Interdisons le crédit revolving !

Le crédit revolving est une forme de prêt distribué par des banques, des établissements de crédits ou par des distributeurs tels que Finaref, Cofinoga (grâce à des accords avec de grandes enseignes commerciales telles qu’Auchan, La Fnac, Darty, Ikea…), permet de mettre à disposition d’un emprunteur une somme d’argent sur un compte particulier ouvert auprès de l’établissement prêteur de ce crédit, de façon permanente et dont il peut disposer à sa guise.

Cette forme de crédit, représentant 21% du marché pousse les plus précaires vers le surendettement. En effet la facilité d’obtention de ce type de crédit, dûe à l’absence de vérification de solvabilité dans 87% des cas pousse ainsi de nombreux ménages, dans un contexte de société de consommation, à en emprunter toujours plus pour consommer plus.

Les fort taux d’intérêts exigés (15 à 20%) et révisables en cours de contrat ainsi que le fait que le volume de crédit disponible se reconstitue au fur et à mesure des remboursements effectués (c’est à dire qu’il se recharge: revolving) entraîne un important risque d’insolvabilité. C’est ainsi que, selon le rapport de la commission Neiertz, on constate que 96% des dossiers de surendettement contiennent des crédits revolving qui représentent 70% des crédits non remboursés. Le client se retrouve alors pris au piège en ne remboursant plus que les intérêts d’emprunts et jamais le capital dû.

Ce n’est qu’en passant par la suppression du crédit revolving, et de la publicité sur les crédits qu’on luttera durablement contre le surendettement des ménages les plus modestes et de l’usure excessive. Cette interdiction du crédit revolving proposée à de nombreuses reprises par les socialistes a été rejetée par la ministre de l’économie Christine Lagarde fin 2008 : Elle souhaitait plutôt rendre les prêts raisonnables. La politique économique du gouvernement montre ici ses limites : on ne peut durablement relancer l’économie et la croissance quand on empêche toute progression du pouvoir d’achat et de la consommation (augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux) et lorsqu’on ne conçoit qu’une économie d’endettement qui favorise fortement les plus riches (les prêteurs) et soutient une fois de plus la rente et le capital au détriment du travail et de l’emploi. La récente crise des subprimes aux Etats-Unis condamne les crédits démentiels et illimités. Le résultat a été une crise mondiale dont les économies se relèvent à peine.

La gauche, en 2012, devra aller plus loin que la timide loi du 1er juillet 2010. Interdire le décrit revolving ne doit pas nous dispenser d’interroger les causes de son utilisation, qui frappe les publics les plus fragiles et pour qui ce type de crédit constitue souvent un dernier recours. Au-delà de la limitation de durée des crédits et de l’indication sur les relevés bancaires du montant restant, le taux d’usure doit baisser et de véritables prêts à la consommation aux particuliers doivent être facilités ainsi que les projets particuliers, sur tous les territoires, notamment délaissés. Si nous pouvons nous satisfaire de l’obligation de continuité de service faite aux banques, sur la sortie plus rapide du fichier des incidents de paiements, obliger les banques à clore les crédits revolving pour les personnes surendettées ne suffit pas. Au-delà d’une interdiction des publicités sur le crédit, d’un plafonnement des taux de prêts à la consommation, c’est d’une interdiction totale du crédit revolving que les Français et notamment les plus modestes ont besoin.

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