Les violences faites aux femmes : un projet de loi sans moyen ?

En 2008, plus d’un million de femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles, plus de la moitié d’entre elles ayant subi ces violences au sein du foyer. Souvent présentées comme des faits divers, ces violences sont en réalité un véritable fait de société, révélateur de la domination encore exercée par les hommes dans notre société.

Les violences faites aux femmes sont devenues un sujet de société majeur et un véritable enjeu politique. Le 25 novembre 1999 introduisait la première Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, un combat au cœur des luttes féministes autour duquel l’ensemble de la gauche et les associations féministes rassemblées, pour la plupart au sein du CNDF, revendiquent une véritable loi-cadre. Celle-ci prévoit notamment d’organiser l’accueil, la solidarité et la protection des victimes ; de systématiser la prévention ; de modifier les procédures judiciaires pour qu’elles traitent de manière efficace les violences faites aux femmes. Il est en effet indispensable de dépasser la seule répression, principale réponse apportée aujourd’hui.

Les milliers de signatures recueillies par le CNDF, soutenant la loi-cadre, a permis la création d’une mission parlementaire. En novembre dernier, celle-ci a rendu un rapport qui préconise une proposition de loi sur les violences faites aux femmes. Elle créerait, par exemple, une ordonnance de protection des femmes victimes de violences, elle interdirait la médiation pénale dans le cadre des violences conjugales et elle intensifierait également la formation de tous les professionnels sur les violences. Même si ce projet de loi, discuté ces prochaines semaines à l’Assemblée Nationale, ne reprend pas toutes les revendications féministes, elle contient néanmoins de réelles avancées pour lutter contre les violences.

Les Jeunes Socialistes s’interrogent, par contre, sur le financement et sur les moyens qui seront mis en œuvre pour répondre à ce que M. Fillon identifie aujourd’hui comme la grande cause nationale de l’année 2010. Nous savons que si cette loi est adoptée, il sera nécessaire d’ouvrir des centres d’accueil pour protéger réellement les femmes victimes de violence et d’embaucher des professionnels qui leur permettent de retrouver une véritable autonomie.

Ces violences sont l’expression la plus insoutenable de l’inégalité entre les hommes et les femmes. Ce projet de loi doit être appliqué et notre combat féministe doit perdurer.

Les Jeunes Socialistes continueront de se mobiliser pour qu’une loi cadre soit adoptée, excluant ainsi définitivement les demi-mesures.

Nous continuons de soutenir la nécessité de mettre en place un ministère d’Etat à l’égalité Femmes/ Hommes disposant de réels pouvoir transversaux dans l’ensemble des ministères et doté des moyens qui correspondent à l’ampleur et à la diversité de ses prérogatives.

Les jeunes socialistes ne cesseront de convaincre que le système patriarcal sur lequel notre société s’est construite freine non seulement l’émancipation de tous mais également une égalité réelle qui, même si elle est inscrite dans loi, n’existe pas toujours.

Préparez le changement: restez informés!

6 commentaires

  1. Jean GABARD

    27 février 2010 à 17:49

    Violences faites aux femmes …

    Alors que la parité n’a jamais été autant revendiquée, pourquoi n’est-il question que de violences faites aux femmes quand il s’agit de lutter contre les violences conjugales ?

    Les hommes ne sont-ils jamais victimes de violences physiques et à plus fortes raisons de violences psychologiques ? …

    Le problème à régler est-il uniquement la violence des hommes ?
    Et alors n’y aurait-il pas sexisme à considérer que seule la violence des hommes serait grave et à combattre alors que celle des femmes serait tolérée ? …

