Les jeunes socialistes exigent de la France la vérité et la justice au sujet du génocide Tutsi

La visite du Président Sarkozy au Rwanda est une première depuis 25 ans et le génocide des tutsi et hutu modérés.

Les Jeunes Socialistes espèrent que le Président Sarkozy présentera enfin des excuses au nom du peuple français pour les agissements de certains responsables politiques et militaires qui ont déshonoré la République Française au Rwanda.

Il est temps que l’Etat reconnaisse son rôle dans la livraison d’armes, la formation des militaires et milices ainsi que la protection qui a été accordée pendant près de quinze ans à des génocidaires sur notre territoire national.

C’est avec calme et raison que les jeunes socialistes analysent cette page sombre de l’histoire de France et du Parti Socialiste. Quinze ans après, ce ne sont pas des anathèmes que nous devons lancer, mais exiger des socialistes de participer à la recherche de la vérité, de lutter contre le négationnisme et de faire progresser la justice.

En 1998, la mission d’information présidée par le député Quilès avait permis d’ouvrir des pistes de réflexion sur le rôle de la France au Rwanda. La mission révélait une part de responsabilité de France mais niait toute complicité et se refusait à désigner des responsables. En outre, le rapport était complaisant avec l’opération turquoise. Malheureusement la France et le Parti Socialiste se sont contentés de ce rapport l’érigeant comme un dogme que nul n’est autorisé à interroger.

Pis encore, des responsables de notre famille politique ont donné consistance aux thèses négationnistes du double génocide, et ont relayé avec insistance les conclusions du juge Bruguière ainsi que les thèses insupportables de Pierre Péan notamment celles inscrites dans son ouvrage à l’encontre de Bernard Kouchner.

Il est indispensable que l’ensemble des responsables politiques de l’époque dont l’ancien Premier ministre Édouard Balladur, le Ministre de la Défense François Léotard, le Ministre des Affaires Étrangères Alain Juppé ainsi que l’ancien Ministre du Budget Nicolas Sarkozy assument leur part de responsabilité pour l’action calamiteuse de la France au Rwanda.

Les jeunes socialistes demandent au Parti Socialiste et à l’ensemble des forces politiques de notre pays de lever immédiatement le secret défense sur tous les dossiers attenants au Rwanda et d’accorder un accès total aux archives aux historiens.

Les jeunes socialistes souhaitent que soit adoptée une loi pénalisant tous les actes de négationnisme et cela pour tous les génocides.

Enfin, les jeunes socialistes seront présents en avril aux commémorations du génocide de 1994 et témoigneront leur respect, compassion, soutien et amitié au peuple rwandais.

Préparez le changement: restez informés!

20 commentaires

  1. nat

    25 février 2010 à 13:17

    « Plus jamais ca ! »
    C’est hallucinant qu’aujourd’hui, on refuse encore la vérité. Pour l’honneur de la France, il serait temps d’accepter de reconnaitre les responsabilités ppour ne plus accepter que dans le monde, on ne puisse plus tuer des centaines de milliers de personnes et recommencer ailleurs quelques années plus tard. C’est en etant soit meme exemplaires qu’on peut montrer l’exemple aux autres.
    J’espère que vous serez relayer comme il se doit, continuez le combat les jeunes socialistes !

  2. SCHMITT

    25 février 2010 à 17:53

    Je crois rêver !Ces jeunes ont-ils au moins quelques notions de l’Histoire plus que contemporaine ? Je leur demande qui était à la tête de l’État français au cours des 10 années qui ont précédé le début de ce conflit; qui était à la tête de l’État en 1994 ? De qui les affaires étrangères et notamment africaines étaient le cadre réservé comme il est de tradition sous la Ve république? Qui était le conseiller spécial pour les affaires africaines auprès de l’Élysée ? Qui est le chef des armées et qui avaient donc le pouvoir de mettre fin, sans l’intervention d’un autre pays, à ce massacre ? Relisez donc les propos à ce sujet d’ un certain Kouchner qui est de votre bord me semble-t-il.Que n’avez-vous réagi en ces temps-là ! Nous n’avons pas encore fini de solder, en France comme à l’étranger,le bilan catastrophique du mitterrandisme.Une fois de plus, il rejette sur les autres le soin de faire le sale boulot.
    Je me permets cette intervention, car j’ai séjourné dans ce pays, que j’ai perdu toute ma belle-famille au cours de ce génocide et que je suis ses affaires depuis 40 ans.Avec les informations qui sont à ma disposition en ce moment, je trouve que notre président a eu un comportement responsable (et non coupable, il n’y avait pas lieu d’en avoir !)Les donneurs de leçons, ça suffit ! !

