Notre monde

Contribution des Jeunes Socialistes à la convention « Nouvelle donne internationale et européenne »

Le monde a changé plus vite ces dernières années qu’il n’avait jamais changé. Depuis 1989 et la fin de l’Union Soviétique, la Chine s’est éveillé, les Etats-Unis sont entrés deux fois en guerre, le terrorisme a frappé plusieurs fois les pays occidentaux, le climat est devenu un sujet mondial de préoccupation, les épidémies continuent de décimer une Afrique toujours maintenues sous le joug de nouveaux colons, le conflit israélo-palestinien perdure, l’Amérique Latine se relève d’une crise financière quand le monde occidental y sombre à son tour.
Les rapports de force ont considérablement changé. L’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis a réintroduit une dose de multilatéralisme, mais les relations bilatérales entres Etats restent la règle. La Chine apparaît plus forte que jamais, réussissant à faire plier les anciennes puissances du fait de sa seule puissance commerciale. Les ateliers du monde se déplacent progressivement, toujours à la recherche de la main d’œuvre la moins chère, la plus facilement exploitable, dans cette logique détestable d’un capitalisme centré sur la recherche du profit immédiat, de ne plus placer l’Homme au centre de tout.
L’Homme, justement, poursuit ses dynamiques migratoires, avec toujours les mêmes drames à l’arrivée : des travailleurs français sans papier aux ouvriers chinois dans les gratte-ciels dubaïotes, c’est encore une fois une même logique qui est à l’œuvre.
Cette logique appelle une réponse claire de notre part. Nous devons mener le combat politique pour le monde que nous voulons, sans résignation. Nous devons être les acteurs de l’Internationalisme du XXIème siècle, défenseurs des droits de l’Homme, promoteurs insatiables de la démocratie.
La démocratie est une force. C’est celle des peuples, qui luttent pour leurs droits. Elle n’est en rien un moyen, un outil pour construire le monde que nous souhaitons, mais elle constitue une finalité en soit.
En temps que Jeunes Socialistes français, en 2010, nous avons le devoir de changer notre perception du monde, d’appréhender ses nouveaux enjeux (A) et d’incarner pleinement nos valeurs internationalistes (B).

Modifier notre perception du monde, appréhender ses nouveaux enjeux

Nous vivons dans un monde fini

Après un siècle de développement irresponsable, où nous pensions que rien ne pouvait entraver le développement de l’humanité, nous nous sommes aperçu que nous vivons dans un monde fini, dont les ressources et la capacité à ingérer les produits de notre développement, ne sont pas infinis. Le temps de la croissance pour la croissance, de l’égoïsme générationnel doit rapidement se terminer. Il est temps de remettre le progrès au service de l’Homme.

Défense de la biodiversité

Mais il faut aussi repenser l’Homme dans son environnement. Le rapport à la nature a totalement disparu de nos sociétés modernes, et cela se traduit y compris dans l’absence de politique de la ruralité et de la perception de l’agriculture sous un angle purement commercial, voire financier. Ainsi, il apparaît indispensable de lutter pour la défense de la biodiversité, seule garantie du bien être des générations futures, sur une planète respectée. Détruire les ressources, c’est mettre en péril nos modes de vie et même notre existence.
Et s’il est un élément à la base même de la vie, c’est bien l’eau. Nous soutenons le combat pour la déclarer « bien commun de l’humanité ». Par cela, nous entendons qu’en temps que bien à la fois indispensable à la vie de chaque être humain et inégalement répartie sur le globe, l’eau doit sortir des logiques marchandes.
A ce titre, la question de l’eau symbolise un caractère géopolitique fondamental dans les relations entre Israéliens et Palestiniens et constitue un enjeu de premier plan dans la résolution du conflit, Israël contrôlant la majeure partie du système de l’eau des territoires palestiniens. Ainsi, seule une perspective de coopération régionale est en mesure de résoudre ce problème.

