Laurianne Deniaud : « La Génération Changement a toute sa place chez les socialistes »

Chers amis.

Merci à toi Olivier de nous accueillir ici à La Rochelle. Merci à tous les socialistes et d’abord à la première d’entre eux, Martine Aubry, de nous avoir permis d’être fiers tous ensemble de notre famille cette année, d’être fiers d’être socialistes.

Merci aux équipes du MJS et du PS de Charente maritime, à nos équipes nationales et aux permanents, merci enfin aux camarades, et j’ai même envie de dire aux amis, du service d’ordre qui sont militants et qui font un boulot parfois un peu ingrat mais qui sont toujours fidèles au poste.

C’est un plaisir et un honneur que d’être ici pour les jeunes socialistes, c’est une fierté de vous retrouver après toutes nos mobilisations, après une année d’action pour notre mouvement.

Nous avons dénoncé les dérives monarchiques de Sarkozy et de son fils à l’Epad. Nous avons débattu lors de notre congrès à Grenoble, et tu étais là Martine, avec nous. Nous avons porté la bataille du logement avec les SDF, dans les squats et dans les cités U.

Nous avons manifesté avec les sans papiers, nous nous sommes battus dans toute la France pour faire ce printemps rose des régionales.

Nous avons porté des débats sur l’emploi des jeunes, sur la ville et les territoires et remis des centaines de propositions concrètes, c’est notre projet « Perspectives 2012 ».

Nous avons fait la votation lycéenne avec la jeune gauche et nous avons défendu le droit à la contraception chez les jeunes.

Nous avons défendu l’accès universel à l’eau dans le monde avec la fondation de Danielle Mitterrand, nous étions de toutes les marches des fiertés pour défendre l’égalité des droits et enfin nous nous sommes engagés dans la grande bataille des retraites, en portant des propositions, en allant les défendre devant ce bien triste ministre Woerth.

Voilà l’année des jeunes socialistes. Voilà pourquoi je voudrais que nous remercions ce matin les socialistes, les militants, les jeunes socialistes de toute la France pour leur courage, leur envie, leur mobilisation !

Chers amis. Ce que je viens vous dire ce matin, en tant que présidente des jeunes socialistes, le plus grand mouvement politique autonome chez les jeunes, c’est que cette année était une mise en jambe, rien de plus. Les plus grands défis sont devant nous.

Quand j’étais au collège à Saint-Nazaire, mes copains étaient mélangés, fils des ouvriers des chantiers de l’Atlantique ou de parents au chômage, enfants de fonctionnaires, de familles installées dans la région depuis des siècles ou enfants de l’immigration. Dans ma fac à Nantes, puis à Paris c’était des rencontres avec d’autres horizons, des engagements, d’autres origines en France, d’autres parcours de vie…

On avait malgré tout, tous des choses en commun. On était déjà inquiet pour l’avenir, le chômage nous faisait peur, mais on espérait quand même construire sa vie, on cherchait à être heureux, on croyait en l’engagement politique, c’était le 21 avril, c’était le CPE. Quelque chose a changé depuis. Quelque chose se casse chaque jour un peu plus dans la France Sarkozyste, et un risque émerge dangereusement : ce risque c’est le rejet de la politique face à une vie qui désespère chaque jour, c’est la montée de la violence, de l’abstention, de la haine et de l’indifférence.

J’ai travaillé plusieurs années dans l’Essonne, dans les quartiers difficiles, où l’on se sent parfois plus proche de tous ces sentiments, de ces problèmes. Si Ferrat était encore avec nous je me suis demandé comment il la raconterait cette France là. Parce que c’est aussi notre France, cette France qu’on aime, ces cités qu’on ne peut qu’aimer quand on les rencontre, qui vivent la rage au cœur, avec ces mammas qui tiennent leurs quartiers à bout de bras, ses jeunes qui affrontent toutes les difficultés, ses tours et ses associations, ses larmes et ses cicatrices.

Cette France là, je l’aime autant que nous aimons les terrils du nord, les falaises sur l’Océan, les sommets enneigés, la douceur des vignobles et des collines. Nous aimons la France de Kerry James et de Grand Corps Malade et nous aimons celle de Rimbaud et d’Eluard. Nous aimons ce pays enfant d’une histoire ancestrale et de multiples immigrations. Nous aimons ce pays parsemé de cathédrales, de mosquées, de synagogues et de temples, ce pays qui est aussi le premier pays des athées, ce pays qui a inventé la laïcité pour que tout le monde puisse vivre ensemble et pour sublimer la liberté, la liberté de conscience.