  3. Vamoss

    25 février 2010 à 23:43

    Français mais d’origine rwandaise et rescapé des massacres d’avril 1994, je suis totalement indigné de lire votre réaction au sujet de la politique française pendant les événements qu’a connu le Rwanda en 1994. J’ai été sauvé par les soldats français dans la région qu’ils contrôlaient et les membres de ma famille qui n’ont pu avoir la même chance que moi ont été massacrés par l’armée de Kagame, cet homme qui se fait passer par le héros qui a sauvé le peuple rwandais du génocide. L’armée française, la France a fait son devoir et tous les français devraient être fier de ce qui a été fait par la France au Rwanda en 1994. Ce qu’on vous raconte aujourd’hui n’est que pures mensonges et manipulations politiciennes. Il est très difficile de comprendre ce qui s’est passé au Rwanda, ou ce qui s’y passe actuellement tant que la seule vérité que l’on nous vend restera celle du régime de Kagame. Les extrémistes Hutu ont tué et l’armée de Kagame a tué tout autant que les extrémistes. Si on veut réconcilier le peuple rwandais il faudra commencer par dire ce qui s’est réellement passé et non pas continuer à mentir le monde entier. Ma famille a été massacré par le FPR de Kagame, ils était Hutu, ils étaient Tutsi et aujourd’hui on ne parle que du génocide des Tutsis ? Saviez-vous qu’il y a eu autant voire plus de Hutu tués par le FPR que les Tutsi tués par les extremistes Hutu ? Saviez-vous que les restes des corps exposés au Mémorial de Gisozi sont en grande partie composés des Hutus tués par le FPR ? Saviez-vous qu’aujourd’hui les rwandais vivent dans la terreur de la dictature du régime de Kigali et quiconque ose pleurer le tiens Hutu passe par un négationniste et écroué d’office ? Moi je pleure les miens tués et par les extremistes Hutus et par les rebelles de Kagamé et je ne suis ni pour les Hutus ni pour les Tutsis car mon sang est mélangés mais je demande tout simplement qu’on arrête de faire des éloges à ces criminels du FPR. Tôt ou tard, la vérité éclatera et j’ose espèrer que le peuple rwandais connaîtra un jour la réconciliation et que les Hutus et les Tutsis vivront en harmonie.

  4. Mugenzi

    25 février 2010 à 23:57

    Paul Kagame et son Front patriotique rwandais (FPR) se servent de l’histoire convenue du génocide rwandais, qui n’est qu’un tissu de mensonges, pour se maintenir au pouvoir et pour continuer leurs massacres.
    Il s’est fait passer pour le sauveur des Tutsis, mais il est plutôt l’un des plus grands assassins de l’histoire de l’humanité
    Comme toi Vamoss, je suis rescapé des massacres en masse des rwandais hutu et tutsi modérés et non pas du « Génocide des Tutsis ».
    Il faut que le monde entier comprenne que l’idée propagée par le régime dictatorial de Kagame selon laquelle seuls les Tutsis ont été tués lors des massacres de 1994 est fausse !
    On en a marre de ce cinéma fait sur la misère du peuple rwandais qui vit quotidiennement dans l’angoisse et l’oppression que lui impose le pouvoir en place aujourd’hui.
    Aujourd’hui, si tu n’es pas pour Kagame et ses idées tu es tout de suite traité de génocidaire et mis directement en prison, jusqu’à quand cette dictature continuera ? A quand la vrai démocratie au Rwanda ? A quand la réconciliation ? Que Sarkozy y aille, là n’est pas le problème, mais qu’il y aille sur les arrangements politico-amicaux entre Kouchner et Kagame au nom de la France et de tous les français c’est une honte et on doit le dire tout haut.
    L’armée française a fait son devoir au Rwanda, elle a été là ou les Nations Unies n’étaient pas, elle a sauvé des milliers de vies humaines, elle a porté secours à des milliers des femmes et enfants, j’y étais et j’en suis témoins. Qu’on arrête le mensonge !

  5. twahirwa

    26 février 2010 à 17:47

    je salue cette prise de position claire et vraiment courageuse de la part d’une instance du PS: les aînés ne pourront que suivre un exemple qui vient de la jeunesse …

  6. William

    26 février 2010 à 22:54

    Bravo les Jeunes socialists de prendre la decision de n’est pas suivre les acts des adultes. Il faut que c’est qui se passe au Rwanda soit une lesson at tout les jeunes du monde. Au Rwanda pendant la genocide de 1994 contre les Tutsi ce sont les forces des jeunes que les adultes on utilisent, si les jeunes ont refuse d’ecouter les represents, la Genocide n’auras eu. De pur c’est les qui ont suffer de plus apres la Genocide. Voila!

  7. Pillionnel Luc

    27 février 2010 à 00:20

    Bonjour depuis la Suisse,
    L’implication de votre pays va beaucoup plus loin que vous ne le pensez. L’armée française a participé directement à l’élimination de plusieurs dizaines de milliers de Tutsi, notamment à Biserero dès le 13 mai 1994. Voir l’article du Wall Street Journal (http://www.francerwandagenocide.org/IMG/pdf/2010-02-26_wsj_Rwanda_s_genocide_-_the_untold_story.pdf).
    Le 19 juillet alors que je quittais la base  »Turquoise » de Kamembe (sud du Rwanda) avec un détachement du 2ème Régiment Etranger d’Infanterie, j’ai vu en plein centre de cette base 6 corps criblés de balles dont un avait la tête arrachée. Une grosse tache de sang frais à proximité.
    Il y avait également sur la base, une fosse dans laquelle des Tutsi était jeté entravés. Le soir venu il était jeté dans le lac Kivu depuis des hélicoptères militaires français (Méthode  »Bigeard’ déjà employée en Algérie).
    J’ose espérer que votre engagement en faveur de la justice ne se limitera pas simplement à des mots.
    Luc Pillionnel – Neuchâtel – Suisse

  8. Christophe BARONI

    27 février 2010 à 13:39

    Avant, pendant et après le génocide perpétré en 1994 contre les Tutsi du Rwanda, l’Armée, le Gouvernement et la Présidence du « pays des Droits de l’Homme » (!) a prêté (discrètement mais efficacement) main-forte au Hutu Power génocidaire. Mais les citoyennes et citoyens français ne sont pas coupables, eux, de complicité de génocide, car il ne faut jamais confondre le peuple de France et ses autorités – lesquelles sont coupables dans l’histoire d’une très longue série de crimes coloniaux et post-coloniaux. Cela dit, si Sarkozy se pointe à Kigali, n’est-ce pas pour tenter de prendre sa part du gâteau minier congolais ? Ce printemps, sur fond de rivalité Chine-Occident, se tiendra (en France !) une conférence réunissant les pays de l’Afrique des Grands Lacs et leurs bailleurs de fonds. En janvier 2009, Sarkozy avait même suggéré un « partage » avec le Rwanda de « l’espace » et des abondantes richesses minières de la RDC… christophebaroni.info.

