Préparez le changement: restez informés!

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