C’est parce qu’on aime cette France là, celle aussi des droits de l’Homme, de la commune, du Front populaire, de la résistance et de la Libération, que notre cœur se soulève quand on voit ce qu’ils en font et que nous sommes en colère en cette rentrée.

Ce gouvernement fait honte aux valeurs de la République, comme jamais aucun gouvernement républicain n’a fait honte à notre pays. La liste est longue de ce qu’on appelle des dérapages, mais qui sont en fait des dégueulis racistes, nous en avons assez de cette honte qui coule partout et nous ne devons jamais nous en lasser ou ne plus relever l’énième propos, ne plus le condamner.

Nous sommes en colère quand un ministre de la République, Hortefeux, est condamné de ses propos qui veulent bien dire que trop d’arabes ça pose problème.

Sauf qu’à la différence de Monsieur Hortefeux, nous sommes férocement attaché à la présomption d’innocence et au droit de faire appel d’une décision de justice. Mais si en appel, une nouvelle fois, il est condamné pour injure raciale, il ne faudra pas jouer les timorés mes chers camardes.

Jean-Marc existe-t-il une meilleure raison pour faire une motion de censure que de vouloir obliger chaque député à se prononcer sur le bienfondé de la présence ou non d’un ministre raciste dans un gouvernement de la République.

Comment ne pas être en colère quand on traite les Roms comme des chiens, en détruisant leurs biens, en séparant hommes et femmes au petit matin.

Honte de la jungle de Calais, honte de voir des hommes se taillader les doigts plutôt que d’être trahis par leurs empreintes digitales.

Assez de Honte, assez de les voir se vautrer dans toute cette fange dans l’unique but de grappiller quelques points au FN et de masquer leurs échecs économique, sociaux, et maintenant aussi leur faillite morale.

Cette faillite morale, c’est aussi leur indécence au pouvoir.

C’est le financement occulte, les arrangements avec la loi, la justice muselée, l’esprit public piétiné.

C’est partout l’argent, l’argent qui corrompt ce pouvoir pourri, qui gaspille l’argent du peuple au service de ses commanditaires.

Cette faillite, c’est la République pillée pour payer les menus plaisirs des plus grands des grands bourgeois.

Après 12 ans avec Chirac et 5 ans avec Sarkozy, c’est la République que nous devrons nettoyer au Karcher.

Nous devons rompre ce cycle. Nous proposons une vision de la démocratie différente, nous devons parler à nouveau de morale publique et d’une politique en laquelle on puisse avoir confiance, où la fin ne justifie pas tous les moyens. Où la corruption est durement sanctionnée, où la transparence est la règle, où le financement politique est plus précisément encadré, où la liste des donateurs est publiée.

Mes amis. Ce qui se joue en ce moment chez les jeunes qui sont au lycée, à l’université, dans la précarité, les jeunes actifs, les jeunes des banlieues, les jeunes des campagnes, dont on ne parle jamais, ce qui se joue est important. Nous devons changer l’avenir d’une génération.

Car on ne peut construire l’avenir de notre pays avec une génération qui ne connaît que la précarité, et l’insécurité sociale.

On ne peut construire l’avenir d’une génération en lui donnant comme seule perspective de travailler jusqu’à 67 ans, de cotiser 44 années ce qui est de toute façon impossible avec un chômage abyssal chez les jeunes comme les seniors.

On ne peut construire l’avenir d’une génération en la privant du droit à la santé, en multipliant les déremboursements et en refusant toute augmentation des cotisations patronales.

Nous avons un message à transmettre aux jeunes de France. Un message d’espoir, une certitude à affirmer : si la politique peut le pire elle peut aussi le meilleur, et ce meilleur c’est à nous de le réaliser.

Je veux que nous portions la voix de tous ces jeunes qui ont joué le jeu qu’on leur a demandé de jouer, qui ont travaillé dur pour étudier, qui aujourd’hui n’ont pas de travail ou qui sont payés une misère.

Nous sommes la voix des jeunes, qui créent, qui ont des projets mais à qui on ne donne pas les moyens de faire vivre ces initiatives.

Nous sommes une voix qui n’a pas de tabous et qui ne s’interdit de parler d’aucun sujet sous prétexte qu’ils ne seraient pas faciles pour la gauche.

Nous sommes aussi la voix de ces jeunes femmes qui, cet été, ont été kidnappées pour être mariées de force, violées. Nous sommes la voix des femmes victimes de la polygamie, sans-papiers, soumises et esclaves, à qui on vole enfants et existences.

Nous sommes une voix qui dénonce ces injustices et qui propose un autre avenir.