  9. Fabrice Magne

    27 février 2010 à 19:31

    Le génocide du Rwanda : l’histoire qui n’a pas été dite

    Par Anne Jolis © Wall Street Journal et © Metula News Agency pour la version française

    vendredi, 26 février 2010

    Translated from English by Llewellyn Brown

    Mme Anne Jolis est rédactrice au Wall Street Journal Europe.

    « Je vous le raconte comme je l’ai vu », dit Fidèle Smugomwa, ancien chef de la milice extrémiste des Hutus pendant le génocide rwandais, lors d’un entretien avec Serge Farnel, réalisateur de films documentaires. « Les soldats français avaient pris position sur une colline et tiraient sur les Tutsis… Nous [les miliciens hutus. Ndlr. Ména] portions un signe distinctif afin que les Français ne nous tirent pas dessus – nous nous étions dissimulés sous des feuilles d’arbres ».

    Un à un, les anciens génocidaires filmés par Serge Farnel racontent la même histoire ; à savoir que, le 13 mai 1994, de petites équipes d’hommes blancs, qu’ils décrivent comme étant des « soldats français », vêtus de treillis et transportés dans des jeeps ou des camions, se rassemblaient sur les hauteurs dans l’arrière-pays de l’ouest rwandais. Ils tiraient des coups de feu dans les collines de Bisesero afin de débusquer les Tutsis.

    Puis ils visaient directement les hommes, les femmes et les enfants qui prenaient la fuite. Quand les coups de feu cessèrent, les tueurs hutus investissaient les collines. Maniant des machettes, des lances, des massues cloutées, et leurs propres fusils, ils achevèrent les blessés. Une vingtaine de survivants me racontèrent une version identique des événements.

    Ce jour-là et le lendemain, 40.000 Tutsis furent massacrés. En tout, environ 800.000 personnes – des Tutsis et des Hutus opposants du génocide – périrent atrocement ce printemps 1994.

    * * *

    Peu d’événements de l’histoire contemporaine ont laissé davantage de cicatrices dans les consciences occidentales que le génocide rwandais.

    Samantha Power conseillère auprès du président Obama, Prix Pulitzer en 2003 pour son livre Un Problème d’Enfer : l’Amérique et l’Ère du génocide [A Problem from Hell: America and the Age of Genocide], y dépeint un portrait noir de la manière dont l’administration Clinton esquivait et demeurait passive durant le génocide.

    Plus tard, le Président Clinton, en visite à Kigali, la capitale, présenta ses excuses au nom des États-Unis et de la « communauté mondiale ».

    En France, en revanche, le récit officiel du génocide donne une image plus reluisante du rôle de l’Hexagone. Le site web du Ministère des Affaires étrangères note que : « Dans les années 1990, la France s’investit dans les efforts de la communauté internationale pour endiguer les tensions au [Rwanda]… La France fut le premier pays à dénoncer le génocide, et entreprit une mission humanitaire. ». Cette mission, qui débuta en juin 1994, sous le nom d’Opération Turquoise, était en apparence supposée créer des zones de sécurité humanitaires.

    À ce point de notre analyse, un peu d’histoire s’impose. Bien que le Rwanda fût une colonie belge avant son indépendance en 1962, les Français l’ont considéré, pendant très longtemps, comme une partie de la Françafrique : l’ensemble des pays africains francophones sur lesquels la France continue à exercer une influence paternaliste, parfois positive, le plus souvent opportuniste.

    Au Rwanda, cette influence prit la forme d’une relation étroite avec la dictature de Juvénal Habyarimana, prônant la suprématie hutue. Pendant la guerre civile rwandaise, au début des années 1990, les troupes françaises allèrent à la rescousse d’Habyarimana dans sa guerre contre les forces d’opposition du Front Patriotique Rwandais (FPR) – à majorité tutsie, et aussi anglophones – venant d’Ouganda, sous le commandement de Paul Kagamé, aujourd’hui président du Rwanda.

    Aujourd’hui, aussi absurde que cela puisse paraître, le gouvernement du président en exercice à l’époque, François Mitterrand, craignait qu’une victoire du FPR ne signifie la perte, non seulement d’un allié de confiance, mais aussi, la perte du Rwanda au profit du monde « anglophone ».

    L’événement qui finit par déclencher le génocide se produisit le 6 avril 1994, lorsqu’un avion transportant Habyarimana fut abattu. L’identité des coupables demeure l’un des mystères non résolus de l’histoire contemporaine.

    Un éminent magistrat français est convaincu que l’assassinat fut orchestré par le FPR, et il a lancé de nombreux mandats d’arrêt visant de proches collaborateurs de M. Kagamé. Dans le passé, les Français ont aussi déclaré avec insistance que ce qui se déroula au Rwanda fut un « double génocide », arguant que les Tutsis étaient autant les agresseurs que les victimes dans les prémisses et l’acmé de l’agonie rwandaise.