    Contre les violences faites aux femmes … et aux hommes !
    Jean GABARD
    Avec la libération de la femme et le culte de la spontanéité, y a-t-il, encore aujourd’hui beaucoup d’hommes qui n’ont jamais été insultés, voire même giflés, par une femme ?
    La réponse risque d’être difficile à donner : les études ne concernent souvent que les violences faites aux femmes ! …
    Mais peu importe, il n’est pas question de comparer des chiffres. Ces derniers, d’ailleurs, sont-ils si importants par rapport à la gravité du sujet, surtout s’il s’avère que les mêmes violences n’ont pas forcément des effets identiques sur les hommes et sur les femmes ?
    Les violences physiques paraissent en effet beaucoup plus graves pour une femme que pour un homme. Les menaces seules, pour elle, sont déjà totalement destructrices.
    Pour un homme, les violences physiques ne sont pas insignifiantes mais ne l’atteignent guère autrement que physiquement …
    Il n’en est cependant pas de même pour les insultes. Venant d’une femme, celles-ci l’ébranlent et il ressent comme un cataclysme qui le renvoie à sa castration psychique primaire, quand il s’est aperçu qu’il ne pourrait plus être comme celle qui est pour lui, sa référence première et « toute-puissante » : sa maman. Son impuissance devant ce qu’il vit comme un nouveau rejet, décuple sa colère et lui donne souvent envie d’utiliser ce qu’il possède : sa force physique.
    Si la femme frappe la première, il est plutôt soulagé ! Les coups replacent le conflit dans un domaine connu par lui et où il a l’assurance de pouvoir répondre s’il le souhaite. «L’adversaire » revient alors « à sa portée », sur un terrain qu’il maîtrise. Souvent même, il n’éprouve plus le besoin de riposter où s’il le fait c’est pour la forme, pour sauver son honneur mais pas parce qu’il se sent menacé.
    Une femme ne peut ressentir les effets de sa violence psychique chez un homme, pas plus qu’un homme ne peut ressentir les effets de sa violence physique chez une femme !
    C’est la raison pour laquelle les hommes (niant la différence des sexes), ont pu penser (et certains le pensent encore) que leurs violences physiques sur une femme ne pouvaient être très graves, puisque pour eux, celles d’une femme, sur eux, ne l’étaient pas !
    Aujourd’hui, certaines femmes n’ont-elles pas à leur tour tendance à croire que leur agression verbale d’un homme n’est qu’une affaire bénigne, parce que sur elles, la violence des mots peut être tolérable et n’est aucunement comparable aux violences physiques d’un homme ? …
    Ainsi par négation de la différence des sexes, des sexistes hommes ont tendance à dire que les femmes sont « inférieures » parce que fragiles physiquement et des femmes, toujours par négation de la différence des sexes, ont tendance à juger les hommes « malades » parce que fragiles psychiquement.
    Dans notre société égalitariste, l’emploi du mot « malade » paraît plus correct que le mot « inférieur » mais il est pourtant plus pervers. En effet, il laisse supposer que l’homme pourrait se soigner et donc qu’il est responsable de sa fragilité psychique qui devient alors un défaut. Ainsi la dénégation de la différence des sexes permet de faire croire à une simple dénonciation des problèmes de certains hommes alors qu’il y a tout autant une infériorisation de l’homme différent et donc, là aussi, SEXISME !
    Alors, pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux hommes, il faut certes les condamner mais ne faudrait-il pas aussi commencer par s’efforcer de respecter l’Autre différent ?
    Pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux hommes, et respecter l’autre, ne faudrait-il pas aussi sortir de la facilité qui consiste à considérer le sexe opposé « inférieur » ou « malade » et s’efforcer de se comporter en adulte assumant nos différences, nos manques et notre « non toute-puissance » ?
    Pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux hommes, pour respecter l’autre et assumer la différence, ne faudrait-il pas aussi sortir d’une idéologie dépassée ?
    Le rêve d’un droit à une égalité impossible a permis, dans les pays occidentaux, de faire admettre la légitimité de l’égalité en droits. Celle-ci a encore des détracteurs qui nous obligent à ne pas baisser la garde, mais le maintien de l’utopie égalitariste n’entretient-il pas aujourd’hui, le ressentiment de femmes envers les hommes et d’hommes envers les femmes au lieu de favoriser le respect et le « vivre ensemble » ? …

    Jean GABARD
    conférencier et auteur de « Le féminisme et ses dérives. Du mâle dominant au père contesté ». Les Editions de Paris. http://www.jeangabard.com

    Jean GABARD
    Thorée 42520 Maclas Fr.
    http://blogdejeangabard.hautetfort.com
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    jean.gabard@gmail.com
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  2. nini

    12 mars 2010 à 10:47

    en réponse,
    il serait bien venu d’accorder plus de crédit aux sociologues qui ne menent pas leurs enquêtes à la légère sur ce thème.
    Les études menées dans différents pays (europe et amérique du nord) montrent que ce sont les femmes qui sont victimes de violences conjugales dans 90 à 95 % des cas.
    Si les violences faites aux hommes ne sont pas à nier, il est à regretter de retrouver toujours et encore le même argument utilisé sur les blogs ou autres: il y a aussi des hommes victimes de violences conjugales et on n’en parle pas, et cet argumentaire dérive si souvent vers le comportement pervers de la femme dans ses relations de couple…
    Je vous invite à visionner un fils trés intéressant et parlant : “la domination masculine” de Patric Jean, vous pouvez également visiter son site internet et signer le manifeste des hommes

  3. Jean GABARD

    16 mai 2010 à 23:26

    « La domination masculine » en question !