Climat et santé, des enjeux globaux immédiats

Parmi les combats qui arrivent dans les mois et les années à venir, il faut relever celui qui mènera à des accords mondiaux sur le climat. Après l’échec du sommet de Copenhague et face aux prévisions toujours plus pessimistes des scientifiques, l’Organisation des Nations Unies (ONU) doit redevenir un acteur majeur pour dépasser les égoïsmes nationaux. L’Europe et la France se doivent d’être exemplaires en la matière et de poursuivre leurs pressions vers les plus gros pollueurs de la planète, Etats-Unis et Chine en tête.
Enfin, nous devons faire face à des épidémies aujourd’hui mondiales. Il est malheureux que la prise de conscience des pays occidentaux ne soit pas intervenue quand des populations entières des Suds étaient décimées. Aujourd’hui, le SIDA continue de sa propager, tandis que de nouvelles épidémies de grippe et d’autres maladies apparaissent. Ces questions appellent une réponse massive et urgente, coordonnées à l’échelle planétaire. A ce titre, il est indispensable de penser un mécanisme de contournement légal des brevets pharmaceutiques en cas d’épidémie. Enfin, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dont la perméabilité aux pressions de l’industrie pharmaceutique est préoccupante, doit être réformée.

Pour un nouveau modèle de développement… mondial !

Face à ce monde fini, il nous faut repenser la production à l’échelle mondiale. Le chassé-croisé de produits et aliments sur les routes terrestres, aériennes et maritimes du monde entier constitue à la fois une aberration économique et un crime environnemental.

Révolutionner la division internationale du travail

Ainsi, c’est la division internationale du travail qui doit être revue, et avec elle la répartition des pollutions. La décomposition internationale du processus productif, qui revient à fabriquer les différents composants d’un produit dans autant de lieux différents, parfois éloignés les uns des autres par plusieurs milliers de kilomètres, ne constitue plus une alternative de long terme. De même, en multipliant les lieux de fabrication, les bénéfices de l’innovation ne sont plus partagés, mais restent dans quelques pays, principalement les pays d’assemblage et des sièges des compagnies. C’est par ce biais que perdurent les liens économiques coloniaux.
Mais au-delà de cette question, il nous faut nous pencher sur quels biens produire et selon quels modes de production. L’innovation technologie ne doit plus être financée par la durée de vie programmée des produits, qui correspond souvent à la durée de la garantie. Enfin, des critères environnementaux doivent être imposés au niveau mondial, comme cela a commercé à l’être à l’échelon européen, bien que trop timidement, avec la réglementation REACH, qui interdit certains produits chimiques nocifs pour l’Homme et l’environnement. La dette environnementale du Nord envers les Suds doit être clairement assumée.
Repenser la division internationale du travail, c’est aussi aborder la question des migrations à l’échelle mondiale. En modifiant les lieux de production, nous intervenons directement sur les mouvements migratoires, dont la première cause reste l’économie. La fuite des cerveaux doit être endiguée. Cela passe par le développement des Suds. En premier lieu, la dette des pays les plus pauvres, utilisée comme un outil de domination et de contrôle par les pays créanciers dans une logique néocoloniale, doit être annulée.
Repenser la production à l’échelle mondiale, c’est aussi créer de nouveaux indicateurs pour mesurer le développement. Le seul calcul du Produit Intérieur Brut (PIB) ne prend absolument pas en compte la redistribution de la richesse produite, ni la qualité de la vie de la population.
Enfin, si l’eau doit être déclaré « bien commun de l’humanité », la sécurité alimentaire doit être garantie. Il est inconcevable que l’on meure de fin aux Suds alors que le Nord connaît la surproduction. L’accès à l’alimentation est un droit, qui doit être garantie par une organisation des agricultures nationales non plus selon des orientations fixées par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), mais dans le but d’assurer la souveraineté alimentaire des pays.

Pour bâtir ce monde que nous souhaitons pour notre génération, nous devons devenir les acteurs de nos valeurs internationalistes.

Incarnons nos valeurs internationalistes

En préalable à cette partie, nous souhaitons affirmer notre opposition forte à l’affaiblissement que connaît le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes depuis 2002. Sans diplomatie forte, nous ne pouvons plus agir efficacement. Nous devons nous donner les moyens de nos ambitions.

Face à la crise, réinventons l’Europe

Contrairement à la droite, pour qui l’Union Européenne (UE) n’est qu’un grand marché dont le but ultime est de garantir les conditions d’une concurrence pure et parfaite entre Etats membres et entre entreprises, les socialistes ont une véritable vision pour l’Europe. Celle d’une Europe politique, porteuse d’un modèle social et d’un idéal de civilisation. Nous ne sommes pas pro-européens par défaut ou par conformisme ; nous sommes pro-européens parce que nous croyons dans la raison d’être de la construction européenne : bâtir un espace de paix et de liberté, dans lequel les intérêts nationaux sont transcendés par l’unité des peuples ; un espace dans lequel l’élévation des niveaux de vie et la solidarité permettent une maîtrise commune de notre destin dans un monde globalisé. Telle était d’ailleurs l’ambition des pères fondateurs de la construction européenne, avant qu’elle ne soit dévoyée.
La crise actuelle doit être l’occasion de renouer avec cette ambition. A l’aveuglement dogmatique de la droite, dont la seule réponse consiste, en pompier pyromane, à imposer des plans de rigueur à des populations déjà fortement éprouvées, nous sommes en capacité d’opposer un projet politique. Un projet qui a pour cœur la démocratie, un projet humaniste.