    Cependant, cette version des événements a aussi ses détracteurs. M. Kagamé nie catégoriquement toute implication dans la mort d’Habyarimana, qui était alors sur le point de réaliser un accord de paix avec le FPR au moment où il fut assassiné.

    Le gouvernement rwandais a prétendu, pendant longtemps, que la France joua un rôle actif en soutenant les extrémistes rwandais durant le génocide, faisant état de nombreux génocidaires notoires qui ont ouvertement et paisiblement vécu en France pendant des années.

    En 1998, le journaliste français Patrick de Saint-Exupéry, qui avait rendu visite aux soldats français durant l’Opération Turquoise, écrivit une série d’articles dans Le Figaro, racontant comment les « zones humanitaires » françaises servaient principalement à protéger les tueurs hutus, au moment où ils fuyaient devant l’avancée des forces du FPR.

    Ces articles provoquèrent un tollé à l’Assemblée nationale, au point de provoquer la création d’une commission d’enquête, qui arriva en définitive à la conclusion que la France ne portait aucune responsabilité particulière sur le génocide et, au pire, avait été victime innocente de malentendus.

    C’est à ce moment-là qu’entra en scène Serge Farnel, un Parisien à la grande carrure, âgé de 44 ans, issu d’une formation dans l’ingénierie aéronautique. La curiosité de M. Farnel pour le génocide fut éveillée, il y a quelques années, lorsqu’il entendit des comparaisons entre les actions commises par la France au Rwanda et le comportement du régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Lors d’un voyage au Rwanda, en avril dernier, il rencontra un survivant tutsi, qui témoignait que les soldats français étaient bien présents en mai 1994, alors que, supposément, il n’y en avait aucun. Au début, Farnel préjugea que sa mémoire de personne traumatisée lui jouait des tours, mais il maintint sa version de l’histoire. Farnel commença alors à interroger d’autres témoins, dont il filma les récits.

    Il en résultat 100 heures de film, qui consistent principalement en des entretiens d’individus et de groupes, à la fois victimes et auteurs du massacre, avec également des reconstitutions minutieuses des scènes du massacre.

    Il est difficile d’exagérer la rigueur avec laquelle M. Farnel a conduit les entretiens : sur le film, ceux qui sont interviewés s’impatientent parfois quand il les rappelle pour leur poser d’autres questions – comme s’ils étaient des témoins appelés à la barre – sautant sur la moindre incohérence dans leur témoignage.

    Tous les survivants des massacres de mai 1994 ne prétendent pas se rappeler la présence de soldats français à Bisesero, cependant, il en y a beaucoup qui le disent, et leurs récits sont cohérents. Après avoir visionné ces témoignages filmés, je décidai de rejoindre M. Farnel au Rwanda, sur le terrain de son investigation, afin de confirmer ces histoires personnellement.

    Anne Jolis/ The Wall Street Journal

    Des Rwandais attendent pour donner leur témoignage des événements de 1994

    « Les Blancs étaient postés sur les hauteurs, et ils nous ont d’abord débusqués de nos cachettes par des coups de feu… Ils cessèrent quand les Interahamwe [la milice hutue] arrivèrent, puis recommencèrent quand nous résistâmes », dit Sylvestre Niyakayiro, un Tutsi âgé de 22 ans à l’époque et qui se rappelle avoir été chassé de colline en colline au cours des trois attaques perpétrées ce jour-là, dirigées par des Blancs.

    M. Farnel demande, de manière répétée, si M. Niyakayiro ne mélange pas les dates, si les Blancs de la mi-mai, dont il se souvient, n’étaient pas en fait les soldats français qui arrivèrent à la fin juin pour l’Opération Turquoise, quand un autre assaut fut lancé contre les quelques Tutsis qui demeuraient dans les environs de Bisesero.

    « Les jours du 13 et du 14 [mai] furent inoubliables », répond M. Niyakayiro.

    Mais qui étaient exactement ces « Blancs » – à supposer qu’ils étaient réellement présents ? « Votre information n’est pas crédible, puisqu’elle ne repose sur aucune réalité historique », écrivit le général Jean-Claude Lafourcade, qui commandait l’Opération Turquoise et qui maintenant dirige une association des soldats ayant servi au Rwanda, dans une réponse par courriel à mes questions, ajoutant « il semble que vous êtes en train de vous faire manipuler ».

    Comme l’Élysée, l’association déclare qu’ « il n’y avait pas de soldats français au Rwanda au mois de mai 1994 ». L’Institut François Mitterrand, dirigée par Hubert Védrine, proche conseiller de l’ancien président, refusa de faire un commentaire sur cet article.

    Paul Barril est un Français qui se trouvait au Rwanda à l’époque. Il est certainement l’un des anciens membres les plus illustres du GIGN, un corps d’intervention d’élite. M. Barril était un conseiller auprès d’Habyarimana, à l’époque de la mort du Président. Selon ses mémoires, publiées en 1996 : Guerres secrètes à l’Élysée, dans lesquelles il note que « Suivant l’attaque, commença un cycle de massacres qui conduisirent à l’établissement de la dictature tutsie du pro-américain Paul Kagamé. Plus d’un million de personnes périrent au Rwanda. Quelle importance ? ».