C’est la vie d’une génération qui est en jeu. Car nous aurons besoin de la mobilisation de cette génération pour gagner. Nous avions mobilisé formidablement les jeunes en 2007, Ségolène Royal avait eu cette volonté et a souvent trouvé les mots qu’il fallait. Nous aurons besoin de faire au minimum aussi bien, sinon nous perdrons en 2012.

Nous, les socialistes, nous allons parler aux jeunes cette année, nous allons parler avec les jeunes, nous allons leur proposer de s’engager avec nous pour qu’ils deviennent la génération changement.

La génération changement veut créer et travailler. Elle veut être formée pour reconstruire un pays qui est aujourd’hui en ruine à bien des égards.

Elle veut accéder à l’indépendance dans sa vie, dans des rapports respectueux et équilibrés avec sa famille et elle a besoin du coup de pouce de l’allocation d’autonomie pour se former et prendre son envol.

La génération changement, c’est celle qui veut – comme la proposé Régis Juanico – que chaque enfant, chaque famille puisse se retrouver tous les ans en partant en vacances.

La génération changement est métissée et multiculturelle et elle ne supporte plus de voir des CVs jetés à la corbeille parce qu’ils n’ont pas le bon nom, la bonne photo et la bonne adresse. Elle veut des mesures actives contre les discriminations, une police et une justice qui agisse et qui sanctionne les racistes et fasse appliquer la loi.

La génération changement, c’est celle qui met fin à la Françafrique, au néocolonialisme militaire et économique.

La génération changement c’est aussi celle qui n’a jamais connu l’amour sans capote, celle qui veut un engagement franc et massif afin de mettre fin à la pandémie du Sida et éradiquer le VIH.

La génération changement est celle qui veut enfin voir stopper la monté effréné de la violence dont les jeunes sont, ne l’oublions jamais, les premières victimes.

Quand un de mes amis se fait agresser dans le métro, multiples fractures du nez pour un portable, les caméras de vidéosurveillance filment la scène. Alors, oui on est capable de savoir qu’en 41 secondes l’agresseur est sortie de la gare mais après… et bien après : rien.

Rien – parce qu’il n’y a plus les policiers sur le terrain.
Rien – parce qu’il ne faut pas perdre de temps sur une enquête qui a peu de chance de succès car cela fait baissé les statistiques.
Rien – car la justice n’a pas les moyens.
Rien – car la technologie ne remplacera pas l’humain.
La génération changement c’est celle qui veut une politique de sécurité de gauche.

Des policiers du quotidien présents en permanence dans nos villes et nos villages plutôt que des descentes des forces mobiles déguisées en « Tortues-Ninja ».

Des policiers mieux payés, mieux formés, qui vouvoient et respecte chaque citoyen, qui ne contrôlent plus au faciès les mêmes 10 fois par jours et qui ne menottent plus ou ne mette en garde à vue pour un rien.

La génération changement, c’est celle qui veut la régularisation de tous les sans-papier. Avoir 20 ans en 2012 c’est avoir vécu 20 ans avec une gauche qui a eu trop longtemps peur d’elle même sur ce sujet.

Nul ne quitte son pays pour aller vivre dans un autre, quittant sa famille, étant à la merci des trafiquants et de la loi de la mafia sans en avoir l’impérieux besoin. Dans aucun pays d’Europe il y a eu un afflux d’immigré suite à des régularisations massives.

Nous sommes à la fin d’une période absurde. Nous brûlons des moyens considérables dans la politique actuelle.

Est ce la meilleure façon d’employer les forces de polices que de les consacrer à la traque de pères de familles ?

Est-ce efficace d’encombrer l’administration des préfectures et des tribunaux et de créer ses files d’attentes interminables ?

Est-ce plus utile de construire des logements ou des centres de rétentions ? Est ce que c’est de l’argent bien dépensé quand une seule expulsion c’est un coût qui revient à 30 000 euros en moyenne ?

Est ce qu’on atteint pas le summum de l’absurdité dans l’emploi de l’argent public en dépensant près de 200 millions d’euros pour détruire des camps de Roms, les expulser devant les caméras avec une prime de quelques centaines d’euros vers un pays de l’union européenne d’où ils pourront librement revenir en payant le car avec l’argent de la prime versée ?

On ne se sortira pas de cette absurdité sans courage et sans faire œuvre de conviction. Il faut dire les choses. Quand un travailleur avec de faux papiers travaille il cotise à la sécurité sociale sans en bénéficier, c’est cela la réalité.
Et sincèrement, qui peut croire que l’on financera nos retraites sans un recourt important à l’immigration dans les trente années qui viennent ? Nous devons aussi là dessus dire la vérité.
Ceux qui parlent de conditions de régularisation doivent être aussi clairs sur les critères pour l’expulsion, sur les moyens à y consacrer comment on arrête les personnes à expulser, combien de charter par an ?