Une véritable Europe économique

La crise nous a montré une fois encore que l’Europe est un échelon politique pertinent, c’est à dire le mieux à même de répondre aux enjeux de notre époque. Mais la crise a aussi été le témoin de l’échec de la construction libérale de l’UE, incapable de venir en aide à un de ses membres, pour la seule raison que la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni, ont moins besoin de la Grèce que de leurs banques nationales.
Face à cet échec, nous devons bâtir une Europe économique. Car une telle Union n’existe pas, seulement dotée de la politique monétaire. Avec un budget limité à moins de 1% du PIB européen et avec une Banque Centrale Européenne (BCE) indépendante qui a pour seule mission de réguler l’inflation, l’UE s’est privée de deux des trois éléments d’une vraie politique économique. Devant les défis de réforme de la finance, qui doit retrouver son rôle de financement de l’économie réelle et non plus de création artificielle de valeur, et de lutte contre un chômage endémique, nous avons besoin d’une Europe régulatrice et interventionniste. C’est à dire une Europe politique.

Pour une Europe politique et sociale

L’Union européenne a besoin d’un véritable gouvernement économique et d’un budget de type fédéral, reposant en partie sur des ressources propres. C’est en effet par une coordination efficace des politiques macro-économiques à l’échelle du continent que nous pourrons tous ensemble retrouver durablement le chemin de la croissance et du plein emploi.

L’Europe que nous voulons est aussi et avant tout une Europe sociale, qui protège et émancipe ses citoyens, que ce soit dans leur vie privée, au travail ou en tant que consommateurs. Nous demandons depuis longtemps une harmonisation des normes sociales et fiscales afin d’empêcher le recours au dumping, qui incite à des comportements de « moins-disant » et sape le vivre ensemble. Les salariés doivent partout en Europe se voir reconnaître les mêmes droits en matière de salaire minimum, de conventions collectives, de temps de travail, d’égalité entre les hommes et les femmes ou encore de statut des stagiaires. Quant aux services publics, instruments majeurs de cohésion et de justice sociale, ils doivent être non seulement préservés mais renforcés.

Mettre en place le juste échange

Enfin, l’Europe doit être le lieu où se bâtit le juste échange, c’est à dire notre vision de gauche des échanges commerciaux dans un monde globalisé. En refusant d’instaurer une fiscalité juste sur les marchandises entrant et sortant sur le territoire, nous acceptons de nous priver d’un instrument de notre politique économique. Il ne s’agit en aucun cas ici de défendre l’idée que le rôle des Etats ou de ses groupements est de défendre fermement ses intérêts commerciaux au mépris des valeurs internationalistes qui nous animent, mais de militer pour l’instauration de mécanismes de justice sociale, économique et environnementale. Le but n’est pas de favoriser des produits nationaux face à d’autres, ni de dresser des murailles autour de la France, mais d’assurer une équité des échanges et ainsi lutter contre les dumpings de tous ordres et les délocalisations d’activités en résultant.

