Pour une autre politique de sécurité et de défense européenne !

La Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) est inscrite dans les traités depuis celui de Maastricht. Elle se manifeste principalement par des opérations au service de la paix. Ainsi, plus de 21 missions militaires ou opérations de reconstruction ont été menées par l’UE depuis plus de dix ans. Cette évolution s’est accompagnée de la création de plusieurs organes de décisions, comme le Comité Politique et Stratégique (COPS), qui permettent la mise en oeuvre de la PSDC, instances complétées par le comité de l’Etat-Major de l’UE. Néanmoins, après des années d’évolution satisfaisante, la dynamique politique de la PSDC semble peu à peu s’essouffler. Force est de constater en effet que l’UE est incapable de réunir dans de bonnes conditions les forces nécessaires pour l’accomplissement de ses missions, de jouer un rôle majeur sur la scène internationale et de s’assurer enfin une réelle autonomie politique et militaire vis-à-vis de l’OTAN.

La construction de l’Europe de la défense ne figure plus parmi les priorités de l’UE, freinée par un manque cruel d’ambition, l’absence de stratégie commune, et surtout le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, qui compromet l’évolution de la défense européenne. Il est pourtant impératif d’actualiser la «stratégie européenne de sécurité» adoptée en 2003 et révisée en 2008, qui fixe les grandes orientations stratégiques de l’UE. Elle permet en effet d’identifier les menaces globales (terrorisme, prolifération des armes de destruction massives (ADM), piraterie), de renforcer le multilatéralisme, la démocratie et la paix dans le monde. Hormis la mise en place d’un «Erasmus militaire», le document adopté par le Conseil européen en 2008 est peu ambitieux (absence de définition d’une nouvelle stratégie par rapport à la Russie et l’OTAN, objectifs capacitaires limités). Notons que la rédaction du Livre Blanc sur la défense en France en 2008 a été élaborée dans un cadre uniquement national. La France a donc manqué l’occasion de lancer des travaux sur ce Livre Blanc européen durant la présidence française, ce qui nous aurait pourtant permis de poser des bases solides pour les programmes de coopération actuels et futurs. La PSDC est un outil fondamental qui nous assure une défense commune et nous permet de mener une politique crédible en matière de Défense. Nombreuses sont en effet les questions de défense à pouvoir être traitées de manière plus pertinente et efficiente au niveau du continent.

En ce sens, le Mouvement des Jeunes Socialistes réaffirme son attachement à l’avancée nécessaire d’une véritable Europe de la défense. L’Union européenne doit pouvoir disposer d’une véritable autonomie politico-militaire vis-à-vis de l’OTAN. La démarche choisie par le Président Sarkozy n’assure en rien l’équilibre entre les deux instances et éloigne considérablement la perspective de l’Europe de la défense.

Préparez le changement: restez informés!

1 commentaire

  1. kev

    1 octobre 2011 à 10:52

    L’Europe de la Défense est une illusion, les états membres ont trop de divergences entre eux en matière de politique internationale. De plus, les pays de l’est comme la Pologne et les pays baltes par exemple, préfèrent s’investir dans l’OTAN pour leur défense en s’abritant notamment derrière le parapluie américain. Ces pays ne croient pas en une Défense européenne car ils voient bien tout d’abord la faiblesse des budgets de la défense des pays européens. En Europe la France et la Grande-Bretagne sont les deux seules puissances militaire ayant de fortes capacités d’intervention militaire. De plus la Grande-Bretagne, le fidèle allié des Etats-Unis ne veut pas d’une Défense européenne, et une défense européenne sans la Grande-Bretagne n’existera pas.
    Imaginez si vous voulez construire un porte-avions européen :
    tant que les états membres se mettent d’accord pour savoir qui va le construire ça va prendre des années, ensuite dans quel pays sera son port d’attache? Quels avions mettre dessus, sachant qu’en Europe le « cheval de Troie » Boeing F35 commence à bien s’implenter, et il n’y a que Dassault en Europe rivalisant avec les américains. Et comme les européens achètent principalement que des avions américains, bref on leur ouvrira un marché…. Puis qui va le commander ce porte-avions, quels navires vont l’accompagner? Même le fait de choisir une langue officielle à bord de ce navire va poser problème!!!
    Sans parler du fait que les pays européens ont tellement de divergences sur la politique internationale comme on l’a vu en Irak en 2003 et plus récemment sur la Libye que ce porte-avions ne bougera jamais de son port.
    J’ai pris comme exemple le porte-avions mais vous pouvez mettre à la place « Défense européenne » c’est exactement pareil.

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