Voter contre la Commission Barroso II : une question de cohérence et de courage politique

La délégation socialiste française au Parlement européen a unanimement décidé, lors du vote d’investiture de la Commission européenne mardi 9 février 2010, de ne pas accorder sa confiance à la nouvelle équipe proposée par José Manuel Barroso.

Il s’agit là d’un choix politiquement cohérent et courageux dont se félicite le MJS.

Cohérent car plusieurs des candidats au poste de commissaire, y compris parmi ceux en charge des domaines d’action les plus importants, ont révélé au cours de leur audition par les députés européens un manque de compétence et de préparation les rendant indignes d’un tel mandat. De toute évidence, M. Barroso avait donné à ses poulains des consignes de prudence : ne rien dire plutôt que de risquer de faire des vagues. Une stratégie qui a déjà fait ses preuves puisqu’elle lui a permis de se faire réélire à la tête de la Commission européenne en juillet dernier.

Au sein du mouvement des jeunes socialistes, nous nous ne voulons pas de cette Europe sans ambitions incarnée par M. Barroso, nous ne voulons pas, pour les cinq années à venir, d’une Commission européenne au rabais et nous saluons donc la décision des eurodéputés socialistes français qui, après avoir voté contre l’investiture de José Manuel Barroso, ont refusé d’apporter leur soutien au reste du collège.

Que cette Commission Barroso II soit dominée par les conservateurs et les libéraux était déjà un problème en soi, mais elle n’est malheureusement en cela que le reflet de l’équilibre politique actuel au sein de l’Union. Qu’elle n’ait aucun projet, aucune vision politique pour l’Europe, c’est tout à fait inacceptable.

Les socialistes français ont pourtant été les seuls, au sein du groupe de l’alliance progressiste des socialistes et démocrates (groupe S&D) à avoir le courage de s’opposer à la nouvelle Commission. Pour les camarades dont le parti est au pouvoir au niveau national, que ce soit seul ou au sein d’une coalition, la raison du soutien à l’équipe Barroso II est évidente : le vote portant sur l’ensemble du collège, et non pas sur chaque commissaire individuellement, un vote négatif serait revenu à s’opposer au candidat désigné par leur propre gouvernement.

Quant aux autres, pour une grande majorité d’entre eux, c’est probablement la peur de laisser l’Union dans l’impasse institutionnelle qui les a poussés à adouber une Commission dont ils reconnaissent pourtant la vacuité politique et programmatique.

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