Face à la violence du monde, réapprivoisons les relations internationales

Réformer l’ONU

En temps que socialistes, nous devons contribuer à la pacification des relations internationales, sans angélisme, mais avec conviction. Il est indispensable de relancer le multilatéralisme, c’est à dire l’implication de l’ensemble des pays du monde dans la prise de décisions les impactant directement, à l’opposé de la stratégie des G2, 8 ou 20. Si la perspective d’un gouvernement mondial reste lointaine, l’ONU doit retrouver cette fonction essentielle de forum international, lieu de médiation en temps de conflit, avec le rôle essentiel du Conseil de Sécurité, lieu de perspective en temps de paix, avec par exemple la définition d’Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
Mais l’ONU apparaît aujourd’hui délégitimée car inefficace (à atteindre les OMD notamment) et contournée (par les Etats-Unis lorsqu’ils entrent en guerre contre l’Irak). Notre réponse doit être la démocratisation de l’ONU. Le Conseil de Sécurité doit être plus représentatif, avec deux nouveaux représentants permanents pour l’Afrique, un pour l’Amérique Latine, un siège supplémentaire pour l’Asie et la fusion des sièges de membres permanents du Royaume-Uni et de la France au profit d’un siège pour l’UE.
Le droit de véto des membres permanents devra également être abrogé. Il est en effet antidémocratique et sa raison d’être n’est plus que la conservation du prestige de quelques puissants. De plus, l’utilisation qui en est faite sert avant tout à assurer les égoïsmes des dépositaires de ce droit et à les mettre à l’abri de toute sanction, ce qui leur permet une impunité totale (intervention américaine en Irak, intervention russe en Géorgie). La défense des Etats amis ne respectant pas les règles internationales est aussi à déplorer (Chine/Corée du Nord, Etats-Unis/Israël, etc.).
Enfin, il faut lutter contre les égoïsmes nationaux qui persistent aujourd’hui largement, comme lors des discussions sur le climat. Il est de la responsabilité du Secrétaire Général de créer une dynamique internationale, dans le cadre de l’Assemblée Générale de l’ONU, qui doit être le lieu où sont discutées les grandes orientations mondiales. Ses résolutions doivent devenir contraignantes au même titre que celles du Conseil de Sécurité.

Démocratiser les organisations internationales, réguler l’économie mondiale

Cet impératif démocratique, nous devons le porter dans la réforme des organisations internationales, dans tous les domaines, de l’OMS à l’OMC, du Fond Monétaire International (FMI) à l’Organisation Internationale du Travail (OIT), de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA) à l’UNICEF (Fond des Nations Unies pour l’Enfance), du Haut-Commissariat aux Réfugiés (UNHCR) à la Banque Mondiale. Elles devront être fortement reliées à l’ONU, dont l’Assemblée Générale donnera une lettre de mission politique pour leur fonctionnement. Leurs décisions ne devront pas souffrir contestation ni rester lettre morte. Des mesures coercitives devront là encore être mises en place. Il n’est pas acceptable que les seules décisions internationales à être respectées à l’heure actuelle soient celles de l’organe de règlement des conflits de l’OMC.
Mais plus encore, c’est une véritable bataille culturelle qui doit être livrée au plan international, afin de débarrasser les institutions intervenant dans le domaine économique de leurs dogmes néolibéraux. Certaines politiques menées à ce titre par le FMI, la Banque mondiale ou encore l’OMC, ne sont pas acceptables pour des socialistes. Les inégalités, notamment en terme de droit de vote, dans ces institutions, sont également inacceptables.
Un autre enjeu essentiel sera de mettre en place une nouvelle régulation économique mondiale. La crise et les échecs des G2, G8 ou encore G20, nous poussent à la constitution d’un nouveau Bretton Woods, afin de définir les nouvelles règles de fonctionnement de l’économie mondiale.
Nous devons dès aujourd’hui réguler le capitalisme. Partant du constat que les banques et autres institutions financières ont une grande part de responsabilité dans le déclenchement de la crise, il est indispensable d’instaurer une taxe sur ces dernières afin de créer un fond de sureté permettant de prévenir les futures crises. Nous appelons également à la création d’une taxe Tobin.
Néanmoins, il faut aller plus loin encore en demandant la suppression définitive du secret bancaire pour lutter efficacement contre les paradis fiscaux, qui sont loin d’être supprimés.
Enfin, nous ne devrons pas manquer le tournant de la régionalisation. Les différents continents et sous-continents doivent poursuivre leur intégration, première étape vers un gouvernement mondial. A ce titre, nous devons être les premiers acteurs de la construction européenne. Mais nous devons aussi nous tourner vers l’autre rive de la Méditerranée. C’est possible au travers de la constitution d’une Union pour la Méditerranée (UPM), porteuse de valeurs résolument éloignées des pratiques de la Françafrique que nous ne pouvons plus cautionner.

Pour la mise en place d’un portail culturel français et européen

La refonte du système « CulturesFrance » nous apparaît comme nécessaire, tout comme la remise à plat des Instituts Victor Hugo chargés de faire rayonner culturellement la France dans le monde. La place et le rôle de la Francophonie dans le monde doivent être renforcés. Toutefois, des solutions d’ordre purement national ne nous suffisent pas. Il est temps de doter l’Union Européenne d’une agence culturelle chargée de coordonner et d’impulser des projets culturels à l’échelle régionale, avant de trouver une place significative au niveau mondial.
En outre, au chapitre des réformes des institutions internationales, le rôle de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture) ne doit pas être oubliée.