    Patric Jean, le réalisateur de « La domination masculine » aimerait que les spectateurs se disputent à la sortie de son film. C’est bien dommage ! N’aurait-il pas été préférable qu’un film favorise la réflexion et nous fasse sortir de la passion, au lieu de l’entretenir. Le dialogue ne serait-il pas davantage souhaitable que la dispute ou plus précisément d’ailleurs que la guerre contre un ennemi que l’on a tendance à stigmatiser pour créer, contre lui, l’union sacrée ?

    Une union sacrée, mais contre qui en fait ? Contre le macho réactionnaire ? Certes, le respect de l’égalité en droits est loin d’être parfait en ce début de XXIème siècle, mais y a-t-il aujourd’hui beaucoup d’hommes et de femmes, dans les pays occidentaux modernes (ne parlons pas d’autres pays qui n’ont pas connu la même évolution et où les problèmes se posent différemment), qui osent s’opposer à ces principes démocratiques ? Ceux-ci ne font-ils pas, aujourd’hui, l’unanimité ou presque ? Ce film aurait-il d’ailleurs bénéficié d’autant de moyens et de soutiens s’il y avait réellement domination masculine ?
    Veut-on nous faire croire à nouveau au danger réactionnaire pour battre le rappel des troupes ? Et ne risque-t-on pas alors de voir le révolutionnaire verser dans le totalitarisme pour préserver sa position ?
    Plutôt que de craindre le retour en arrière, même si le risque n’est pas absent, ne faudrait-il pas plutôt redouter l’enfermement dans l’idéologie que défend Patric Jean et des féministes extrémistes ? Cette idéologie n’est-elle pas encore dans la réaction contre l’autoritarisme sexiste des sociétés patriarcales traditionnelles, alors que celui-ci n’est plus autorisé aujourd’hui et qu’il ne concerne plus que quelques individus isolés. Si ces derniers doivent être sanctionnés quand ils ne respectent pas les règles démocratiques, les croisades contre le bouc émissaire qu’est devenu « l’homme dominant », n’ont-elle pas si ce n’est pour but du moins pour effet de masquer les véritables problèmes liés à un dérèglement de nos sociétés modernes. Ne servent-elles pas à éviter les questions et à se sécuriser après avoir mis « l’imagination au pouvoir » ?

    La marche vers la démocratie est encore longue mais avancer ne signifie pas aller n’importe où ! Fuir le passé ne suffit pas à donner la bonne direction.
    Pour éviter les dérives ne faudrait-il pas d’abord concevoir que l’on puisse se tromper, admettre que refuser le pire n’empêche pas de faire « fausse route » ?
    Et d’ailleurs dérives il y a, n’en déplaise aux esprits simplistes qui préfèrent mobiliser contre « l’axe du mâle ». Méprises capitales même, puisque les conséquences peuvent être catastrophiques pour l’éducation des enfants au sein de la famille et à l’école et pour la marche de la démocratie.
    La première dérive, comme en économie, est de transformer le libéralisme en un libéralisme sauvage qui confond la liberté avec la toute-puissance. La seconde est intimement liée. Elle consiste à réclamer le droit à l’égalité quand seule l’égalité en droits est possible. Par refus des limites, la différence des sexes est déniée pour tenter un retour à l’unité, le retour dans le ventre maternel. Et peut-il y avoir dérive plus réactionnaire que ce retour à la mère-nature fantasmée ?
    Cette idéologie partagée par de nombreux féministes égalitaristes (dont Patric Jean) prétend en effet expliquer toute inégalité entre les hommes et les femmes par la seule construction sociale et fait ainsi de chaque différence une injustice à dénoncer. S’il n’est pas possible d’ignorer des incitations parfois sexistes, comment ne pas accepter que le fait d’être né d’une femme entraine des différences de structuration du psychisme chez la petite fille (qui est du même sexe) et chez le petit garçon (qui est du sexe différent), ceci quelle que soit la culture. Ne faut-il pas vouloir à tout prix justifier sa lutte contre « la domination masculine » pour ne pas reconnaître qu’une femme qui a porté un bébé pendant neuf mois puisse avoir un ressenti différent de celui de l’homme même si ce dernier se sent totalement impliqué pendant la grossesse et après !
    Parce que la différence des sexes a été utilisée par les « machos » pour inférioriser la femme, cette idéologie a en effet tendance à dénier cette différence pour ne pas avoir à s’efforcer de la gérer dans le respect de l’un et l’autre sexe. Cette nouvelle idéologie féministe dominante jette le bébé avec l’eau sale du bain et pourtant l’eau rafraîchie risque de croupir dans une baignoire qui n’a plus aucune utilité !
    Malheureusement le film de Patric Jean est un film partisan qui reste dans la démagogie. Sa propagande grossière n’entrainera peut-être même pas de disputes. Elle peut même faire l’unanimité tant elle s’adresse surtout à nos émotions. Ce discours racoleur ne favorisera cependant pas la réflexion et le dialogue … Au contraire il entretient sournoisement une guerre des sexes malsaine, dangereuse et indigne de pays démocratiques… Dommage !

