Le décrochage scolaire, prétexte gouvernemental pour ficher les élèves

A partir de mai 2010, une partie d’une application informatique permettant de recenser les collégiens ou lycéens qui sont en cours de déscolarisation sera mise en place dans les établissements scolaires de second degré.

Il s’agit d’un recensement nominatif assorti d’informations sur leur parcours scolaire et les motifs présumés du décrochage.

Tous les prétextes sont bons pour mettre en place le fichage des jeunes !

Au nom de la lutte contre l’absentéisme scolaire et contre l’échec scolaire l’UMP remet en œuvre un de ses vieux désirs: le fichage de la jeunesse. Alors que dans la campagne présidentielle, la droite avait souligné sa volonté de ficher certains jeunes, pour ne pas dire tous, dès l’âge de 3 ans, restée au pouvoir elle met en œuvre cette volonté.

Alors que ce fichier est présenté comme un outil permettant entre autre de mieux cerner le décrochage, son application atteste de la volonté de fichage général, puisque les informations récoltées seront partagées avec d’autres services de l’État. En effet, la circulaire de rentrée rappelle que le principe de non transmission des informations n’est pas absolu dans l’éducation nationale : les informations « préoccupantes » pourront ainsi être transmises au Conseil Général et aussi au Procureur de la République. Or, ces dernières ne sont en rien définies et délimitées, ce qui est d’autant plus dangereux qu’il pourrait s’agir des motifs du décrochage, pouvant être d’ordre purement privé.

Pour les jeunes socialistes, la lutte contre le décrochage scolaire et l’exclusion doit être une priorité de l’éducation nationale !

Le décrochage scolaire est un phénomène complexe qui fait qu’un élève rompt progressivement avec l’École et rentre progressivement dans une situation de déscolarisation mais également d’exclusion. Il traduit une forme de mal-être social profond, une souffrance psychologique. Danielle Zay, auteur de : «Prévenir l’exclusion scolaire et sociale des jeunes » souligne dans son étude que l’on constate bien que les problèmes d’exclusion scolaire et d’exclusion sociale sont liés. Il y a «une relation étroite entre le taux de pauvreté de l’enfance, le chômage des adultes et la prédominance des foyers monoparentaux . Les jeunes défavorisés vivant dans ces circonstances sont vulnérables aux désavantages sociaux, psychologiques et de santé » .

Il n’existe pas une cause expliquant ce processus ! Tous les élèves ne décrochent pas pour les mêmes raisons. A la différence de la droite, nous ne pensons pas que ficher un élève permettra de résoudre le problème de la déscolarisation. Nous appelons donc à des réponses fortes afin de permettre aux élèves de réussir et de s’épanouir tout au long de leur scolarité et demandons:

  • Un plan massif pluriannuel de recrutement d’enseignants, de CPE et de COP. La prise en charge et le suivi des élèves tout au long de leur scolarité doivent être renforcés. Il s’agit de donner les moyens nécessaires à l’ensemble de la communauté éducative pour lui permettre de de garantir la réussite et l’épanouissement des élèves.
  • La sauvegarde et la transformation des IUFM pour assurer une formation initiale et continue des enseignants, en intégrant des aspects tant théoriques que pratiques, et en redéfinissant le métier d’enseignant. Cette politique passe par de nouveaux moyens pour les enseignants, pour les établissements, pour les élèves, pour faire cours, pour orienter et pour évaluer différemment. Un effort considérable doit être fait afin de former l’ensemble des personnels au travail en équipe.
  • Allonger la durée de scolarité à 18 ans pour tous les jeunes sans qualification. Tout en introduisant un dispositif « 100% d’une classe d’âge qualifiée », il s’agira de garantir une qualification pour chaque jeune, protectrice sur le marché du travail.
  • Créer dans tous les lycées une cellule « école-insertion » qui assure le suivi de tous les anciens élèves dans les trois années qui suivent la sortie du système éducatif pour savoir où en est le jeune (Etude supérieur, emploi, chômage, contrats précaires) et favoriser le retour en formation pour ceux qui sont sortis sans qualification ou qui souhaiteraient reprendre une formation
  • La délivrance de moyens pour permettre un plan de prévention contre le décrochage scolaire qui permette de lutter efficacement contre ce phénomène et apporte aux élèves des perspectives d’avenir. (exclusion uniquement votée par le conseil de discipline, mise en place de dispositifs relais et de modules d’aide à la parentalité dans chaque établissement, renforcement de la présence des personnels médicaux-social et association au travail mené par les équipes pédagogiques…)

Préparez le changement: restez informés!

Commentaires

Soyez le premier à réagir !

Réagissez !

Vous devez être connecté(e) pour rédiger un commentaire.