    Mes efforts pour contacter M. Barril par téléphone et par courrier électronique dans le cadre de cet article ont été en vains. « Il ne veut pas qu’on le retrouve », me dit son éditeur.

    Un récit des activités de M. Barril se trouve dans « Aucun témoin ne doit survivre : le génocide au Rwanda » [Leave None to Tell the Story : Genocide in Rwanda], rédigé par l’experte renommée Alison Des Forges, une Américaine qui mourut dans un accident d’avion l’an dernier.

    Des Forges écrit que M. Barril fut embauché par le ministère de la Défense au Rwanda pour former jusqu’à 120 hommes au tir et aux tactiques d’infiltration pour une unité d’élite, en vue d’attaques derrière les lignes du FPR. L’opération portait le nom de code « Opération insecticide », pour désigner une opération destinée à exterminer les inyenzi, les « cafards »… Quand on l’interrogea au sujet de ce programme de formation au cours d’un entretien avec un chercheur de Human Rights Watch, [M.] Barril nia toute connaissance à ce sujet et mit abruptement fin à la conversation. »

    Les Rwandais que M. Farnel et moi-même rencontrèrent insistèrent sur le fait que les troupes françaises étaient impliquées dans les massacres de la mi-mai. « Je sais que c’étaient des troupes françaises, parce que j’avais été avec eux à Mutara en 1991, » dit Semi Bazimaziki, caporal dans l’armée rwandaise durant le génocide. « Je connaissais très bien leur manière d’opérer ». Un autre ex-génocidaire, Jean Ngarambe, raconte qu’il fut rejeté en tant que guide pour les Blancs en visite, parce que « je ne parlais pas français ». À sa place, ils prirent un autre homme qui parlait français.

    Un incident, décrit à la fois par les bourreaux et les victimes, est particulièrement probant. Certains des ex-génocidaires se rappellent que, le 12 mai, le jour précédant le début de la boucherie, ils furent convoqués dans un village.

    Ils disent qu’un officiel hutu local, nommé Charles Sikubwabo, fugitif actuellement recherché par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda, présenta des « soldats français », venus afin de servir de renforts.

    M. Sikubwabo ordonna aux tueurs rwandais rassemblés de suivre une certaine route sans attaquer ou approcher des Tutsis sur le chemin. Ils se retrouvèrent quelques kilomètres plus loin, à un endroit nommé Mumubuga où ils trouvèrent plus de 50 Tutsis. Entouré d’hommes blancs, M. Sikubwabo dit aux Tutsis de ne pas avoir peur, que les Blancs étaient là pour les aider, et qu’ils devaient retourner dans les collines pour attendre de l’aide.

    Nous savions que c’était une ruse contre les Tutsis », dit Raphaël Mageza, le beau-frère de M. Sikubwabo. Les Blancs servaient de leurres, afin de rassembler des informations au sujet des endroits où les Tutsis se cachaient. Gudelieve Mukangamije, l’une des victimes potentielles de M. Mageza, en convient : « Ils [les Blancs] ne nous donnèrent pas de bâches [comme ils l’avaient promis]. Ils nous tuèrent. Et ils nous donnèrent aux Interahamwe.

    * * *

    Hier, Nicolas Sarkozy fut le premier président français à poser le pied au Rwanda depuis un quart de siècle. « Ce qui s’est passé ici oblige la communauté internationale, dont la France , à réfléchir à ces erreurs qui l’ont empêchée de prévenir et d’arrêter ce crime épouvantable », a-t-il dit. M. Sarkozy suggéra autrefois qu’un comité d’historiens devait enquêter sur ce qui se passa durant le génocide. Le président français, ajoute le ministère des Affaires Etrangères Bernard Kouchner, « ne s’oppose pas à ce que la France regarde son histoire. »

    Si tel est le cas, la meilleure façon de commencer serait, pour la France et ses historiens, de regarder les extraordinaires témoignages recueillis dans l’intense documentaire de M. Farnel. Ils ont un devoir moral et historique de considérer les conséquences des preuves présentées par Farnel. Comme le dit M. Farnel : « Aucun pays ne peut fuir son histoire ».

    VERSION ANGLAISE

    By ANNE JOLIS
    Bisesero, Rwanda

    ‘I tell you as I saw it, » says Fidéle Simugomwa, a former Hutu-extremist militia chief during the Rwandan genocide, as he sits for an interview with French documentary-maker Serge Farnel. « The French soldiers were standing on the hill, and firing down at the Tutsi. . . . We had a sign so the French didn’t shoot at us—[we had] leaves on. »

    One by one, the ex-génocidaires whom Mr. Farnel films tell the same story: Namely, that on May 13, 1994, small teams of white men they describe as « French soldiers, » clad in fatigues and riding in jeeps or trucks, gathered at lookout points in the backwoods of western Rwanda . They fired into the Bisesero hills, scaring the Tutsi out of hiding. They then aimed directly at the fleeing men, women and children. When the shooting stopped, the Hutu killers moved into the hills. Wielding machetes, lances, nail-spiked clubs and their own guns, they finished off the wounded. A score of survivors recounted the same version of events to me.

    Anne Jolis/ The Wall Street Journal

    Rwandans line up to tell their story of events in 1994.

    On that day and the next, some 40,000 Tutsi were slaughtered. All told, an estimated 800,000 Tutsi and anti-genocide Hutu perished in the ghastly spring of 1994.

