Discours de Laurianne Deniaud au meeting unitaire

Nous sommes aujourd’hui tous rassemblés jeunes syndicalistes, jeunes de l‘éducation populaire, jeunes mutualistes, jeunes des organisations politiques de gauche pour faire valoir une nouvelle fois notre opposition radicale à cette attaque en règle à un droit essentiel qu’est celui de la retraite à 60 ans à taux plein et par répartition.

Nous sommes rassemblés, nous, organisations de jeunesse, car si certains voudraient faire croire que cette réforme ne nous concerne pas, nous savons qu’une fois de plus nous sommes en première ligne.

Ils voudraient nous faire cotiser 44 années, nous faire travailler jusqu’à 67 ans alors que la réalité c’est que 25% des jeunes sont au chômage,

la réalité c’est qu’un jeune obtient que très très rarement un CDI avant 27 ans,

la réalité c’est que les CDD et l’intérim, c’est avant tout l’apanage des jeunes et en particulier des jeunes femmes,

la réalité c’est que même avec des licences ou des masters, on est rarement mieux payé que le SMIC.

La réalité c’est celle des milliers de jeunes à qui on demande de se réinscrire à l’université, alors qu’ils sont surdiplômés, pour obtenir une convention de stage, une rémunération de misère, et bien entendu ne pas cotiser ni pour le chômage ni pour la retraite.

Je viens d’une ville ouvrière, Saint Nazaire, où il y a Airbus et les chantiers de l’Atlantique. Où beaucoup de jeunes commencent à travailler tôt, dans des conditions difficiles, avec des charges lourdes, des produits dangereux, des horaires décalés. A 50 ans, les gens sont déjà cassés. Et ceux qui ont fait plus d’études, ils galèrent pendant des années avant de trouver un emploi stable. Voilà la réalité !

Voilà pourquoi nous disons ensemble que plutôt que vouloir nous faire trimer jusqu’à 67 ans, la droite ferait mieux de trouver un boulot pour les jeunes de 20 ans, c’est face à cette injustice que les jeunes de France vont envahir les rues, apporter leur soutien aux salariés, aux ouvriers, à nos parents et grands-parents et défendre coûtLa e que coûte notre droit à l’avenir.

De la génération sacrifié à la génération alibi

Nous sommes cette génération à qui on demande toujours d’en faire plus. Travailler plus longtemps et n’avoir aucune certitude sur le fait d’avoir nous aussi droit à une retraite.

Nous sommes cette génération qui a le droit à toujours moins. Le gouvernement est en guerre à l’égard de la jeunesse, il brade notre éducation, nous lègue une énorme dette dûe avant tout aux cadeaux fiscaux et subventionne le chômage en détaxant les heures supplémentaires.

Ce que nous ne serons pas, c’est l’alibi. La jeunesse comme l’alibi permanent.

S’il faut réduire les déficits, c’est pour les générations futures.

S’il faut augmenter la durée de cotisation, c’est pour pérenniser notre système de retraite dans la perspective de 2050. Ce gouvernement ne donne l’impression de se soucier des jeunes que quand ils seront vieux.

L’attaque ultime à la jeunesse : liquidation du fond de réserve

Pour autant les masques tombent quand ils annoncent qu’ils souhaitent brader le fond de réserve pour les retraites. Preuve supplémentaire que cette casse de nos droits sociaux ne répond qu’à une logique faussement comptable pour donner l’impression, à la veille de 2012, de s’approcher des règles bruxelloise et de s’acheter sur notre dos une prétendue vertue budgétaire.

Le projet politique de la droite : la baisse des pensions pour la privatisation

La droite ne nous étonne plus par son cynisme. Elle est pourtant encore capable de prétendre faire l’inverse de ce qu’elle fait et cela avec la complicité bienveillante des médias qui lui sont proches.

Elle prétend agir pour sauver la retraite par répartition alors qu’elle met tout en œuvre pour développer des systèmes de pensions privés par capitalisation. Les amendements adoptés tard dans la nuit qui favorisent les fonds de pensions et les assurances, c’est venir spolier les maigres salaires des jeunes d’aujourd’hui pour les cinquantes années à venir.

Augmenter la durée de cotisation alors que le chômage n’a jamais été aussi important, c’est tout mettre en œuvre pour que l’ensemble des salariés subissent les décotes. Tout faire pour que les pensions soient les plus basses possibles. Et les premières victimes de ce système libéral ce sont les femmes qui occupent 80% des emplois précaires, ces femmes qui arrêtent de travailler pour s’occuper des enfants car ils ont aussi détruit le droit à la scolarité à 2 ans et les crédits pour les crèches. L’équilibre des comptes par la baisse des pensions c’est le cœur des réformes Balladur, Fillon, Woerth, ce qui a toujours été injuste et inefficace budgétairement.

Faire du système de retraite par répartition un filet de sécurité et ouvrir grand la porte à la capitalisation c’est cela le cœur de la réforme Woerth-Sarkozy. Il y aura donc les salariés qui auront les moyens de capitaliser, qui se saigneront pour cela et ceux qui en seront incapables, qui périront dans la misère de la vieillesse que la gauche avait fait disparaître. Dans cette réforme des retraites la droite ne défend qu’un camp, celui des banquiers, des assurances, de la bande du Fouquet’s et c’est sûr que ça n’est pas sur TF1 que l’on entend cette réalité là.

Résistance et alternative

C’est pour toutes ces raisons, que si nous sommes une génération sacrifiée, nous serons dans les jours qui viennent la génération résistance. Les collectifs “la retraite, une affaire de jeunes”, c’est l’union de toutes les forces de progrès et de gauche, car au delà de nos différences et de nos multiples formes de militantisme nous sommes toujours prêts à nous unir, à nous mobiliser, à nous rassembler et à lutter quand nos biens communs sont attaqués.

Nous sommes présents dans la rue, nous y serons demain, nous mobiliserons la jeunesse dans la semaine qui vient et nous serons des dizaines de milliers de jeunes le 12 octobre prochain pour démontrer que nous ne lâcherons rien.

Et nous serons prêts. Pas un seul lycée où nous ne ferons une AG, tout comme dans les universités, dans les entreprises. A Lorient, Carcassonne, Cherbourg, Toulon, Caen, ce sont déjà des milliers de lycéens qui ont manifesté leur mécontentement et ce n’est qu’un début. Le gouvernement ne le sait pas encore mais avec cette réforme il va à sa perte car notre génération avec l’ensemble des salariés s’apprêtent à dire non.

Non à Sarkozy qui n’a pas mandat pour réformer aux noms des Français les retraites. Il s’était engagé à maintenir la retraite à 60 ans, et nous nous mobilisons contre le gouvernement du mensonge.
Non à l’augmentation de la durée de cotisation, non au fait de ne faire payer que les salariés, non au détricotage perpétuel de nos droits.
Non à une conception de la politique qui serait celle du renoncement, du fatalisme et qui ne vise qu’à faire taire les moindres résistances.

C’est un combat essentiel pour les salariés, pour les jeunes, pour la gauche parce que nous pouvons le gagner. Le gagner et faire reculer la droite, mais surtout affirmer haut et fort qu’un autre modèle de développement est possible, qu’une autre politique juste et efficace est possible

Résister, démontrer la pertinence de l’alternative c’est cela qui se joue dans ce combat, et pour le mener, les jeunes socialistes seront à vos côtés.

Préparez le changement: restez informés!

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