Les Jeunes Socialistes appellent à manifester pour défendre le droit à l’avortement

Aujourd’hui, les organisations féministes appellent à manifester pour défendre le droit à l’avortement, mais aussi contre la loi Bachelot (Hôpital Patient Santé Territoire) qui tend à réduire le nombre de centres IVG en France. En effet, alors que le nombre d’interruptions volontaires de grossesse est stable – 210 000 par an en France – le nombre de praticiens et de centres IVG tendent à diminuer (en 2000, il existait 729 centres IVG contre 624 en 2007).
La conséquence de ces fermetures est double :

  • un engorgement des centres IVG créant des délais d’attente important. En effet, alors que la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande un délai de cinq jours entre la demande d’intervention et sa réalisation. Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) rendu public en février, révèle que le délai de prise en charge reste supérieur à quinze jours dans un établissement sur vingt ;
  • une augmentation des avortements à l’étranger. En effet, ce sont entre 4 000 et 5 000 femmes qui avortent à l’étranger chaque année. Dans une enquête publiée en 2008, la Drass d’Ile-de-France rapporte que trois Franciliennes sur dix ayant avortées hors de l’hexagone avaient formulé une demande d’IVG en France dans le délai légal. Faute de place, ou par refus de l’établissement d’effectuer l’avortement après 12 semaines d’aménorrhée (malgré les 14 semaines légales), leur demande est restée sans réponse.

En outre, les actes d’interruption de grossesse sont déconsidérés par les médecins. Et ce pour plusieurs motifs :

  • du fait de leur formation. En effet, en  moyenne, jusqu’à la sixième année de médecine, seules deux heures d’enseignements théoriques sont consacrées à l’IVG et la contraception.
  • du fait de la rémunération de ces actes. Le rapport de l’Igas relevait que les IVG chirurgicales constituent une activité déficitaire. En outre, ces actes ne sont pas totalement pris en charge par la sécurité sociale ne favorisant pas les établissements hospitaliers à la pratiquer, notamment avec la logique de rentabilité des établissements instaurés par la loi HPST.

35 ans après la loi Weil, le droit à l’IVG est plus que jamais en danger. Le Mouvement des Jeunes Socialistes se joint aux revendications des associations féministes et rappelle que la santé ne doit pas souffrir d’une gestion comptable. Elle doit être gérée par l’Etat et par des structures publiques de proximité. Nous défendons la réouverture des centres IVG pour permettre aux femmes d’exercer réellement ce droit.
Le droit de disposer de son corps doit être un droit fondamental. Celui-ci doit pouvoir être invoqué et exercé par toutes les femmes, sans distinction d’âge ou de catégorie sociale.

Préparez le changement: restez informés!

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