    ***
    Few events in recent history have more deeply scarred Western consciences than the Rwandan genocide. Samantha Power, now an adviser to President Obama, won a Pulitzer Prize in 2003 for her book « A Problem from Hell: America and the Age of Genocide, » which painted a damning portrait of the Clinton administration’s evasiveness and passivity as the genocide unfolded. President Clinton later visited the Rwandan capital of Kigali to offer an apology on behalf of the United States and the « world community. »

    In France , however, the official narrative of the genocide portrays French policy in a more flattering light. The Web site of the French Foreign Ministry notes that « In the 1990s, France invested in the efforts of the international community to try to curb the mounting tensions in [ Rwanda ]. . . . France was the first country to denounce the genocide and decided to carry out a humanitarian mission. » That mission, known as Operation Turquoise, began in June 1994, and was ostensibly intended to create safe humanitarian zones.

    Here some history is in order. Though Rwanda was a Belgian colony prior to its independence in 1962, the French have long seen it as part of Françafrique: French-speaking African countries over which Paris continues to exert a paternalistic, sometimes positive, and often opportunistic, influence.

    In Rwanda , that influence took the form of a close relationship with the Hutu-supremacist dictatorship of Juvénal Habyarimana. During the Rwandan civil war of the early 1990s, French troops came to Habyarimana’s aid in his war with the mostly Tutsi (and largely English speaking) opposition forces of the Rwandan Patriotic Front (RPF), coming from Uganda under the leadership of Paul Kagame, now Rwanda ‘s president. Though it seems absurd in retrospect, at the time the government of then-French President François Mitterrand feared that a victory for the RPF would mean the loss not only of a trusted ally but the forfeiture of Rwanda to the « Anglophone » world.

    The event that finally sparked the genocide came on April 6, 1994, when a plane carrying Habyarimana was shot down. Who killed him remains one of the great unsolved mysteries of contemporary history. One prominent French magistrate is convinced that the assassination was orchestrated by the RPF and has issued numerous arrest warrants for close associates of Mr. Kagame. The French in the past have also insisted that what transpired in Rwanda was a « double genocide, » implying that the Tutsis were as much the victimizers as they were the victims in the run-up and high noon of Rwanda ‘s agony.

    This version of events, however, has its detractors. Mr. Kagame adamantly denies any involvement in the death of Habyarimana, who was closing in on a peace deal with the RPF when he was assassinated. The Rwandan government has also long alleged that France played an active role in supporting the Hutu extremists during the genocide, and it points to numerous prominent génocidaires who have lived openly and unmolested in France for years.

    In 1998, French journalist Patrick de Saint-Exupéry, who had visited with French soldiers during Operation Turquoise, wrote a series of articles in Le Figaro describing how France ‘s « humanitarian zones » mainly served to protect Hutu killers as they retreated in the face of the RPF’s military advances. The articles created enough of a stir for the French parliament to form a committee of inquiry, which ultimately concluded that France bore no specific responsibility for the genocide and at worst had been the victim of honest misunderstandings.

    Enter Serge Farnel, a tall, rather hulking Parisian of 44 with a background in aeronautical engineering. Mr. Farnel’s curiosity about the genocide was piqued several years ago when he heard comparisons made between France ‘s actions in Rwanda and the behavior of the Vichy regime during World War II.

    During a trip to Rwanda last April, he met a Tutsi survivor who insisted that French soldiers had been present in Rwanda in May 1994, when supposedly none were there. At first he assumed that her traumatized memory was playing tricks on her, but she clung to the account. So he began asking others, and he put their testimonies on film.

    The result is 100 hours of footage, which consists mainly of separate and group interviews with both victims and perpetrators of the slaughter, as well as detailed re-enactments of the killing fields. It’s difficult to overstate the rigor with which Mr. Farnel conducted the interviews: On tape, the interviewees sometimes become impatient when he calls them back for repeated questioning, like witnesses on the stand, seizing on any apparent discrepancies in their testimony. Not every survivor of the May 1994 massacres says he recalls the presence of French soldiers in Bisesero. But many say they do, and their stories are consistent. After watching the filmed testimonials, I decided to join Mr. Farnel in Rwanda to watch him at work and confirm these accounts for myself.

    ***
    « The whites were stationed at a height, and first they got us out of hiding with their shots. . . . They stopped when theInterahamwe [the Hutu militia] came, and started again when we resisted, » says Sylvestre Niyakayiro, a Tutsi who was 22 at the time and recalls being chased from hill to hill in three attacks that day with whites at the helm.

    Mr. Farnel asks repeatedly if Mr. Niyakayiro isn’t confusing his dates, if the white men he remembers from mid-May weren’t actually the French soldiers who arrived at the end of June for Operation Turquoise, when another assault was launched against the few Tutsi who remained in the vicinity of Bisesero.

    « The days of the 13th and 14th [of May] were days that are unforgettable, » Mr. Niyakayiro replies.

    But who exactly were these « whites »—assuming they really were there? « Your information is not credible as it rests on no historical reality, » Gen. Jean-Claude Lafourcade, who commanded Operation Turquoise and now runs an association of soldiers who served in Rwanda, wrote in an emailed response to my questions, adding that « it seems you are being manipulated. » Like the Elysée, the Association says « there were no French soldiers in Rwanda in the month of May 1994. » L’Institut François Mitterrand, led by the late president’s close adviser Hubert Védrine, declined to comment for this article.