    Jean GABARD
    Auteur de « Le Féminisme et ses dérives – Du mâle dominant au père contesté » Les Editions de Paris (01 45 44 16 22).
    http://blogdejeangabard.hautetfort.com
    http://www.jeangabard.com
    jean.gabard@gmail.com

  4. chikhaoui naîma

    27 septembre 2010 à 22:17

    Il me semble après lecture des textes Jean Gabard que ses analyses sont simplistes et ignorent presque que la question des rapports sociaux entre les hommes et les femmes, n’est pas une querelle de théorisation de la “nature” “culture” ou du “naturel” et du “construit”, mais une épineuse question de la répartition des pouvoirs. En toute évidence tout le construit est à comprendre à la lumière de ce paramètre “pouvoir”. La différence en soi ne pose pas de problème, le noir différent, était-il destiné à être esclave car différent ou par ce qu’il constituait une force de travail à exploiter et à produire des richesses qui procurent pouvoir au blanc? loin de s’aventuer dans une analyse comparative, qui mérite prudence scientifique, il est possible de tenter cette double réflexion dans ce lieu et à ce propos, réflexion qui appellerait bien la plume de jean Gabard pour qu’elle nous instruise. La violence fondée sur le genre n’est que le visage le plus horrible de l’angoisse des hommes à risquer de perdre leurs pouvoirs, souvent quand l’intime leur inflige le sentiment angoissant de la dépendance et les prive de toute communication d’un égal à une égale!

  5. Jean GABARD

    30 mars 2011 à 14:56

    La violence psychique qu’exercent les femmes sur les hommes est niée et ces derniers, se retrouvant seuls responsables des violences conjugales, sont diabolisés. Pourtant, si les agressions verbales sont incluses dans les violences conjugales (comme c’est le cas dans l’Envff ) et placées sur le même plan que les autres violences physiques, « il se peut, comme le reconnaissent le démographe Hervé Le Bras et la juriste Marcela Iacub, que les hommes soient aussi nombreux à souffrir de ces avatars de la vie commune » … Si d’autre part, les effets de la violence psychique chez les hommes sont comparables à ceux de la violence physique chez les femmes, il se pourrait aussi que le rapport sexe dominant – sexe victime ne soit pas aussi simpliste que ce que l’idéologie dominante veut nous faire croire…
    Extrait de : Le féminisme et ses dérives – Du mâle dominant au père contesté, jean Gabard, Les Editions de Paris

  6. chikhaoui naîma

    31 mars 2011 à 11:26

    C’est facile de parler à la place des personnes victimes et survivantes de la violence, femmes ou hommes. Mais, c’est dangereux de se subsituer à eux en y incluant une violence interprétative et théorisante erronnée. Quelle impuissance liée à la castration primaire? La partenaire n’est pas la maman et c’est donc l’immaturité psychologique obstruée par l’idéologie sexiste sociétale qui expliquerait la violence des hommes et non quelconque maladie. Quelle différence biologique, comment penser que les hommes supporent plus la violence physique?!!
    La violence verbale, psychologique, physique sont une source de souffrance et de déni de l’humanité autant pour une femme que pour un homme.
    L’histoire toute simple est que globalment la société étant encore régie par la domination masculine effective et très répandue souvent ou encore plus symbolique dans certaines sociétés car encore ancrée au nivau culturel et des mentalités, se sont les femmes qui sont le plus violentées et les hommes, les auteurs majoritaires de cete violence. L’égalité n’est pas une utopie, l’égalité de droits et de la dignité humaine, n’est pas l’égalitarisme naturel et c’est la solution d’une réelle éradication de la violence à l’encontre des femmes et des hommes. Regardez les homosexuels ou les lesbiennes violentés, leur témoignages révèlent que l’auteur de la violence dans ce type de couple est celui qui se donne le rôle du dominant, celui qui s’accapare le pouvoir et s’approprie l’autre. A méditer monsieur Jean Gabard!!

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