Renforcer la justice internationale

Le droit international a connu une inflation dans les dernières décennies. Les règles, définies par les traités ou par coutume, doivent être pleinement appliquées et les contrevenants doivent être sanctionnés, sans qu’un Etat ne puisse resté impuni en cas de violation du droit international.
C’est toute l’ambition de la Cour Pénale Internationale (CPI). La France, tout en la ratifiant, a mis de nombreuses barrières à son application pour elle et ses ressortissants. Les socialistes, de retour au pouvoir, devront les faire sauter. Une action volontariste devra également être entreprise afin de convaincre les derniers pays qui ne l’ont pas ratifié (USA en premier lieu) de le faire. L’absence de certains grands pays dans la CPI et les nombreuses barrières misent par les pays occidentaux accroissent le sentiment d’injustice que peuvent ressentir les pays africains notamment.

Pour une politique de défense de gauche

Maîtriser la violence des échanges internationaux, c’est définir une politique de défense de gauche. Elle doit être européenne, parce que là encore, c’est l’échelon le plus pertinent, mais non alignée. Ainsi, il nous faudra être les artisans d’une alliance européenne de défense, et quitter une OTAN devenu illégitime. Nous nous prononçons pour le désarmement nucléaire unilatéral. En effet, la bombe n’est plus un garant d’indépendance et n’a jamais été un garant de stabilité.
Pour améliorer les conditions de vie des soldats, dont la durée de l’engagement se réduit dramatiquement, nous proposons de leur accorder le droit à une représentation syndicale. Enfin, choqué par l’indifférence d’une Nation à la mort de ses soldats, il nous apparaît urgent de retisser les liens entre les Français et les jeunes hommes et femmes qui se battent pour eux.
Nous voulons affirmer ici notre opposition au nation building, c’est à dire le renversement d’un gouvernement pour imposer une nouvelle organisation politique, comme les Etats-Unis essaient de le faire en Irak et en Afghanistan. En conséquent, nous appelons à un retrait immédiat des forces françaises d’Afghanistan et à l’implication de la communauté internationale dans le processus de paix.
Pour autant, cela ne signifie pas rester inactif face au terrorisme, dont la mutation des formes et des moyens d’actions a marqué lourdement l’entrée dans le XXIème siècle. Dans la lutte contre le terrorisme, ce sont les moyens de renseignement humain et technologique qui devront être accrus, pas les déploiements armés. Nous refusons toutefois que les lois nationales antiterroristes ne soient justement autant de biais pour réduire les libertés individuelles. Un groupe de travail parlementaire sera d’ailleurs chargé de veiller à cela.

Une nouvelle Déclaration Universelle pour de nouveaux droits

Nous en appelons à une nouvelle Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui mette l’accent sur des enjeux nouveaux, comme les questions environnementales, la défense de la liberté syndicale partout dans le monde, les libertés individuelles, notamment numériques, l’égalité entre les hommes et les femmes et la lutte contre les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle.

Conclusion

Les Jeunes Socialistes français sont engagés au plan international dans l’Union Internationale des Jeunesses Socialistes (IUSY). Depuis début 2010, nous sommes en charge du groupe de travail sur les Mouvements Sociaux et du Global Progressive Youth Forum, groupe de réflexion et d’action sur le capitalisme.
Nous sommes également membre des Jeunes Socialistes Européens (ECOSY), où nous menons une action depuis plusieurs années pour qu’elle redevienne un lieu où l’on fasse de la politique. Nous appartenons à ce titre à une alliance européenne, la Left Wing, qui rassemble des organisations européennes de jeunesse socialiste (Autriche, Belgique, Irlande, Espagne, République Tchèque, etc.).
Nous avons enfin fait le choix de rapprocher les questions internationales au plus près des militants des jeunes socialistes. Ainsi, nous avons organisé cet été 5 camps interrégionaux pour préparer cette convention. Ils ont rassemblé plus de 500 Jeunes Socialistes. Nous menons par ailleurs une politique de jumelage de nos fédérations avec des fédérations d’autres pays européens. Enfin, nous avons entrepris un travail sur le long terme avec la fondation Danielle Mitterrand – France Libertés autour de l’eau, bien commun de l’humanité. Nous proposons ainsi à nos militants de mener des chantiers de solidarité internationale autour de cette question (ou d’autres).
Pour les Jeunes Socialistes, l’Internationalisme, c’est l’avenir du socialisme !

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