Pour une enseignement de qualité et ouvert à tous : l’unification de l’enseignement supérieur !
- Vendredi 19 février 2010
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La polémique allumée en janvier 2010 par la décision présidentielle de créer des quotas de boursiers dans les grandes écoles a le mérite d’avoir ouvert un débat récurrent, vieux comme la république.
La dualité de l’enseignement supérieur français met en place une discrimination de fait entre les enfants appartenant à des classes sociales plus favorisées et les autres, perpétuant ainsi la reproduction sociale d’une classe dominante. Selon une note de 2005 de la Conférence des Grandes écoles (CGE), les enfants de cadres supérieurs et professions intellectuelles représentent 60% des élèves des grandes écoles d’ingénieur et 68% des élèves des grandes écoles de commerce, tandis que les enfants des ouvriers/employés (qui couvrent pourtant la moitié de la population active française) y occupent une place résiduelle oscillant entre 12% (écoles d’ingénieurs) et de 8% (écoles de commerce).
Avec le système des classes préparatoires, et les grandes écoles financées par L’Etat, celui-ci paye aujourd’hui plus pour des étudiants de parents riches et de milieux favorisés, concentre plus de moyens, plus de capacités pédagogiques pour une élite quantitativement insignifiante. Un étudiant de grande école peut coûter jusqu’à 12 fois un étudiant d’une université… Ce système n’est plus adapté, la reconnaissance vient de grandes universités rassemblant des chercheurs reconnus, des moyens et infrastructures attractives, des potentiels immenses. La concentration budgétaire et intellectuelle des moyens de l’université et des grandes écoles serait donc un moyen de favoriser en partie une plus grande égalité sociale, mais serait aussi un outil de revalorisation de l’université favorisant une plus grande reconnaissance aussi bien au niveau national qu’au niveau international. Cela ne peut donc se faire qu’avec un cadre national des diplômes, afin d’éviter une mise en concurrence entre les universités et les étudiants.
L’unification de l’enseignement supérieur, avec l’intégration des classes préparatoires et des grandes écoles aux universités, pourrait permettre un brassage social un peu plus large, cela pourrait aussi permettre une réelle émulation entre les talents des universités et des grandes écoles, celles-ci pouvant échanger dans un cadre commun. Supprimer les grandes écoles ce n’est donc pas non plus tirer le niveau vers le bas, c’est la réclamation des l’excellence pour tous, sans discrimination.
La fin des grandes écoles, la mise en place d’universités reconnues et ouvertes à tout le monde, la mise en place d’une allocation autonomie, ce sont trois éléments pour permettre à tous, sans discrimination, d’être porté au plus haut de ses capacités; c’est le moyen de prendre et de porter au plus haut les meilleurs éléments d’une génération quelque soit leur condition ou leur origine.


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Briffaut
21 février 2010 à 10:11
Les chiffres donnés sur les pourcentages des différents classes sociales dans les filières grandes écoles sont intéressantes. Dispose-t-on des mêmes chiffres pour les L3 ? Ce serait intéressant de les mettre en perspective …
antoine
21 février 2010 à 22:51
Il est sûr que le rythme de la prépa est formateur en ce qu’il met une pression considérable sur l’étudiant et que la quantité de chose ingérée en 2ans est assez incroyable. Toutefois, il exclut toute possibilité pour l’étudiant de financer ses études (même en partie) et le prix des écoles de commerce fait souvent peur aux familles les plus modestes.
Un telle intégration permettrait il est vrai un meilleur brassage et tendrait vers l’égalité des chances.
Cependant, il ne faut pas se leurrer, une filière d’excellence doit avoir une sélection forte.
La persistance des écoles va de paire avec l’existence des prépas car même si on supprime les prépas publiques pour les remplacer par deux ans à l’université, les prépas privées qui auront de plus petits effectifs et plus de moyens auront un avantage certain.
Ainsi, on ne peut juste intégrer les prépas et les écoles à l’université. C’est tout ou rien.
En ce qui concerne le tout, tout n’est pas non plus possible.
Une solution serait de créer (comme il se fait aujourd’hui en droit et en économie actuellement) des magistères, sorte de parcours sélectif d’excellence au sein de l’université.
La sélection est faite sur dossier et entretien à bac+2. Il n’y a pas de frais supplémentaires, un nombre réduit d’élèves par classe et un excellent encadrement (comparable en cela aux prépas et aux écoles).
Le problème alors serait de savoir comment réintégrer ces 2 premières années dans la fac. Comment l’intégrer aux filières existantes?
Il suffirait peut être de faire comme tout le monde…les gens qui veulent faire du commerce vont dans la filière éco, les étudiants en lettre vont en lettre et les étudiants en science vont en science.
Ce qu’il faut, c’est varier les parcours à l’université à l’aide de magistères, d’échanges internationaux et de stages et diversifier encore plus les enseignements pour une spécialisation progressive.
En effet, tout le monde ne peut ou ne veux faire 4 ou 5ans d’études. Il faut donc une plus grande souplesse de l’université et surtout plus d’inventivité!!!
Lionel
5 avril 2011 à 13:15
Pourquoi supprimer ce qui marche à peu près bien ?
Le système des classe préparatoire permet de former en deux ans et de manière intensive des étudiants pour les préparer aux concours des grandes écoles. Ce système reste extrêmement coûteux du à l’encadrement nécessité (prof + colles) et donc ne pourrait pas être généralisable pour l’ensemble des étudiants (d’où une sélection à l’entrée).
Il est vrai que la proportion d’enfants appartenant à des classes sociales élevées est élevée mais étant donné que la sélection à l’entrée se fait sur les notes du secondaire, il serait plutôt ingénieux essayer de gommer ces différences de niveau en amont (collège & lycée)!
Il serait intéressant d’avoir les mêmes données d’appartenance sociales sur les étudiants issus de filières sélectives intégrées à l’Université comme ceux ayant été reçus au concours de médecine par exemple. Aujourd’hui, le constat pour ces filières est sans appel : pour réussir le concours, les cours de l’Université (20 à 30 heures par semaine en comptant les TD) ne suffisent pas. Ceux qui réussissent sont ceux qui peuvent se payer des cours prodigué par des boîtes privées et ce pour quelques milliers d’euros par an. Vu ces tarifs, je doute que les fils de smicards ont les mêmes chances au concours que les enfants de médecins. Au contraire, en classe préparatoire, l’emploi du temps (sur)chargé ne permet pas cet enseignement à deux vitesses et accroît ainsi l’égalité des chances aux concours.
Pour moi, le concours d’entrée reste un symbole fort de l’égalité républicaine et doit être conservé.
L’ascenseur social doit lui être réactivé en renforçant le secondaire, là où l’encadrement, l’orientation et le suivi des jeunes font aujourd’hui défaut faute à des politiques destructives et où seuls ceux qui pourront avoir l’appui financier de leurs parents (cours de soutien, voyages linguistiques,….) pourront s’en sortir.
Lionel,
ancien étudiant CPGE
ancien de l’ENS Cachan
…. issu de classe populaire
FKO
15 avril 2011 à 08:47
Ancien élève d’une ecole de commerce, j’adhère entièrement à cette proposition.
Le système des grandes écoles est par essence contraire au principe d’égalité. Elle n’opère presque aucune selection intelectuelle, en revanche à quelques exception seuls les élèves issus des CSP++ peuvent y acceder.
je vous invite à consulter le blog que je tiens à ce sujet. http://www.schoolsbiz.wordpress.com
Cordialement,