    One Frenchman who was in Rwanda at the time is Paul Barril—probably the most storied ex-member of France ‘s GIGN, an ultra-elite special-ops unit. Mr. Barril was an adviser to Habyarimana at the time of the president’s death, according to his 1996 memoir « Secret Wars at the Elysée, » in which he writes of being one of the first to inspect the wreckage of the president’s plane, and notes that « Following the attack, a cycle of massacres began that resulted in the establishment of the pro-American Tutsi dictatorship of Paul Kagame. More than one million people perished in Rwanda . Who cares? »

    My attempts to contact Mr. Barril by phone and email for this article were to no avail. « He does not want to be found, » his publisher told me.

    One account of Mr. Barril’s activities is contained in « Leave None to Tell the Story: Genocide in Rwanda , » by the highly regarded Rwanda expert Alison Des Forges, an American who died in a plane crash last year. Des Forges writes that Mr. Barril was hired by the Rwandan defense ministry to train as many as 120 men in « marksmanship and infiltration tactics for an elite unit in preparation for attacks behind the RPF lines. The operation was code-named « Operation Insecticide, » meaning an operation to exterminate the inyenzi or ‘cockroaches.’ . . . When asked about the training program in the course of an interview with a Human Rights Watch researcher, [Mr.] Barril denied knowledge of it and ended the conversation abruptly. »

    The Rwandans that Mr. Farnel and I interviewed insist the French military itself was involved in the massacres of mid-May. « I know they were French military because I had been with them in Mutara in 1991, » says Semi Bazimaziki, who was a corporal in the Rwandan military during the genocide. « I knew very well their ways of operating. » Another ex-génocidaire, Jean Ngarambe, reports that he was rejected as a guide for the visiting whites because « I didn’t speak French. » Instead, another man who did speak French was accepted.

    One incident, described by the perpetrators and victims alike, is particularly telling. Several of the ex-génocidaires recall that on May 12, the day before the butchery began, they were summoned to a village. They say a local Hutu official, a man named Charles Sikubwabo who is now a fugitive being sought by the International Criminal Tribunal for Rwanda , presented « French soldiers » who had come to serve as reinforcements. Mr. Sikubwabo instructed the assembled Rwandan killers to proceed along a certain route without attacking or approaching any Tutsi along the way. They came together again a few miles away at a place called Mumubuga, where they found more than 50 Tutsi. Flanked by the white men, Mr. Sikubwabo told the Tutsi not to be afraid, that the whites were there to help them, and that they should go back to the hills to await aid.

    « We understood that it was a trick for the Tutsi, » says Raphaël Mageza, Mr. Sikubwabo’s brother-in-law. The whites were acting as lures to gather information about where the Tutsi were hiding. Gudelieve Mukangamije, one of Mr. Mageza’s would-be victims, agrees: « They [the whites] didn’t give us tarps [as promised]. They killed us. And they betrayed us to the Interahamwe. »

    ***
    Yesterday, Nicolas Sarkozy became the first French president to set foot in Rwanda in a quarter century. « What happened here forces the international community, including France , to reflect on the mistakes that prevented it from anticipating and stopping this terrible crime, » he said. Mr. Sarkozy has previously suggested that a committee of historians look into what happened during the genocide. The French president, adds Foreign Minister Bernard Kouchner, « is not opposed to having France look at its history. »

    If that is so, France and its historians could make no better beginning than to look at the extraordinary testimonies assembled in Mr. Farnel’s massive documentary. Where its evidence leads, they have a moral and historical duty to follow. As Mr. Farnel says, « No country can run from its history. »

    Miss Jolis is an editorial page writer for the Wall Street Journal Europe .

    Source http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704240004575085214201591380

  10. Pillionel

    27 février 2010 à 22:45

    Bonjour depuis la Suisse,
    L’implication de votre pays va beaucoup plus loin que vous ne le pensez. L’armée française a participé directement à l’élimination de plusieurs dizaines de milliers de Tutsi, notamment à Biserero dès le 13 mai 1994. Voir l’article du Wall Street Journal (http://www.francerwandagenocide.org/IMG/pdf/2010-02-26_wsj_Rwanda_s_genocide_-_the_untold_story.pdf).
    Le 19 juillet alors que je quittais la base »Turquoise » de Kamembe (sud du Rwanda) avec un détachement du 2ème Régiment Etranger d’Infanterie, j’ai vu en plein centre de cette base 6 corps criblés de balles dont un avait la tête arrachée. Une grosse tache de sang frais à proximité.
    Il y avait également sur la base, une fosse dans laquelle des Tutsi était jeté entravés. Le soir venu il était jeté dans le lac Kivu depuis des hélicoptères militaires français (Méthode »Bigeard’ déjà employée en Algérie).
    J’ose espérer que votre engagement en faveur de la justice ne se limitera pas simplement à des mots.
    Luc Pillionnel – Neuchâtel – Suisse

  11. SCHMITT

    28 février 2010 à 01:38

    Vive la censure,dès que la vérité n’est pas pro-socialiste.Je connais leurs méthodes.Sur le même sujet censuré:

    « Au Rwanda le 1er octobre 1990 la rébellion du FPR attaque par le nord et s’approche de la capitale. Acculé le Président Juvenal Habyarimana téléphone à Jean Christophe Mitterand, alors chef de la cellule africaine de l’Elysée, qui s’exclame en raccrochant :

    « on va lui envoyer quelques bidasses au petit père Habyarimana. »

    Le 4 octobre les paras français arrivent à Kigali. L’offensive est repoussée, le régime est sauvé. Gérard Prunier, présent dans le bureau de Jean Christophe Mitterand au moment des faits, a raconté cette scène devant la mission d’information de l’Assemblée nationale de 1998.