C’est un non sens.

Alors disons le :
Régularisation de tous les sans papiers.
Rétablissement les titres de séjours de dix ans.
Abrogation des lois Pasqua, Debré, Chevènement, Sarkozy, Besson et Hortefeux.

La génération changement c’est celle qui exige des socialistes du courage et de la conviction.

La génération changement a toute sa place chez les socialistes.

Je l’appelle ce matin à nous rejoindre, je vous appelle à aller les chercher pour irriguer notre famille politique, nous les accueillerons tous et toutes, jeunes des quartiers dans notre réseau cité en mouvement, jeunes des campagnes dans notre réseau jeunes ruraux, jeunes actifs, jeunes étudiants, jeunes lycéens pour lesquels nous créeront des réseaux, espaces de débat et d’action pour construire l’alternative.

La génération changement, n’a aucun complexe quand elle fait de la politique. On veut une politique qui dise les choses, qui parle vrai. Qui ne se cache pas derrière son petit doigt.

Alors on va se dire les choses : pour les primaires, les jeunes socialistes feront sans doute chacun campagne pour le ou la candidate qu’ils soutiennent personnellement, mais ils seront tous là, dès décembre avec l’inscription sur les listes électorales, et toute l’année pour faire participer les jeunes aux primaires et ils seront là après pour faire gagner le candidat de la gauche.

On va se dire les choses, nous devons continuer et aller beaucoup plus loin dans la rénovation, nos salles sont encore très blanches, très mâle, trop âgées, notre militantisme est trop codifié.

Mon appel à ce que les jeunes nous rejoignent, c’est aussi un appel à ce qu’ils prennent leur place, qu’ils inventent des façon de faire, qu’on ouvre les cadres, qu’on ne cumule plus, qu’on casse les petites habitudes, qu’on renouvelle les candidats comme on ne l’a jamais fait, qu’on ait jamais peur d’être plus nombreux, de faire des choses qu’on a jamais faite avant.

Nous sommes le camp du mouvement, notre famille politique doit faire vivre plus profondément ce mouvement en elle-même parce que c’est ça aussi le sens du progrès, c’est ça aussi notre engagement : prendre le pouvoir pour le rendre au peuple.

Le peuple nous irons le chercher comme il est et nous lui ferons connaître notre message. Et nous irons parler à tout le monde.

Il n’y a pas un citoyen dans ce pays à qui nous n’avons quelque chose à dire, qu’il ait voté PS, écolo, extrême gauche et même au centre, et même qu’il se soit fait berner par Sarkozy ou laissé tenté par le FN ou qu’il se soit résigné et qu’il s’abstienne.

Nous sommes la gauche populaire qui rassemble les jeunes, les travailleurs, les chômeurs, les intellectuels, les artistes, les retraités, et tous ceux qui vivent de leur force de travail.

Chers amis. Le monde change et les socialistes changent. Le PS change, le MJS change. Nous avons encore du pain sur la planche. Projet, stratégie, rénovation, ouverture aux Français : voilà le cap.

Chers amis, nous savons ce que nous devons construire pour la France et son histoire. Nous connaissons notre responsabilité. Elle est simple. Nous devons être prêts à gagner, prêts à gouverner et prêts à faire vivre la France qu’on aime et permettre à chacun de vivre la vie qu’il espère.

Quand je vois le travail que les socialistes on fait cette année et ici à la Rochelle, quand je vois l’envie, le travail et l’unité dans cette salle, dans notre famille, chers amis, j’en suis convaincue, nous pouvons aujourd’hui dire au peuple de gauche et aux Français cette phrase simple :

Le jour venu, nous serons prêts.

Préparez le changement: restez informés!

2 commentaires

  1. haimi

    8 septembre 2010 à 04:57

    c a travers le discours en comprend notre ligne politique vraiment c revolutionnaire c progressiste aussi il a bien analysé ;déterminé ;les strucctures politiques de la société francaise et autrement dit il a bien sensiblisé notre jeunesse socialiste et je souligne sur ce dernier par ce que c elle qui peut guider et orienter tout changement positif et pour cette raison notre camarade choisi de l’appeler la géneration du changement.

  2. MOUVEMENT JEUNES SOCIALISTES, MJS

    6 février 2011 à 03:01

    [...] leur candidat en 2012.La Génération Changement a toute sa place chez les socialistes Source : jeunes-socialistes.fr/generation-changement-chez-les-socialistesLe site des jeunes socialistesVisitez le site :www. jeunes socialistes .fr Pas encore de [...]

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