    « Nous sommes en France, où envoyer des soldats à 8000 km de chez eux pour sauver un régime raciste restait simple comme un coup de fil il y a 15 ans à peine. »

    source : Raphaël Glucksmann, Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkozy,éd. Denoël 2008, p.63/ 64

  12. Julien A

    28 février 2010 à 22:21

    Le Parti Socialiste n’a aucun avenir humaniste sans reconnaissance de l’implication de la France et de la responsabilité de François Mitterand dans le génocide des Tutsi du Rwanda. Le parti socialiste n’a pas simplement le cadavre de François Mitterand dans le placard, mais bien ceux de plus de 800 000 Tutsi.

    Cette prise de position du MJS est la seule possible. C’est également la seule crédible pour un « parti de gauche ». Puisse t’elle bousculer les cadres d’un parti qui dénie la vérité!

    Toutefois, il est regrettable que vous ne mentionnez pas Hubert Védrine et tous ceux qui ont été à la cellule africaine de l’Elysee de 1990 et 1994 parmi les responsables politiques de l’époque.

    J’espère que vous saurez vous faire entendre des députés et sénateurs socialistes pour qu’une commission parlementaire soit créée et permette, enfin, l’ouverture des archives !

  13. Divine

    28 février 2010 à 23:19

    Rescapée, orpheline, unique survivante de ma famille, témoin occulaire des actes horribles et regrettables des militaires français sur des barrières au Rwanda depuis 1990, sans oublier tout le soutien du gouvernement français qui a abouti à l’exécution du Génocide des tutsi du Rwanda de 1990 à la finale de 94, je témoigne non sellement l’horreur mais aussi ma profonde gratitude aux Jeunes Socialistes et à leur humanisme.Les pauvres rescapés vous sont raiconnaissants et seront soulagés par votre présence en Avril et votre courage!

  14. SCHMITT

    28 février 2010 à 23:33

    « La première secrétaire du PS Martine Aubry a affirmé dimanche que si elle avait été à la place de Nicolas Sarkozy, elle aurait présenté des « excuses » aux victimes du génocide rwandais » ……au nom de M. F.MITERRAND ??????

  15. Nkubito

    1 mars 2010 à 09:42

    Je crois que s’ il y a beaucoup de gens en France qui pensent comme les jeunes socialistes, les relations de la France avec le Rwanda se retabliront vite and seront durable. Je salue le courage el l’ honnetete de ce jeunes gens du Parti Socialiste.

    Nkubito

  16. Mutumwinka

    1 mars 2010 à 10:19

    Merci pour cette action d’une jeunesse si dynamique! vous êtes les dirigeants de demain; c’est vous la France de demain; n’acceptez pas cette héritage qui risque de vous poursuivre de générations en générations!
    Montrez un bon exemple à la jeunesse du monde entier. Bravo!

  17. karekezi

    6 avril 2010 à 13:27

    J’ai encore en mémoire les declarations tristes des quelques dirigeants socialistes francais à l’époque du génocide au rwanda:

    De F. Mitterrand lui même: les génocides dans ces pays là, c’est important

    De Balladur: nous allons casser des reins à FRP

    De Papa a dit: on va lui envoyer quelques bidasses au petit père Habyarimana.

    Le général Jean-Claude Lafourcade: Mobutu est incontournable pour aider le
    régime Habyarimana

    N.B: Vous savez que ce général n’a jamais mis pied au rwanda pendant l’opération turqouise qu’il dirigait de main de maître, car son QG se trouvais à Goma au Zaire de Mobutu et son cuisinier était un tutsi congolais.

    On dit que l’erreur est humaine, mais que persiste dans l’erreur est diabolique

    Le peuple français est innocent, nous connaissons les coupables

    Les jeunes socialistes françaises viennent de nous temoignent ici de leur courageuse solidalité à la vérité

  18. karekezi

    6 avril 2010 à 13:35

    DE Mitterrand: il faut lire : c’est pas important

    merci

  19. Celestin

    12 avril 2010 à 19:40

    J’ai toujours aime les jeunes, mais ces jeunes socialistes Francais me pussent a les aimer davantage. Oui, c’ est vrai, un proverbe dit que  » les jours du menteur or voleur sont comptes ». Tot ou tard, le role de la France dans le genocode des Tutsi sera devoile clairement, c’est un problem de temps. Au sujet d’ une fille qui a temoigne avoir ete sauve par l’ armee Francaisede et jetter les erreurs a Kagame, ca n’a pas de sens. Tu ne peux effacer les erreurs d’ une personne, encore beaucoup plus grave un genocide, en montrant une erreur commise par quelq’un d’ autre ( vrai ou faux). Chere fille, je ne dis pas que les francais ont fait des erreurs en te sauvant, mais c’ est tres sentimental de dire qu’ ils n’ ont rien fait, surtout que, comme survivant du genicide, tu etais en cachette and ne pouvais pas voir ce qui se passait dehors. Il n’est jamais tard, les autorites francaises peuvent repentir. Nous avons besoin ses francais and je ne doute pas que d’ une facon ou d’ une autre, ils ont besoin de nous. De bons and durables amities se fondent sur la verite.

    Merci

  20. Mouvement des Jeunes Socialistes

    16 avril 2010 à 08:03

    @A. Rurangwa
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